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Des jeunes nous parlent

Si j’étais ministre...

Si le ministre de l’Éducation se trouvait devant vous, quelle question lui poseriez-vous en premier ? Et si vous étiez vous-même ministre de l’Éducation, quelle serait votre première décision ?

Q Le ministre de l’Éducation est ici devant vous. Vous lui dites quoi ?

R Qu’il forme ou recrute plus de spécialistes capables d’aider les élèves en difficulté, notamment ceux et celles qui présentent des signes de dyslexie ou d’autres troubles de l’apprentissage, pour leur offrir un parcours individualisé. Les ressources existantes sont insuffisantes, et les élèves concernés ont beau déployer tous les efforts voulus de leur côté, ce n’est pas assez. Il leur faut de l’aide spécialisée, et ça presse.

R Qu’il fasse comprendre aux gens qu’au-delà d’un diagnostic de TDAH, il y a un élève. Ça ne donne rien de les étiqueter : il faut les soutenir et les traiter comme des élèves à part entière qui, eux aussi, veulent réussir. Il faut leur donner des outils et cesser de les ostraciser. 

R On limite au minimum les réformes et modifications aux programmes d’étude, qui ne font que déstabiliser et « mélanger » les élèves. On supprime aussi les examens. 

Des jeunes nous parlent

Un tourbillon d’activités à notre école !

À l’École Sacré-Cœur, ce ne sont pas les secteurs d’activité ou les initiatives étudiantes qui manquent ! De la culture jusqu’aux sports, en passant par l’agroalimentaire, la cuisine, les échecs, l’écriture journalistique et la gouvernance, les élèves ont l’embarras du choix. Avec l’appui d’une direction soucieuse de leur épanouissement et d’un personnel passionné, voire zélé, les élèves explorent différentes avenues, expérimentent et, surtout, élargissent leurs horizons et exploitent leur potentiel !

Les élèves que nous avons rencontrés lors de notre passage à Sacré-Cœur sont pour la plupart membres du gouvernement scolaire. À l’écoute des élèves, ce dernier est élu chaque année au suffrage universel et siège au Conseil d’établissement, au sein duquel il défend les intérêts de la population estudiantine. Non seulement cet organe initie-t-il les jeunes en douceur aux rouages complexes de la démocratie, mais il contribue aussi à faire naître chez eux un sentiment d’appartenance fort, qui est à la base même du projet d’apprentissage de l’école. Tout le monde y gagne, les électeurs comme les élus, et la direction aussi, qui bénéficie d’un éclairage précieux sur la réalité des élèves. Qui dit que ces derniers ne siégeront pas un jour au Conseil municipal ou à l’Assemblée nationale ? 

Des jeunes nous parlent

Dix thèmes et enjeux qui nous touchent

Nous avons demandé aux jeunes de s’exprimer à bâtons rompus sur une dizaine de thèmes qui les préoccupent. Voici ce qu’ils avaient à dire…

L'amitié

Selon les élèves, l’amitié repose sur le respect et la confiance. Un véritable ami t’accepte comme tu es, ouvre ton esprit à la différence et, pour citer Emy, « te permet de faire des folies. » Mais attention : l’amitié, c’est très fragile. « On pardonne », explique Samantha Barette (sec. 4), « mais on n’oublie pas. »

La famille

Qu’ils viennent d’une famille « conventionnelle » ou reconstituée, la majorité des élèves sont du même avis : ce qui distingue la famille des amis, c’est le lien inaltérable qui les unit à leurs parents, frères et sœurs. « On a beau se chamailler », explique Gabriel Pétrin (sec. 1), « on finit toujours par se réconcilier. »

Les réseaux sociaux

Les jeunes critiquent ouvertement les réseaux sociaux, qui peuvent selon eux créer une dépendance et nuire aux amitiés. « Mieux vaut se dire les vraies choses en personne », avance Sabrina Breton (sec. 1), « car les textos, ça cache l’émotion. » Mégane Lachapelle (sec. 2) admet avoir de meilleures relations avec ses amis depuis qu’elle a brisé son cellulaire !

L'argent

Plusieurs filles travaillent et économisent dans un but précis, comme aller au cégep. Elles savent que l’argent est durement gagné et qu’il faut être prévoyant. Mais qu’en est-il des garçons ? « J’ai trois amis garçons qui travaillent », dit Emy Pelletier (sec. 5), « et deux d’entre eux dépensent tout leur argent dans leur camion. »

L'intimidation

Selon les élèves, ce phénomène touche peu leur école, car c’est un petit milieu. « On se parle ! », expliquent Gabriel Pétrin (sec. 1) et Sabrina Breton (sec. 1). Mais est-ce suffisant ? « C’est impossible qu’il n’y ait pas d’intimidation », croit Louise Charbonneau (sec. 5). « C’est simplement caché. » La moitié des jeunes avouent effectivement avoir subi de l’intimidation !

L'immigration

S’ils estiment tout à fait normal que l’on aide les nouveaux arrivants, les élèves interviewés se disent néanmoins irrités par la place accordée à l’immigration dans la presse et aux nouvelles. « J’adore les immigrants », précise Samantha Barette (sec. 4), « mais je trouve injuste qu’on ne parle que de ça dans les médias. »

L'environnement

Plusieurs élèves disent y avoir été sensibilisés à l’école, notamment grâce aux projets de jardin suspendu et d’entretien des plantes à la bibliothèque. Ils ne se gênent pas pour sermonner leurs parents et amis sur l’importance du recyclage ! « Ça m’insulte de voir les gens jeter leurs déchets par terre », avoue Rose-Marie Guénette (sec. 5).

La politique québécoise

Lorsqu’on les questionne sur la politique québécoise, plus de la moitié des jeunes se disent très peu informés, et beaucoup admettent qu’ils écoutent les nouvelles uniquement à cause de leurs parents. Pourquoi ce désintérêt ? Parce que l’on ne parle jamais de leur région, et parce que les journalistes ne font que critiquer le gouvernement.

L'autorité

Pour les jeunes, l’autorité doit s’exercer dans le respect. Leur bête noire ? Le manque de logique, ou le « Fais ce que je dis, pas ce que je fais. », qui n’a rien de convaincant. L’avantage d’établir des rapports d’autorité sains ? « Les élèves ont de meilleurs résultats scolaires », nous assure Angélique Lafrenière (sec. 4). 

La politique internationale

Bien que les élèves interrogés ne s’intéressent pas vivement à la politique québécoise, ils semblent en avoir long à dire sur le président des États-Unis, dont ils suivent les péripéties, peut-être bien malgré eux, sur les médias sociaux. Il n’y a donc pas que les adultes qui soient bombardés de nouvelles sur M. Trump !

Des jeunes nous parlent

École primaire et secondaire Sacré-Cœur : Une communauté entière endosse la réussite scolaire

Dès que l’on franchit le portail de Sacré-Cœur, le constat est clair. Ici, on est plus qu’à l’école : on est en famille. Des jeunes de la première année au cinquième secondaire y évoluent dans une ambiance de franche camaraderie, sous le regard bienveillant d’une équipe passionnée qui ne recule devant aucun projet pour stimuler tout ce beau monde et l’amener plus loin dans son apprentissage.

Comme d’autres collectivités rurales, la communauté de Gracefield doit relever divers défis et lutter notamment contre la précarité. « La scolarisation des enfants n’a pas toujours été une priorité pour les parents », explique Vicky Veilleux, enseignante de mathématiques et de sciences. Mais les choses ont changé, et l’École Sacré-Cœur y est pour quelque chose. 

« Il y a sept ans », rappelle Mme Veilleux, « les jeunes ne pouvaient pas terminer leur secondaire ici. Ils devaient s’exiler à Maniwaki. Depuis que nous avons instauré une classe de cinquième secondaire, le taux de diplomation est passé de 15 % à 90 %. »

Un appui croissant de la communauté

Ce succès ne laisse pas la communauté indifférente. À la plus récente collation des grades, où une quarantaine d’élèves – du jamais vu dans l’histoire de Sacré-Cœur – ont reçu leur diplôme, des bourses totalisant 14 500 $ ont été remises aux finissants. Selon Mme Veilleux, les gens d’affaires ont voulu montrer leur appui aux jeunes. « Ils sont derrière eux », ajoute-t-elle. « Et naturellement, ils veulent assurer la relève. » 

Pour une école qui fait figure de moteur dans le cheminement des jeunes vers le marché du travail ou les études supérieures, ce soutien témoigne du changement de mentalité qui s’opère lentement, mais manifestement, dans la collectivité.