Déficience intellectuelle

33e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle

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La quatrième prise sera donc finalement la bonne, Annick et Louis-Charles se lèvent du divan et traversent le plateau de tournage pour aller se faire démaquiller. Dans la vie comme à l’écran, ils forment le couple venu illustrer et répondre à un des nombreux clichés autour de la déficience intellectuelle que la capsule vidéo de la 33e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI) a pour but de mettre en scène.  

« Ces gens-là ne peuvent pas avoir une vie de couple ! » En entendant cette phrase, Louis-Charles et Annick, sa fiancée, éclatent de rire. « Mon chum et moi, on la trouve pas mal bonne celle-là !... Coupez !... C’est parfait ! »

Le couple, qui va bientôt emménager ensemble, est heureux d’avoir pu pousser ce cri du cœur, qui vient s’ajouter à ceux de Jordan, Mylène, Gabrielle ou encore Lucie. Toutes ces personnes, de différentes générations et de rôles dans la société (élève, jeune travailleuse, actrice ou personne vieillissante) ont accepté de participer au tournage, d’autant plus facilement qu’elles en ont assez des clichés qui pèsent sur les personnes comme elles, vivant avec une déficience intellectuelle.


Le parti pris et l’objectif de la 33e édition de la SQDI sont donc de renvoyer la balle dans le camp des personnes dites « neurotypiques » afin de leur permettre de prendre conscience de ce qu’elles ignoraient en s’interrogeant : « pourquoi je pense qu’une personne ayant une déficience intellectuelle ne peut travailler, avoir une vie amoureuse, vivre en appartement, etc. D’où me viennent ces informations ? » 

Cette campagne a aussi pour mission de faire quelques rappels factuels : au Québec, 169 000 personnes vivent avec une déficience intellectuelle, soit 2% de la population. Avec leurs familles et leurs proches, c’est 400 000 personnes qui sont directement concernées par les enjeux que la déficience intellectuelle induit. Ces personnes revendiquent que leurs droits soient respectés, afin qu’elles bénéficient des mêmes conditions que tous, et ce, dans les différentes sphères de leur vie : étudier, travailler, être soigné, se loger, développer son potentiel ou se divertir. 

En plus de cette tentative pédagogique et ludique d’aider à se défaire de nos préjugés, cette semaine de sensibilisation provinciale souhaite surtout permettre de créer des rapprochements entre la population et les personnes vivant avec une déficience intellectuelle dans l’espoir de bâtir une société plus inclusive. Voilà pourquoi elle est portée par la parole de deux ambassadeurs de taille : l’acteur Vincent-Guillaume Otis dont le frère vit avec une déficience intellectuelle et la comédienne Gabrielle Marion-Rivard qui a une déficience intellectuelle.


« Ces gens-là ne peuvent pas apprendre ! Ah ? À quelle page vous avez lu ça ? », s’amuse Jordan qui se replonge dans son livre. La prise est bonne aussi, le plateau résonne d’une salve d’applaudissements en direction de Jordan et de toute l’équipe. La journée de tournage est terminée et la cause des personnes ayant une déficience intellectuelle mieux entendue! »
Jordan 4e année de son école de quartier


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