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Oser pour réussir

En route vers l’entrepreneuriat

Les SADC (Société d’aide au développement des collectivités) et CAE (Centre d’aide aux entreprises), c’est un puissant réseau de soutien aux régions créé au Québec en 1981. Leur mission ? Donner aux gens du milieu les ressources humaines et financières nécessaires à leur développement. Chaque année, ils aident et financent plus de 10 000 entreprises et plus de 1 000 projets locaux. Aujourd’hui, ce sont plus de 400 professionnels et au-delà de 1 000 bénévoles qui œuvrent pour des collectivités prospères.

On dit que les jeunes sont l’avenir des régions. Les SADC l’ont bien compris. Depuis 20 ans, leur Stratégie jeunesse encourage l’entrepreneuriat auprès de milliers de jeunes en milieu rural. Son approche unique porte fruit, faisant aujourd’hui du Québec un fleuron de l’entrepreneuriat.

Stratégie jeunesse fête cette année ses 20 ans. Cette initiative, mise en œuvre en collaboration avec Développement économique Canada, est financée depuis ses débuts par le gouvernement du Canada. La recette de son succès ? Une approche globale visant autant la sensibilisation des jeunes à l’école que l’accompagnement dans le développement de projet, le montage financier, le financement, la formation, le réseautage et un suivi personnalisé correspondant aux besoins de chaque entrepreneur en herbe. 

En 2017, le Québec se retrouve en tête de peloton au niveau du désir d’entreprendre, et ce, malgré un resserrement des critères de financement. « Depuis la crise de 2009, les banques ont établi des ratios qui laissent peu de place aux jeunes sans expérience et sans équité. Le problème est pire en région où la présence des institutions financières se fait plus rare», avance Hélène Deslauriers, directrice générale du Réseau des SADC et CAE.

Bonne nouvelle ! Saviez-vous qu’on est considéré jeune jusqu’à 39 ans ? « En 20 ans, l’âge médian des jeunes se lançant en affaires a augmenté. Nous avons ajusté nos critères en conséquence », affirme Mme Deslauriers. Les études démontrent en effet que les jeunes d’aujourd’hui désirent prendre un peu d’expérience avant de se lancer en affaires. « Alors qu’ils le faisaient avant par nécessité, ils veulent aujourd’hui plus que jamais faire ce qu’ils aiment dans la vie. »

Une relation de confiance ­inébranlable

À l’ère du virtuel, la force du programme réside dans la relation ­personnalisée qu’on établit avec l’entrepreneur tout au long de la démarche et même après.  « On est là en amont et on reste présent tant qu’il y a des besoins à combler. »

L’aide englobe plusieurs volets.  « Il s’agit d’abord d’un prêt personnel avec congé d’intérêts de deux ans et un congé de capital. C’est souvent la mise de fonds dont ils ont besoin pour se présenter à une institution financière qui hésite parfois à prendre des risques ». Deux jeunes de la même entreprise peuvent avoir accès à un soutien financier de 25 000 $ chacun et au coaching de conseillers expérimentés qui les accompagnent étape après étape.

Oser pour réussir

Neuf entreprises en orbite

L’entrepreneuriat au Québec se porte bien. Nos entrepreneurs émergents figurent parmi les plus créatifs et les plus ambitieux au Canada. Leur génie créatif autant que leurs nouvelles façons de faire responsable positionnent aujourd’hui le Québec comme chef de file en entrepreneuriat d’exception. Depuis 20 ans, les SADC régionales ont du pif pour les remarquer. En voici la preuve.

De l’imagination, les Québécois n’en manquent pas. Que ce soit dans le secteur manufacturier, en agrotourisme, en construction éco-responsable ou dans la mise en valeur du territoire, les régions font preuve d’audace quand vient le temps d’innover.  C’est le cas de la firme Divel de Louiseville (SADC de la MRC de Maskinongé), un fournisseur de solutions en chargement, manutention et entreposage automatisé. Leur génie – à la fois mécanique, électrique et informatique – utilisé pour la conception de véhicules autoguidés et de systèmes de stockage informatisés adaptés aux besoins de chacun.

Oser pour réussir

Entrepreneurs de 18 à 39 ans : voici ­comment votre SADC peut vous aider

L’histoire débute souvent dès le premier déclic. « Pas besoin d’avoir une idée toute ficelée pour venir voir sa SADC régionale. Au contraire, plus on est tôt dans le processus, moins on perdra de temps dans l’élaboration des stratégies de conception, de réalisation et de mise en marché », assure Hélène Deslauriers, directrice générale du Réseau SADC et CAE.

Depuis quelques années, on remarque que les jeunes entrepreneurs arrivent devant leurs conseillers mieux documentés. « Bien qu’ils connaissent leurs clientèles cibles, qu’ils aient des notions de marketing et une meilleure connaissance du Web, ils ont pour la plupart beaucoup de difficulté avec les chiffres », confirme la directrice. C’est souvent là, en amont, que Stratégie jeunesse les aidera à peaufiner leur plan d’affaires et voir comment bonifier le montage financier de leur future entreprise. « Une chose est sûre, on veut et on va les soutenir dans toutes les grandes étapes de leur plan d’affaires ».

Une présence du début à la fin

Si le profil de l’entrepreneur a changé, le métier de conseiller lui n’a pas changé en 20 ans. « On prend le jeune où il est dans sa vie et on l’amène jusqu’où il veut aller ». Ainsi, la démarche des conseillers de la SADC est adaptée à chaque entrepreneur.

L’accompagnement demeure la force vive de Stratégie jeunesse. « Des études récentes ont démontré qu’environ 30  h par projet sont consacrées à son élaboration, 10 h à son financement et 300 heures en suivi avec l’entrepreneur. C’est pour dire à quel point on prend soin de nos jeunes ».

Critères de sélection

Le programme s’adresse aux 18-39 ans. « L’âge médian des entrepreneurs est passé de 29 à 31 ans en 20 ans », précise Hélène Deslauriers. Pour évaluer un projet, chaque SADC a ses critères en fonction de son marché. « Les projets de commerce de détail peuvent être rejetés si l’offre régionale est déjà saturée. Mais si le projet est excellent et ne crée pas de compétition indue avec des commerces déjà là, on va l’évaluer  ». L’innovation et le développement durable figurent aujourd’hui parmi les éléments inclusifs incontournables.

Outre le fait que son entreprise devra être viable, il ne faut pas sous-estimer la personnalité de l’entrepreneur en devenir. « Quelquefois, on a devant nous des gens qui ne pourraient pas passer dans les ratios des banques mais, quand tu les vois, tu sais immédiatement qu’ils ont l’étoffe, l’attitude, les compétences et la capacité de réussir », affirme Hélène Deslauriers. 

Il n’existe pas d’indicateur de passion. Mais chacune des 57 SADC du Québec excelle à la reconnaître. « La confiance est une valeur qui s’est malheureusement perdue avec le temps.  Quand un jeune obtient l’appui de Stratégie jeunesse, il peut être certain qu’on va bâtir ensemble une relation de respect et de proximité qui va faire boule de neige ».

Série Oser pour réussir 2/6

L’Angélaine : la fibre de l’entrepreneuriat

En 1980, la plupart des femmes du Québec relèguent leurs tricots aux oubliettes, occupées à se tailler une place sur le marché du travail. Michèle Hamelin n’y voit que du feu : elle tricotera à leur place. De fil en aiguille et depuis 37 ans, l’avant-gardiste femme d’affaires dirige la destinée de l’Angélaine avec autant de vision que de passion.

Fille du Plateau Mont-Royal, Michèle Hamelin caresse très jeune le rêve de vivre à la campagne. « Qui prend mari prend pays ? C’est vrai ». Avec son compagnon de vie, les voilà qui s’installent sur une ferme dans la vallée de l’Outaouais et plus tard à Bécancour où ils se lancent tête première dans l’élevage de chèvres Angora. « On rêvait d’une vie saine avec des animaux dont on tirerait profit sans avoir à les abattre ». L’artisaneuse – comme elle se qualifie elle-même – est au paradis. L’idée de tricoter lui vient très rapidement. « J’avais appris à l’école et j’ai toujours aimé ça ». Ce qu’elle apprécie par-dessus tout, ce sont les propriétés particulières du mohair, cette « soie du nord » chaude, douce et enveloppante. « Pendant huit ans, j’ai tricoté seule dans mon atelier au-dessus de la cuisine. Je le faisais pour les gens du coin et pour la famille ». Rapidement, Michèle Hamelin songe à accroître sa visibilité. « Je faisais les marchés de Noël et les expositions agricoles, mon chum d’un bord avec les chèvres, moi de l’autre avec les tricots. J’avais aussi des kiosques dans les centres commerciaux en plus de faire chaque année les Salons des métiers d’art ». Trente sept-ans plus tard, les stratégies de mise en marché ont certainement changé mais la passion de faire du beau, elle, reste la même.

Commerce en ligne optimisé

Le web devient à son tour un incontournable. Les premières années, l’Angélaine y impose sa présence, sans trop savoir comment se faire remarquer. «Il fallait donner un coup de barre, devenir transactionnel, être mieux référencé, sortir du lot». En février dernier, l’Angélaine obtenait l’aide financière de la SADC Nicolet-Bécancour via l’initiative Soutien aux petites entreprises, une aide financière lui permettant d'avoir accès à un consultant spécialisé pour optimiser ses ventes en ligne. Une aide qui a fait toute la différence. «Nous avons investi dans la bonification de nos stratégies web et rendu plus performants nos outils en place».

Aujourd’hui, le commerce en ligne est devenu nécessité. «Nous travaillons mieux les plateformes d’influenceurs, misant davantage sur les réseaux sociaux pour générer de l’achalandage et des ventes sur notre site. L’impact est déjà là ». En prime, voilà que le tricot revient à la mode. «Nous avons aussi une Zone Tricot où nous vendons du fil et de la laine aux tricoteuses de la nouvelle génération».

Des chaussettes au sommet

L’engouement pour les produits de luxe, faits main, chauds et résistants est bien là. « Les propriétés du mohair sont incroyables. C’est une fibre aussi noble que la soie et le cachemire. Solide, durable et isolante, elle possède aussi une résistance naturelle aux bactéries ».  Avec Bernard Voyer comme ambassadeur, ça aide aussi. « Depuis plusieurs années, il ne part pas en expédition sans ses chaussettes Angélaine ». Une autre belle façon pour la petite entreprise de Saint-Angèle-de-Laval de voyager à travers le monde.

En chiffres

8 : le nombre de tricoteuses à temps plein

69% : augmentation des ventes en ligne (avril-octobre 2016 vs avril-octobre 2017)

Un conseil à suivre

« Toujours regarder en avant, garder confiance en son produit, croire en soi. Mais avant tout, la passion doit être au rendez-vous ».

Un piège à éviter

« Ne pas écouter ceux qui freinent votre élan, ceux qui sont trop réalistes. Ça prend de la folie pour créer ».

Langelaine.com

Série - Oser pour réussir - 1/6

Les Bottes de l’Espoir : un pas pour l’humanité

Josée Leblanc est née à Uashat, près de Sept-Iles. C’est là qu’elle a appris à se tenir debout. Avec ses Bottes de l’Espoir, la voilà qui s’apprête à faire ses premiers pas à la conquête du monde, portant le talent des femmes autochtones au-delà des frontières.

Du mocassin traditionnel à la luxueuse botte perlée, il n’y a qu’un pas qu’a franchi avec une extrême sensibilité l’entrepreneur Josée Leblanc. « Le concept de produire une botte de luxe portant la signature des Premières Nations s’est imposé tout naturellement le jour où j’ai réalisé à quel point les femmes autochtones n’étaient pas rémunérées à la juste valeur de leur immense talent ».

L’histoire débute en 2014 quand Josée Leblanc, propriétaire d’une galerie d’art autochtone, décide de racheter tout l’inventaire d’une boutique d’artisanat qui ferme ses portes. « C’est en voulant entamer une production de mocassins traditionnels que j’ai réalisé que les perleuses gagnaient 3 $ de l’heure. J’ai vite commencé à réfléchir à un projet qui pourrait à la fois valoriser le travail des femmes, assurer la pérennité d’un savoir-faire ancestral et faire rayonner la culture autochtone partout dans le monde ». En plus d’être belles, les bottes de la marque Atikuss allaient aussi éveiller les consciences.

Redonner espoir

En moins d’un an et demi, Josée Leblanc écrit son plan d’affaires, réalise une étude de marché avec Commerce international Côte-Nord et trouve son financement. « La SADC Côte-Nord a tout de suite soutenu mon projet. Encore aujourd’hui, je peux compter sur leurs précieux conseils ». Rapidement, l’entrepreneur se bâtit un vaste réseau de perleuses prêtes à sauter dans l’aventure. Grâce à elle, le taux horaire de la quarantaine de perleuses qu’elle recrute via les onze Centres d’amitié autochtones passe de 3 à 15 $ l’heure.