LES NÉGOCIATIONS DANS LE SECTEUR PUBLIC

Pour des services de qualité en santé et en éducation

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
«La pandémie a démontré jusqu’à quel point, dans notre société, les services publics sont essentiels. Ce que nos membres souhaitent, c’est qu’on leur donne le moyen de garantir à la population des services d’éducation et de santé universels de qualité», revendique la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier.

Amorcées au début de l’année, les négociations en vue du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public sont toujours en cours. À la CSQ, 200 000 membres issus de 11 fédérations et de 240 syndicats affiliés sont concernés. Si les conditions d’exercice demeurent la pierre angulaire des échanges, la crise de la COVID a contribué à exacerber l’impact négatif du désinvestissement en éducation, en enseignement supérieur et en santé.

En mai, une nouvelle contre-proposition a été soumise au Secrétariat du Conseil du trésor, laquelle tient compte du contexte des finances du gouvernement qui a évolué. «Mais ce qui est clair, c’est qu’il faut que les choses changent!, lance la leader syndicale. Nous voulons prendre le temps de bien mener les négociations avec Québec, et ce, à la satisfaction de nos membres. Les problèmes sont nombreux dans les réseaux et on doit les solutionner.»     

Sonia Ethier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Maintien des primes au-delà du 30 septembre

La CSQ demande notamment que les primes actuellement versées pour les troubles graves du comportement (TGC), en CHSLD, aux psychologues et aux ouvriers spécialisés soient reconduites au-delà du 30 septembre, pour toute la durée de la convention. L’organisation réaffirme aussi sa volonté de protéger le pouvoir d’achat de ses membres. Elle réclame en outre une hausse salariale de 6% sur trois ans avec un montant plancher de 1,80$ l’heure.  

«Plus de 610 M$ ont été accordés en assurance salaire dans les établissements de la santé et des services sociaux selon le cahier des crédits 2020-2021 du ministère de la Santé et des Services sociaux, rapporte la présidente. Cette somme pourrait être bien mieux investie. Si le gouvernement veut améliorer l’attractivité et augmenter la rétention de son personnel, il faut qu’il prenne une autre voie. L’absentéisme dû aux conditions de travail coûte cher.»

L’éducation et les élèves en difficulté, une priorité

En éducation et en enseignement supérieur, la situation n’est guère plus reluisante. L’insuffisance d’effectifs, la précarité, la surcharge de travail et le manque de ressources pour venir en aide aux élèves en difficulté – doublés, ici également, de problèmes d’attraction et de rétention du personnel – ne se sont pas résorbés avec la fermeture des écoles ce printemps. Les inégalités ont même été amplifiées par la crise sanitaire et les risques de décrochage scolaire se sont aussi accrus. 

«Il y a une préoccupation pour les bas salariés dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Rappelons qu’une baisse d’inscriptions dans les établissements d’enseignement a été enregistrée. Nous sommes un peu à la croisée des chemins. Il faut viser une égalité des chances auprès de tous les enfants, soutenir les élèves vulnérables avec les services auxquels ils ont droit. Collectivement, on ne doit surtout pas l’échapper pour nos enfants», fait valoir Sonia Ethier. 

Un sondage évocateur

Selon une étude d’opinion menée par la firme CROP à la fin de juillet, la volonté des Québécois d’investir en santé, en éducation et dans les services est sans équivoque.

  • 64 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement du Québec doit investir prioritairement dans les services publics.
  • 92 %  se disent en faveur du déploiement de moyens supplémentaires pour aider les élèves en difficulté d’apprentissage à la suite de la pandémie.