LES NÉGOCIATIONS DANS LE SECTEUR PUBLIC

La Covid-19 a changé la donne

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
La crise sanitaire est venue rebrasser les cartes dans les négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public échues depuis la fin mars 2020. Si le Québec nageait dans les surplus avant, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les revendications salariales ne sont plus seules au centre des demandes syndicales. D’autres conditions de travail les ont rejointes au cœur des négociations.

Les 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public québécois génèrent une masse salariale qui approche les 40 milliards. Une part importante des 116 milliards de dépenses de l’État prévues au budget déposé le 10 mars 2020. C’était quelques jours avant le début de la pandémie. Les surplus d’alors se sont aujourd’hui transformés en un déficit qui pourrait atteindre 12 à 15 milliards. Le gouvernement ne prévoit pas de retour à l’équilibre budgétaire avant cinq ans.

Des employés à bout de souffle

La crise actuelle a cruellement mis en lumière des failles dans les milieux scolaire et de la santé tout particulièrement. Si les employés des hôpitaux et des CHSLD ont été au front, leurs collègues des services sociaux ou des écoles n’ont pas été en reste. Ils sont aujourd’hui à bout de souffle et ont besoin d’oxygène. 

Les syndicats ont élargi leurs demandes et revu leurs enjeux prioritaires. La FTQ, par exemple, insiste actuellement sur la conciliation famille-travail, les assurances collectives, la création de postes à temps complet et les primes qui arrivent à échéance prochainement en plus de la rémunération. De son côté, la CSN demande au gouvernement de réparer les pots cassés par
les précédentes politiques d’austérité.

«La crise de la COVID-19 est venue révéler toute l’étendue des dégâts causés par des années de négligence gouvernementale, une négligence qui s’est exprimée par des compressions massives et d’importantes mesures d’austérité budgétaire au cours des dernières décennies», lançait dernièrement Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.