Le président du SFPQ, Christian Daigle, serre la main du président du Conseil du Trésor Christian Dubé.
Le président du SFPQ, Christian Daigle, serre la main du président du Conseil du Trésor Christian Dubé.

Les négociations du secteur public

Le SFPQ: Plus d’argent pour les employés de l’État

Pour négocier les nouvelles conventions collectives de 2020, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a choisi de limiter ses revendications pour optimiser ses gains. Son message au gouvernement est clair: il faut donner plus d’argent au personnel de la fonction publique.

«L’écart de rémunération des employés de la fonction publique avec ceux des secteurs privé ou municipal est considérable. Par exemple, le salaire des ouvriers de voirie accuse un retard de 54 %, si on le compare aux autres. C’est impensable!», dénonce Christian Daigle, président du SFPQ.

Combler les écarts

Selon la dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les ouvriers de l’administration québécoise gagnent en effet moins que ceux des autres secteurs. Même lorsqu’on ajoute les avantages sociaux à l’équation, il y a toujours un écart important. C’est donc dire que les avantages sociaux des ouvriers de la fonction publique sont eux aussi très loin d’être suffisants. L’ISQ estime que la situation dure depuis au moins 2010.

«On souhaite se rapprocher des autres salariés qui font le même travail ou un travail comparable. Augmenter les salaires et amé­liorer les avantages sociaux des employés de la fonction publique nous permettrait en plus de garder nos gens à l’interne et de devenir plus attrayant pour embaucher d’autres employés», assure le président.

Engager plus d’ouvriers

Au sein de la fonction publique, les employés sont surchargés et les équipements, non utilisés. «Pour éviter des carambolages sur l’autoroute 40, on a acheté plus de camions pour déneiger, mais on n’a pas de personnel pour les conduire», fulmine Christian Daigle. 

Les salaires et les avantages sociaux inférieurs aux autres secteurs ont eu d’importantes répercussions sur le recrutement et sur la rétention de la main-d’œuvre de la fonction publique. Alors que les ouvriers de l’admi­nistration québécoise préfèrent aller travailler ailleurs, le site Web du Secrétariat du Conseil du trésor continue d’afficher en permanence les postes d’opérateurs de camions lourds, par exemple. «On ressemble à un club-école. Les jeunes viennent prendre de l’expérience dans le public, puis ils s’en vont au privé», déplore le président. 

Offrir de meilleures conditions de travail permettrait à l’État d’être plus attrayant pour recruter et retenir sa main-d’œuvre.


« L’écart de rémunération des employés de la fonction publique avec ceux des secteurs privé ou municipal est considérable. »
Christian Daigle

Redevenir compétitif

Selon le SFPQ, même si la sous-traitance coûte plus cher, le gouvernement choisit cette solution en raison du manque d’effectifs à l’interne.  «Ces dernières années, on constate que le nombre de soumissionnaires baisse et donc, avec moins de compétiteurs pour obtenir un contrat, les coûts augmentent, explique le président. Au final, ça coûte encore plus cher à l’ensemble de la population du Québec pour obtenir un service égal ou moindre avec le privé», poursuit-il.

Pour éviter cette situation, le travail des employés de la fonction publique doit être reconnu à sa juste valeur. «L’ouvrier du ministère du Transport ou le cuisinier en milieu carcéral du ministère de la Sécurité publique offrent des services essentiels», rappelle le président. Selon le SFPQ, en leur donnant de meilleures conditions de travail, tout le monde y gagnerait.

www.sfpq.qc.ca