Les négociations du secteur public

Entrevue avec Daniel Boyer: Revamper les services publics

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) qui amorce ses négociations dans le secteur public a clairement rejeté les premières offres patronales. La FTQ insiste et martèle haut et fort qu’il faut améliorer les conditions de travail du secteur public.

«Le gouvernement du Québec doit réinvestir dans les services publics et favoriser la rétention du personnel en améliorant les conditions de travail et les con­ditions d’exercices d’emploi des travailleurs et travailleuses du secteur public», déclare Daniel Boyer, président de la FTQ

Améliorer les salaires 

En décembre, le gouver­nement a déposé des offres salariales qui ont été très mal reçues par la FTQ et ses syndicats affiliés du secteur public (SCFP, SQEES 298, SEPB et UES-800). L’État veut donner au secteur public une augmentation salariale de 7% sur 5 ans. Ce qui est nettement insuffisant, selon le président de la FTQ. «En moyenne, notre monde gagne 36155$ par année et 28 500$ lorsqu’il occupe un poste occasionnel ou temporaire. Ce ne sont pas des gras durs. Il faut y voir. L’offre du gouvernement est à la limite méprisante», s’insurge-t-il.

Selon la FTQ, pour que les em­plo­yés du secteur public rattrapent le retard salarial considérable de 6,2% qu’il accuse à cause de la politique d’austérité du dernier gouvernement libéral, la hausse salariale devrait plutôt être de 4,1 % par année sur trois ans. «Contrairement à ce que prétend Legault, on ne veut pas prendre tous les surplus, on veut que l’employeur paie adéquatement. Nos membres pourront ainsi maintenir leur pouvoir d’achat et, même, l’améliorer», espère le président.

Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Donner plus de moyens

La FTQ, dont 73,7 % des membres qu’elle représente dans le secteur public sont des femmes, aspire aussi à ce que le gouvernement actuel offre de meilleures con­ditions d’exercices d’emploi aux travailleuses et travailleurs du secteur public. «On n’a jamais d’argent pour payer les gens qui prennent soin de nous», décrie Daniel Boyer. Résultat, personne ne veut y travailler. 

Avec la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement dans le secteur public, les travailleuses et travailleurs en place peinent à faire leur travail. « C’est difficile pour nos membres de ne pas donner les services auxquels s’attendent les contribuables parce qu’ils n’ont pas assez de bras pour le faire », rappelle le président. 

Selon la FTQ, un salaire suffisamment attrayant pour attirer les jeunes permettrait de donner de meilleures conditions d’exercices d’emploi aux travailleuses et travailleurs actuels. «On doit pren­dre soin des gens qui pren­nent soin de nous, et leur éviter des accidents et des surcharges de travail inutiles», insiste Daniel Boyer.

Agir vite

«On a mis à mal nos services publics. Si on ne fait pas attention, ça va péter», avertit le président. Selon la FTQ, actuellement, nous sommes dans une situation économique favorable. L’important surplus budgétaire du gouver­nement Legault doit aussi servir à revamper les services publics comme ceux de la santé et de l’éducation afin que la population québécoise soit la première à en bénéficier.

ftq.qc.ca