Les négociations du secteur public

Alliance APTS-FIQ: 131 000 raisons d’unir ses forces

C’est sous le slogan Travailler à se rendre malade, c’est terminé ! que se sont réunis les deux plus grands syndicats du réseau de la santé et des services sociaux dans le cadre de la négociation des conventions collectives qui s’amorce avec le gouvernement du Québec. Ainsi, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ et l’Alliance du per­sonnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont uni les forces de leurs 131000 membres.

Le réseau public est pré­­­sen­te­ment en crise. Les profes­sion­nel·le·s en soins et les professionnel·le·s et technicien·ne·s de la santé et des services sociaux, surchargé·e·s et épuisé·e·s, sont au bout du rouleau et plusieurs tombent malades, tant physiquement que psychologiquement. Les mauvaises conditions de travail peinent à attirer et à retenir les travailleuses et les travailleurs », d’expliquer Nancy Bédard et Andrée Poirier, respectivement présidentes de la FIQ et de l’APTS. Pour les deux porte-parole syn­dicales, les offres déposées par le Conseil du trésor sont méprisantes et ne vont pas résoudre la crise ni redorer le blason du réseau de la santé et des services sociaux. 

C’est justement pour reconnaître à sa juste valeur le travail effectué par leurs membres et combler le retard de rémunération accumulé au fil des années que les deux syndicats ont joint leurs voix pour demander au gouvernement 3,2% d’augmentation salariale et 4% en rattrapage, soit une augmentation annuelle de 7,2%.

Selon les leaders syndicales, leurs membres n’ont pas pu compter sur des augmentations permettant à leur salaire de suivre le coût de la vie depuis l’an 2000. S’appuyant sur des chiffres de l’Institut de la statistique du Québec, elles soulignent que l’ensemble des travailleur·euse·s québé­cois·es ont vu leur niveau de vie augmenter de 10,7% en moyenne durant cette période, alors que celui des mem­bres de l’APTS et de la FIQ a essuyé un recul de 1,2%.

«L’austérité s’est faite en grande partie sur le dos des salarié·e·s du réseau de la santé et des services sociaux. Les nombreuses réformes et compressions budgétaires ont dégarni les services et fragilisé ce qui était autrefois un fleuron de l’État québécois. Le gouvernement Legault dispose de la marge de manœuvre financière pour réinvestir massivement dans celles et ceux qui constituent la force vive du réseau. Et pour nous, l’amélioration des soins et des services passe inévitablement par l’amélioration des conditions de travail du personnel, y compris le salaire. L’un ne va pas sans l’autre», ont poursuivi les présidentes.


« L’austérité s’est faite en grande partie sur le dos des salarié·e·s du réseau de la santé et des services sociaux. »
Nancy Bédard et Andrée Poirier, respectivement présidentes de la FIQ et de l’APTS

L’alliance APTS-FIQ souligne que c’est un défi important qui con­cerne tout le monde, le gouvernement le premier. Pour elle, il aura beau investir des sommes importantes pour rénover des établissements vétustes, s’il n’y a personne à l’intérieur pour y travailler, c’est l’accessibilité à des soins et des services de qualité et sécuritaires qui sera compromise. Pour les deux syndicats, les offres salariales nettement insuffisantes déposées par Christian Dubé, combinées à celles particulièrement anémiques sur des enjeux cruciaux tels que les droits parentaux et le régime de retraite, ne permettront pas de répondre aux défis de pénurie de main-d’œuvre dans le réseau. 

«M. Dubé n’a pas le droit à l’erreur dans ce dossier. Cette négociation sera déterminante. Qu’il s‘agisse des mauvaises conditions de travail, de la surcharge de travail, des heures supplémentaires obligatoires systématisées ou de l’épuisement professionnel, tout cela doit cesser. Pour y arriver, le gouvernement doit miser sur ses employé·e·s, leur compétence et leur expertise. Nos 131 000 membres vont agir en conséquence pour exiger la reconnaissance de leur contribution au sein du réseau de la santé et des services sociaux du Québec», ont conclu Mmes Bédard et Poirier.

www.fiqsante.qc.ca
www.aptsq.com