Sonia Ethier, présidente de la CSQ
Sonia Ethier, présidente de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec

La CSQ: Le gouvernement doit passer de la parole aux actes

La Vitrine
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Après 18 mois de négociation pour l’éducation, la santé et les cégeps, il est temps que les choses bougent. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s’impatiente devant l’inertie du gouvernement. Malgré de belles paroles du gouvernement, les différentes tables de négociation n’avancent pas. Pourtant, la population du Québec attend des services publics solides. La pandémie a mis en évidence des lacunes structurelles de surcharge et de manque de ressources qui doivent être comblées. Le plan de relance économique doit impérativement inclure les services publics.

«Depuis une année et demie, nous négocions de bonne foi avec le gouvernement. Nous sommes présents autour des différentes tables de négociations, mais nous devons malheureusement cons­tater qu’il n’y a aucune avancée», déclare Sonia Ethier. La présidente de la CSQ regrette ces blocages alors que les enjeux pour les services aux élèves, aux étudiants et aux patients sont nombreux et cruciaux.

Les différentes fédérations affiliées à la CSQ qui représentent tant le personnel enseignant, de soutien et professionnel des commissions scolaires, des cégeps et des universités que le personnel du secteur de la santé et des services sociaux qui sont actuellement en négociation pour le renouvellement de leur convention collective constatent qu’il n’y a aucun avancement dans les négociations à aucunes des différentes tables. 

Ça nous concerne tous

«Le but de notre engagement est tout simplement d’améliorer les conditions de travail de nos membres, car elles ont un impact direct sur la qualité des services offerts à la population. Ça nous concerne tous», insiste Mme Ethier. Les quelque 125 000 membres affiliés à la CSQ dont les conventions sont échues veulent simplement avoir les moyens d’accomplir leurs missions.

Le contexte actuel de pandémie a cruellement mis en lumière les lacunes du service public. Le gouvernement doit impérativement donner les moyens à ses employés de réaliser leur mission tout particulièrement dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Ces investissements sont incontournables non seulement pour se sortir de la situation sanitaire actuelle, mais aussi pour rattraper tout ce qui a été mis à mal par les années d’austérité.

Des demandes raisonnables

Des enjeux majeurs sont présents dans tous les secteurs. Ils touchent principalement aux conditions de travail. La surcharge de travail, illustrée par le temps supplémentaire obligatoire dans le domaine de la santé, n’est plus acceptable. La précarité imposée à toute une catégorie d’employés n’est plus tolérable. Les conditions de nombreux postes doivent être améliorées.

«De nombreux élèves et étudiants ont des besoins particuliers. Ils ont besoin de l’aide des enseignants, mais aussi du personnel de soutien et des professionnels», ajoute encore la présidente de la CSQ. Les ratios d’infirmières doivent être revus à la baisse. Aujourd’hui, trop de gens quittent les services publics. Que soit en santé ou en éducation, il faut non seulement attirer de nouveaux employés, mais aussi retenir le personnel en place.

Pour améliorer les conditions de travail au quotidien, la CSQ demande une augmentation de 3% de la masse globale, soit 200 millions par année, alors que le gouvernement n’en offre que 0,29%, soit 35$ par employés. C’est nettement insuffisant, et c’est sans compter de l’aspect salarial, car le gouvernement l’a bien compris lorsqu’il a affronté la crise des préposés aux bénéficiaires en prenant comme première mesure une augmentation du salaire.

Faire partie du plan de relance économique

Pour surmonter la crise provoquée par la pandémie, le gouvernement prévoit un plan de relance économique ambitieux où les millions pleuvent de partout. Mais, cette relance est basée essentiellement sur le béton, sur les infrastructures. «C’est une relance qu’on pourrait qualifier de «masculine», insiste Sonia Ethier. Elle doit inclure les services publics. Pas seulement parce que le 75% des employés sont des femmes, mais pour suivre les indications de la Banque du Canada qui préconise d’investir aussi en santé et en éducation pour préparer l’après-pandémie.»

La crise sanitaire a mis à jour des défauts structurels dans les domaines de la santé et de l’éducation. Il est temps que le gouvernement investisse toute l’énergie nécessaire pour redresser la situation. Il doit attaquer le problème dans sa structure en y investissant à long terme pour régler les problèmes de fond. Fini le saupoudrage, l’heure est à un plan de relance structuré aussi pour les services à la population.

Des services publics solides: un choix politique

«Avec la situation actuelle dans les négociations, le premier ministre renie sa parole. Si véritablement pour lui ses priorités vont à l’éducation et à la santé, force est de constater que ce message ne se rend pas aux tables de négociations. Il nous parle de réussite éducative, mais sait-il qu’une seule cohorte de décrocheurs coûte près d’un milliard à la société?», conclut la présidente de la CSQ.

Toutes les fédérations membres de la CSQ sont toujours présentes aux différentes tables de négociations. Elles travaillent de bonne foi, mais maintenant, il faut avancer. Il faut répondre aux besoins de la population. Actuellement, on assiste à un rendez-vous manqué à l’égard de la population du Québec.

Elle veut des services publics solides. Il est temps que ça change maintenant!

www.lacsq.org