Mises en garde et conseils

Dans le cas du CELI comme dans celui du REER, les «mauvaises pratiques» ou incompréhensions sont monnaie courante chez les épargnants. Petit tour d’horizon de deux des erreurs les plus fréquemment commises avec Lucie Gervais, directrice générale à la planification fiscale et successorale chez IG Gestion de patrimoine.
  • Considérer le CELI comme un compte d’épargne courant. «Ce que l’on voit souvent, ce sont des gens qui ouvrent un CELI pour y effectuer à volonté des dépôts et des retraits dans une même année. Le risque, c’est de se retrouver avec des cotisations excédentaires. Lorsque cela survient, la personne est assujettie à une pénalité fiscale de 1% par mois du montant en excédent. Si, par exemple, quelqu’un a cotisé au maximum tous les ans depuis 2009 et qu’en 2019, l’individu en question cotise 6000$ (le maximum pour l’année) dès janvier, puis qu’en mars, il fait un retrait de 2000$, il ne peut, en septembre, recotiser 2000$ puisqu’il sera alors en excédent. Il lui faut attendre en 2020 parce que les droits CELI relatifs au retrait se recréent, mais l’année suivante.» 
  • Cotiser directement au CELI de son conjoint. «Contrairement au REER, il n’est pas possible, dans le cas du CELI, de cotiser directement pour son conjoint. En ce qui concerne le REER, une personne peut choisir de cotiser directement au régime de son conjoint et bénéficier de la déduction fiscale si ce contributeur détient des droits REER. Pour le CELI, on doit faire un don, transférer les sommes de son compte vers le compte du conjoint; c’est le conjoint qui devra faire sa cotisation CELI en fonction de ses droits à lui.»
Mme Lucie Gervais

Des conseils ?

«Si l’on a à choisir entre le REER et le CELI, idéalement, il faut le faire en tenant d’abord compte du taux marginal d’imposition, le REER étant à privilégier si le taux marginal d’imposition effectif est plus élevé au moment de la cotisation qu’au moment de la retraite. L’inverse favorisera le CELI. Toutefois, comme le CELI constitue un véhicule très flexible, parfois, les gens sont moins portés à y conserver leur argent. Le REER représente un mode d’épargne un peu plus forcé, car quand on y retire des sommes, celles-ci sont imposées. La morale de l’histoire: si une personne est plus cigale que fourmi, mieux vaut, dans certains cas, privilégier le REER. À cet égard, un planificateur financier peut s’avérer de bon conseil…»   

«On ne le répétera jamais assez: tant pour le REER que pour le CELI, plus une personne cotise tôt dans sa vie, mieux c’est parce que l’argent qui s’accumule à l’abri de l’impôt fait boule de neige. Se donner une discipline d’épargne, contribuer au maximum dans le couple pour s’assurer de bien fractionner les revenus à la retraite et dans la mesure du possible, ne pas trop toucher à ses épargnes sont des règles d’or. Une bonne pratique consiste à cotiser à un REER et à utiliser son retour d’impôt pour le placer dans un CELI ou à rembourser ses dettes selon la situation la plus avantageuse.»