Finances personnelles

REER en FERR: Connaître ses besoins avant de décaisser

La Vitrine
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Avant même de penser à transformer ses REER en rente viagère ou en FERR, il est essentiel d’avoir fait un portrait des revenus disponibles et de ses besoins à l’âge de la retraite.

«Votre conseiller financier dans l’institution où vous faites affaire est la personne la mieux placée pour vous aider à planifier votre retraite, que vous soyez dans la trentaine, à quelques années de la retraite, ou retraité», affirme Jean-Sébastien Jutras, directeur de la planification financière avancée chez Industrielle Alliance. 

À 30 ans ou 40 ans, les besoins sont davantage vers la constitution d’un fonds pour l’avenir alors qu’à 60 ans, ce sera la stratégie pour se préparer à la retraite en ayant des fonds suffisants pour répondre à ses besoins. Voir son planificateur une fois l’an, cela permet de revoir ses prévisions et d’ajuster le plan retraite en fonction de la réalité. 

Une majorité choisit la rente viagère

«Ce sera tout aussi important de faire cette consultation au moment de choisir la transformation des REER en FERR ou en rente viagère», continue M. Jutras. La majorité des gens (près de 80%) choisissent le FERR à cause de la facilité de gestion. Ces années-ci, avec les fluctuations boursières et les faibles taux d’intérêt, la rente viagère parait moins intéressante. S’il est possible d’autogérer son propre FERR, peu de retraités choisissent cette option qui demande plus d’attention. Les deux autres méthodes de transformation des REER présentent moins de contraintes, c’est la simplicité, estime M. Jutras.

Jean-Sébastien Jutras, directeur de la planification financière avancée chez Industrielle Alliance

«Il ne faut pas oublier les autres outils d’investissement, comme le CELI, poursuit M. Jutras. Ce type de placement comme d’autres formes d’investissements hors REER ne sont pas soumis à la transformation en FERR, mais ils servent aussi à planifier ses besoins en revenu à l’âge de la retraite.» Il faut donc en tenir compte dans sa planification financière pour établir une stratégie qui correspond aux besoins.

L’année de ses 71 ans 

Règle générale, le conseiller de l’institution financière où la personne fait affaire doit le contacter l’année de ses 71 ans pour la transformation de ses REER en FERR, précise M. Jutras. 

Dans certains cas, les institutions financières ont des mécanismes automatiques de transfert si la personne ne contacte pas son conseiller. Au pire, comme l’indique le site de l’Agence de revenu du Canada, si le cotisant à des REER ne fait rien dans l’année de ses 71 ans, les REER seront décaissés automatiquement avec la conséquence de modifier le taux d’imposition du contribuable. Cela n’est pas souhaitable.

Il est essentiel de rencontrer son planificateur financier en début d’année de ses 71 ans pour éviter les surprises, conseille M. Jutras. Ceci permettra aussi au contribuable d’évaluer la possibilité d’ajouter des fonds à son REER puisqu’il est possible de le faire dans les 60 premiers jours de l’année.

S’il est obligatoire d’opter pour la transformation des REER en rente viagère ou en FERR, rien n’empêche le contribuable de le faire à 60 ans ou à 65 ans. C’est un choix qui doit être analysé et bien planifié en fonction des besoins de la personne.

Par contre, la stratégie à éviter, souligne-t-il, serait le décaissement massif de REER, avant la retraite ou après, car cela influencera à la hausse l’impôt à payer pour cette année-là. «Tout dépend des besoins financiers, mais il faut s’assurer avec son conseiller de faire les bons choix. Si on diminue l’impôt en cotisant à un REER, l’idéal est de repayer l’impôt à long terme, sur des revenus moins élevés qu’au moment de l’achat de son REER.»

C’est ce que permet le FERR avec le pourcentage de versement obligatoire pour chaque année. C’est la récupération de l’impôt évité dans les années antérieures. «Les retraits de FERR annuellement représentent environ un milliard de dollars pour le gouvernement canadien», illustre M. Jutras.