Études supérieures et postdoctorales à l’Université d’Ottawa

Aux premières lignes de la justice sociale

La connexion Skype qui nous relie à Siobhán Airey, au Transnational Institute à Amsterdam, est si nette, qu’on a du mal à croire que 5 700 kilomètres nous séparent. Le message que nous retenons de notre échange avec cette étudiante au doctorat de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa est sans équivoque : elle est animée d’une véritable passion pour ses recherches, sur le rôle du droit dans la gouvernance des nouvelles ententes de financement publiques-privées associées aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

Siobhán, qui est originaire de l’Irlande et a la double citoyenneté irlandaise et canadienne, se trouve dans la capitale des Pays-Bas dans le cadre d’une prestigieuse bourse individuelle des actions Marie Skłodowska-Curie (AMSC). C’est là qu’elle se penche sur de meilleures façons de s’assurer que les fonds d’aide internationaux, y compris ceux en provenance du Canada, ont une réelle incidence sur les personnes dans le monde qui vivent dans le besoin. Elle explique que ses travaux font appel à son esprit communautaire et à son sens de la justice sociale, qui lui ont été instillés dès l’enfance, qu’elle a vécue dans le Comté de Limerick.

« Il s’agit de ne laisser personne pour compte, explique-t-elle. En Irlande, nous avons ce mot, meitheal, qui décrit les personnes se réunissant pour s’entraider — c’est comme un réseau de la vie, dans lequel nous reconnaissons que nous dépendons tous les uns des autres. » 

Lorsqu’elle a appris que la Faculté de droit l’avait acceptée comme candidate au doctorat, Siobhán était ravie. Déjà titulaire de plusieurs diplômes d’études supérieures, elle entreprenait ses recherches doctorales un peu plus tard que de nombreux autres candidats, et elle craignait que sa situation puisse être un peu trop « atypique » pour que sa candidature soit retenue.

« Je suis reconnaissante de la marque de confiance que ma superviseure, la professeure Penelope Simons, m’a donnée, affirme Siobhán. Je ne tarirai jamais d’éloges à son égard ni à celui de la professeure Heather McLeod-Kilmurray. Le soutien qu’elles apportent aux étudiants et chercheurs de doctorat issus de divers horizons, en nous incitant à nous dépasser sur le plan de nos propres connaissances, est remarquable. »

En fait, Siobhán avait le profil du candidat idéal, engagé socialement, que veut appuyer la Faculté de droit. Sochetra Nget, doyenne adjointe des études supérieures, explique que chaque candidat se distingue par ses propres mérites : « Chacun est unique en son genre. Il est possible que certains candidats ne répondent pas à l’ensemble des critères, mais lorsque nous détectons du potentiel chez quelqu’un, nous nous efforçons de l’aider en lui offrant une orientation personnalisée, qui tient compte de ses antécédents et de son expérience de vie. »

Selon Sochetra Nget, la Faculté de droit offre un milieu propice à la réussite, en raison notamment de son personnel de soutien pleinement engagé et prêt à aider les étudiants à se retrouver dans les dédales de la vie universitaire, et de son corps professoral d’une centaine de professeurs de common law et de droit civil à temps complet, disposés à partager leurs points de vue avec les 186 étudiants diplômés actuellement inscrits au programme. La Faculté possède même ses propres cliniques juridiques universitaires, ainsi qu’un tribunal entièrement fonctionnel où sont entendues de véritables causes, auxquelles les étudiants peuvent assister. De plus, la proximité de la Cour suprême du Canada, de ministères et organismes fédéraux et de bureaux d’ONG fait en sorte que les étudiants ont un accès de choix à de nombreuses occasions de stages en droit.

La concurrence pour les bourses étudiantes peut être féroce, mais l’expérience de Siobhán et son obtention de la bourse AMSC donnent une bonne idée du niveau de soutien auquel les étudiants peuvent s’attendre au moment de préparer leurs propositions de recherche. Pierre Cloutier de Repentigny, étudiant au doctorat et professeur à temps partiel à la Faculté de droit, a obtenu lui aussi un financement considérable lorsqu’il a décroché, en 2017, une bourse très convoitée de la Fondation Pierre Elliott Trudeau (il était l’un des deux diplômés de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa à en bénéficier cette année-là). Ce résident de Toronto affirme qu’il doit cet honneur, en grande partie, à l’assistance préparatoire assurée par Sophie Thériault, de la Section du droit civil. 

Pierre est aussi récipiendaire d’une bourse d’études supérieures du Canada Joseph-Armand-Bombardier du Conseil de recherches en sciences humaines — ce n’est pas peu dire pour quelqu’un qui, à sa sortie du cégep, plaçait le droit au deuxième rang de ses choix. Il détient un diplôme en droit civil et un diplôme en common law de l’Université d’Ottawa, dont le Programme national permet à des avocats formés en droit civil d’obtenir le grade de J.D. en common law en un an. Il a obtenu sa maîtrise en droit de l’Université de la Colombie-Britannique. 

La thèse de doctorat de Pierre, dirigée par la professeure Heather McLeod-Kilmurray, examine les dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer visant à protéger la vie marine. Selon lui, parce que les instruments législatifs sont fondés sur une approche d’économie de marché, ils sont fondamentalement incompatibles avec la protection de l’environnement. La bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, dit-il, lui donne la liberté de mener ses propres travaux de recherche, mais aussi de contribuer à d’autres causes de justice sociale, principalement liées à la défense et à la promotion des droits de personnes LGBTQ.