Des jeunes nous parlent

Cinq thèmes et enjeux qui nous touchent

Nous avons sondé les jeunes pour connaître leur point de vue sur cinq thèmes qui les touchent au quotidien et qui influent sur leur cheminement. Voici ce qu’ils nous ont dit…

Le marché du travail

Les élèves interviewés sont pleinement conscients de la pénurie de main-d’œuvre qui touche actuellement un grand nombre de métiers spécialisés, et la grande majorité d’entre eux ont bon espoir de trouver facilement un poste intéressant et bien rémunéré au terme de leurs études. Cette abondance de débouchés est évidemment l’une des raisons pour lesquelles ils ont choisi la formation professionnelle. Leur confiance n’a d’égale que leur ambition : plus de la moitié d’entre eux rêvent de démarrer leur propre entreprise ! Cela dit, ils demeurent réalistes : la carte de compétences constitue peut-être un passeport vers une profession donnée, mais ce sont les aptitudes concrètes déployées sur le terrain qui déterminent l’issue du voyage. 

La famille

Pour plusieurs des jeunes interrogés, la famille reste le point d’ancrage : leurs parents les soutiennent dans leurs aspirations professionnelles, préoccupés avant tout par le bonheur et l’épanouissement de leur enfant. La majorité d’entre eux habitent toujours chez leurs parents. James Kent, élève de 2e année en Techniques d’usinage, avoue avoir réintégré le nid familial après l’avoir quitté un an pour étudier l’ingénierie à Montréal. D’autres, comme Ismaël Girard-Youssouf, élève de 2e année en Soudage‑montage, ont vécu une autre réalité familiale. « Ma mère m’a eu très jeune », raconte-t-il, « alors j’ai été élevé par mes arrière-grands-parents et mes grands-parents, qui m’ont inculqué de bonnes valeurs. »

La conciliation études‑travail‑famille

Suivre une formation professionnelle exige un talent d’équilibriste. Entre les cours à temps plein, les nombreuses heures de pratique en atelier, l’étude et le travail, maintenir une vie sociale est un exercice périlleux. Leur avenir dans la profession de leur choix étant fonction du dévouement dont ils font preuve à l’école, ils doivent établir clairement leurs priorités et faire appel à la compréhension de leurs proches. Leurs sacrifices sont donc à la mesure de leur désir de réussir. « Je travaille six jours par semaine », explique Alexandre Thibaudeau, élève de 1re année en Carrosserie, « alors lorsque j’ai un peu de temps, j’en profite pour faire la tournée de mes amis. »

L'argent

Bien qu’ils subviennent déjà à une partie de leurs besoins, la majorité des jeunes que nous avons rencontrés disent parvenir à joindre les deux bouts. Si l’argent ne leur apparaît pas comme une fin en soi, ils en connaissent très bien la valeur et investissent sciemment dans leur avenir. « Quand je vais me lancer dans le métier », explique Zachary Boucher‑Lalonde, en 2e année de Mécanique automobile, « j’aurai besoin d’un coffre à outils de 25 000 $. Ça ne s’accumule pas d’un coup. » Antoine Julien, élève de 2e année en Électromécanique de systèmes automatisés, a choisi d’utiliser l’héritage de son grand-père pour financer ses études. 

La politique québécoise

Les jeunes que nous avons interrogés avouent ne pas suivre la politique québécoise. D’ailleurs, bien qu’ils arrivent à nommer le premier ministre du Canada et le président des États-Unis, ils ignorent qui est le premier ministre du Québec. Comment expliquer cette situation ? Faut-il blâmer les parents, le milieu scolaire ou la société en général pour cette indifférence manifeste des jeunes ? Leur manque d’intérêt surprend, surtout si l’on écoute leurs observations pertinentes et variées sur ce que devrait faire le gouvernement provincial en matière d’éducation...