Michel Ferland, directeur général de la FCAQ

À VOTRE TOUR!

Transfert d'entreprise: enrichissement collectif

«À la Fédération des coopératives d’alimentation du Québec (FCAQ), il y a un an, un poste a spécialement été créé pour faire grandir le réseau. La croissance de celui-ci passe par la reprise collective, que nous mettons d’ailleurs de l’avant. Une vingtaine d’initiatives sont en chantier chez nous, dont environ la moitié a adopté ce modèle.»

Directeur général de la FCAQ, Michel Ferland a récemment joint le conseil d’administration du CTEQ. À la Fédération, de plus en plus de membres exprimaient des besoins liés à la relève d’entreprise. Dans ce contexte, en vue d’obtenir une expertise et certains services, l’organisation s’est tournée vers le CTEQ qui, à son tour, a trouvé chez le dirigeant de la FCAQ un bon ambassadeur pour promouvoir le modèle que représente la reprise collective. 

«Un concours de circonstances nous a réunis! J’ai constaté qu’une aide était très souvent nécessaire dans la relation avec le cédant. Le CTEQ peut agir comme facilitateur et guider la démarche, commente M. Ferland, lui-même propriétaire d’une entreprise par le passé. Je mets mon expérience à profit et j’aime à dire qu’avec la reprise collective, on fait également de l’enrichissement collectif. C’est étonnant ce qu’une communauté peut parvenir à faire!»

En mode solutions

Démographie et chiffre d’affaires à la baisse, relève inexistante ou peu intéressée: pour les épiceries des petites localités situées en région, la reprise collective figure au nombre des solutions possibles pour éviter une fermeture. Les commerces qui ne trouvent pas preneur peuvent par exemple être transformés en coopératives d’alimentation. En adéquation avec les besoins du milieu, la formule favorise un ancrage, une appropriation par les utilisateurs.  

«La pérennité de l’entreprise est beaucoup mieux assurée, car la coopé­rative appartient à la communauté. Le désir de générer des profits à tout prix ne constitue pas la motivation première; l’objectif consiste d’abord et avant tout à fournir un service de la qualité que l’on souhaite. Les surplus sont redistribués aux membres, qui élisent démocratiquement des individus pour administrer l’organisation de manière stratégique», fait valoir le gestionnaire.        

La cas de Saint-Sylvère

Dans la région du Centre-du-Québec, la population de Saint-Sylvère, qui compte un peu moins de 800 résidents, s’est lancée dans un processus de reprise collective. L’an dernier, les propriétaires de l’épicerie-quincaillerie avaient annoncé leur retraite prochaine. La mobilisation des citoyens a permis d’amasser les 60 000$ en parts sociales requises pour déployer le projet de rachat du commerce par la Coopérative de solidarité de Saint-Sylvère.

L’initiative a été appuyée par la Municipalité et financée en bonne partie par Investissement Québec et le Réseau d’investissement social du Québec. Pour mener l’opération à bon port – et dans un délai rela­ti­vement court –, le comité qui l’a chapeautée a pu bénéficier de l’accom­pagnement offert par des spécialistes en développement coopératif et en alimentation issus de la FCAQ et de la Coopérative de développement régional du Québec. 

SECRETS DE RÉUSSITE 

Les défis 
Dans la création d’une coopérative, on accompagne, mais on ne peut pas porter le projet à la place du comité provisoire. Aussi, la vente au détail est particulièrement affectée par la pénurie de main-d’œuvre qui sévit. Il n’en est toutefois pas assez question.   

Les bonnes pratiques
Dès le départ dans un processus de reprise collective, il importe d’exploiter l’écosystème à son maximum et de ne pas avoir peur de se lancer, car le soutien est là. Les élus doivent être mis à contribution; rendu à l’étape du financement, ça compte ! 

Un conseil
Il ne faut pas hésiter à se montrer proactif et aller au-devant d’un propriétaire pour voir quelle est sa relève, s’enquérir de sa situation. La reprise collective n’est souvent pas une solution envisagée et beaucoup d’éducation reste à faire concernant ce modèle. 

Entrevue et rédaction : Johanne Martin


À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

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