Semaine québécoise de la déficience intellectuelle 2019

À fond pour la cause

Dès l’école de théâtre, Vincent-Guillaume Otis savait qu’il viendrait un jour où la scène lui permettrait de mieux faire connaître la déficience intellectuelle. Jean-Sébastien, son frère cadet, présente une déficience que l’acteur a dû apprivoiser au cours de sa vie. « Je veux redonner à la communauté ce que mon frère m’a donné », explique-t-il : « Cette ouverture d’esprit, ce sens des responsabilités qui nous incombe dès l’enfance, cette acceptation de l’autre tel qu’il ou elle est, c’est à lui que je le dois. »

Et ce n’est pas le travail de sensibilisation qui manque. Il a été profondément déçu de l’attitude d’un groupe de jeunes étudiants qui ont pris à partie une actrice lors d’une pièce de théâtre à Montréal. « Rire de l’autre, le haïr ou le craindre, tout ça arrive quand on connaît mal l’autre. Le mépris et la violence sont encore très présents en 2019; ça prend 5 minutes pour défaire 10 ans de travail d’inclusion. Il faut vider l’abcès », dit-il en ajoutant toutefois que beaucoup de progrès a été réalisé ces dernières années.

Vincent-Guillaume 
Otis et Gabrielle Marion-Rivard

Faire tomber les murs

Co-porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, Gabrielle Marion-Rivard est bien placée pour en parler, présentant elle-même une déficience intellectuelle. Ce qui ne l’a pas empêché de livrer une performance inoubliable dans le film Gabrielle en 2014, où elle tenait le rôle-titre. « Je pense que j’ai ouvert le chemin pour d’autres personnes comme moi qui n’auraient pas osé avant », avoue-t-elle. « Maintenant, on m’offre d’autres rôles, des gens s’intéressent à moi et à la déficience intellectuelle. Ma condition fait partie de ma vie, de mon cheminement! »

Si Gabrielle dit faire ce qu’elle a toujours voulu faire dans la vie, elle reconnaît qu’il reste un important travail d’inclusion à faire. « Je pense que des organismes doivent être partenaire des écoles pour sensibiliser les jeunes au fait qu’une personne qui présente une déficience est souvent capable de travailler et d’interagir. Il faut une plus grande ouverture d’esprit », estime la jeune femme qui se produit présentement dans la pièce Cendres au Théâtre Prospero.