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André Tourigny était à une victoire de réaliser son rêve et de mener Équipe Canada junior à la médaille d’or, mais son équipe s’est butée à un gardien en pleine possession de ses moyens.
André Tourigny était à une victoire de réaliser son rêve et de mener Équipe Canada junior à la médaille d’or, mais son équipe s’est butée à un gardien en pleine possession de ses moyens.

Tourigny toujours inconsolable

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Moins de 24 heures après avoir vu la médaille d’or lui glisser entre les mains au Championnat mondial d’Edmonton, l’entraîneur-chef d’Équipe Canada était toujours aussi dévasté.

Toujours volubile, articulé et authentique dans la victoire comme dans la défaite, André Tourigny a donné de rares courtes entrevues à la télévision mardi soir. Son chagrin et sa déception étaient palpables après le revers de 2-0 contre les Américains. Lorsqu’il s’est entretenu avec Le Droit pendant un transfert à l’aéroport de Toronto mercredi soir, il n’avait pas encore retrouvé son entrain.

Cette médaille d’or, c’était son rêve. Il était accessible. Équipe Canada junior (ÉCJ) avait gagné ses six premiers matches du tournoi par un score combiné de 41-4. En finale, les Canadiens se sont butés à un gardien à la fois étincelant, à la fois chanceux. Les Américains ont profité d’une séquence d’une douzaine de minutes où ils se sont imposés pour prendre une avance de 2-0. Malgré l’insistance du Canada, qui a eu l’avantage 15-1 dans les tirs dans le troisième tiers, personne n’a pu passer une rondelle derrière Spencer Knight.

André Tourigny a repassé le match dans sa tête des centaines de fois déjà.

«Le plus dur, c’est de savoir que nous avons fourni l’effort nécessaire pour gagner. Les gens parlent de la séquence de 12 minutes où les Américains nous ont dominés en première période et au début de la deuxième période, mais nous avons dominé les Américains pas mal plus que pendant 12 minutes. À partir de la moitié de la deuxième période, nous avons presque toujours été dans leur zone. Ils ont tiré une seule fois sur notre filet en troisième période.»

André Tourigny regrette que la belle prestation de son équipe pendant le tournoi ne se soit pas traduite par une médaille d’or. En finale, pendant une courte période, sa troupe a été figée pour la première fois du tournoi en voyant les Américains exceller dans leur propre style de jeu. Quand ils se sont ressaisis, il était déjà trop tard.

«Je demeure frustré par le résultat. Nous nous sommes éloignés de notre plan de match en n’étant pas été assez agressifs en échec avant pendant un bout. Nous avons permis aux Américains de réaliser quelques jeux. Nous avons bien rebondi. Je suis fier des gars. Ils se sont comportés de manière exemplaire devant l’adversité (confinements, blessures), en respectant leurs coéquipiers et nos adversaires. Ils sont des exemples à suivre et ça me brise le coeur de finir comme ça.»

André Tourigny a déjà vécu plusieurs expériences dans le programme d’excellence de Hockey Canada. Il n’avait jamais encore vu un groupe aussi soudé.

«Nous avons eu un plaisir immense pendant ces 53 jours dans la bulle. Nous avions un personnel en or. Les joueurs ont fait exactement ce que nous demandions à tout coup. Quand j’ai donné mes entrevues une heure après la défaite hier, il y avait encore huit gars en uniforme complet dans le vestiaire. Ils pleuraient. C’était vraiment des frères. Ils étaient liés émotivement.»


« Je suis fier des gars. Ils se sont comportés de manière exemplaire devant l’adversité en respectant leurs coéquipiers et nos adversaires. Ils sont des exemples à suivre et ça me brise le coeur de finir comme ça. »
André Tourigny

Haute pression

Depuis des mois, André Tourigny s’est donné corps et âme pour diriger cette équipe dans un contexte d’incertitude en raison de la pandémie. Il n’a jamais compté les heures. À la fin du tournoi, son club a compilé un dossier de six victoires et une défaite. La même que les Américains. Sauf que ceux-ci ont gardé leur meilleur match pour la fin.

Chaque année, les attentes envers ÉCJ sont démesurées, mais c’est ce qui en fait sa force. Les attentes viennent avec une pression, mais Tourigny dit avoir savouré chaque moment du tournoi.

«Même s’il n’y avait pas de spectateurs, on sentait que nos matches étaient épiés, puis analysés avec une loupe. Il n’y avait pas d’autre hockey à voir. Je n’ai pas vécu beaucoup d’anxiété. Nous étions prêts. J’ai été plus nerveux pour le match des quarts de finale contre les Tchèques que pour la demi-finale contre les Russes ou la finale. En quarts de finale, tu as tant à perdre. Tout le monde s’attend à une victoire et il faut absolument passer à la ronde des médailles.»

Un autre essai l’an prochain?

La médaille d’or était à sa portée. André Tourigny n’a pas réussi à son premier essai à la barre d’ÉCJ. Dominique Ducharme non plus. Il a eu besoin d’une deuxième chance. Voudra-t-il s’essayer à nouveau comme l’entraîneur-adjoint du Canadien de Montréal?

«Ce n’est pas une question pour aujourd’hui. On va voir. J’aime mieux ne pas y penser. D’ailleurs, personne ne me l’a encore demandé», a-t-il indiqué, visiblement drainé par ses 53 derniers jours dans la bulle de l’Alberta.

D’ailleurs, avant son dernier vol vers Ottawa, il avait hâte d’évacuer le hockey de son esprit.

«Je n’ai qu’une chose en tête. Voir mes enfants. Retrouvez ma famille. Ça et peut-être un café Tim Horton’s! Dans la bulle, nous ne pouvions pas sortir...»