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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Luc Tardif a fraternisé avec Guillaume Labonté et Jonathan Deschamps lors du Mondial junior.
Luc Tardif a fraternisé avec Guillaume Labonté et Jonathan Deschamps lors du Mondial junior.

Une ouverture pour de plus petits marchés?

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La bulle qui a permis au championnat du monde junior d’être présenté aux Fêtes à Edmonton peut faire rêver de plus petits marchés de tenir cet événement grandiose.

La bulle qui a permis au championnat du monde junior d’être présenté aux Fêtes à Edmonton peut faire rêver de plus petits marchés de tenir cet événement grandiose.

En Europe, ce ne sont pas toujours des arénas de 20 000 sièges qui accueillent le tournoi.

Au Canada, c’est rendu la norme depuis un bon bout. Hockey Canada est en mesure de remplir les plus gros amphithéâtres au pays, et donc d’extraire le maximum d’argent possible de l’aventure. Dur de s’en priver.

À moins d’avoir une autre façon de générer des profits.

La pandémie a justement obligé Hockey Canada à réinventer sa formule. Pas de billets à vendre cette fois, et un protocole sanitaire qui a engendré des coûts de 11 millions, il fallait être créatif. Il y a donc eu, de concert avec le gouvernement provincial de l’Alberta, création d’un moitié-moitié exceptionnel qui aura généré des recettes… de 9 millions!

«Ils ont découvert un beau concept, je pense, qui pourra être utilisé à nouveau dans le futur», sourit Luc Tardif, qui a présidé le tournoi.

Trifluvien d’origine, celui qui est établi en France depuis 1975 et qui préside la Fédération française de hockey sur glace depuis plus d’une décennie n’était pas au courant que les Cataractes de Shawinigan souhaitent profiter de l’arrivée d’une équipe de la ECHL dans sa ville natale – et donc d’un colisée flambant neuf – pour attirer de gros événements en Mauricie.

«J’ai vu le Centre Gervais Auto, c’est très bien. J’ai hâte de voir le nouveau colisée à Trois-Rivières. Techniquement, la région est un peu petite pour un truc aussi énorme que le championnat du monde junior. Mais en s’entendant avec le gouvernement pour reprendre la formule du moitié-moitié, ce n’est pas impossible. Et si c’est vrai pour la Mauricie, c’est vrai pour d’autres zones au Canada…»

Expérience unique

Quand Tardif a accepté de prendre en main le tournoi à Edmonton, il était loin de se douter des défis à relever. Il a l’habitude de ce genre d’événements. C’est gros, c’est intense, mais c’est du déjà-vu pour lui. La COVID lui a joué tout un tour! «On me demande souvent d’être chairman au Canada, pour moi c’est l’occasion de revoir ma famille, mes amis. Mais pas cette fois! C’était très strict comme protocole. Pour moi, l’isolement a commencé le 6 décembre à Zurich et je viens à peine de revenir en France!», lance-t-il.

Environ 600 personnes étaient dans cette bulle. Plus de 15 000 tests ont été réalisés durant l’événement. Il y a eu 12 cas positifs dont 10 chez les Allemands mais somme toute, le tournoi a pu se tenir tel que prévu.

«La LNH était passée avant nous, ça nous a aidés à préparer notre environnement. C’était très contraignant, mais c’était le prix à payer pour avoir un tournoi. Bon, il y a eu cet épisode chez les Allemands et le début de tournoi a été difficile pour eux mais par la suite, ce fut une sacré belle histoire. Ils ont chauffé les Russes dans la ronde des médailles, quand même! On avait différents plans préparés en cas de pépins. Une formule alternative à neuf équipes, ou même à huit. Nous sommes bien contents de ne pas avoir eu à s’en servir!»

Selon Tardif, le succès du championnat du monde junior devrait permettre au Mondial féminin, programmé au printemps à Halifax, de se tenir comme prévu. «Le gouvernement fédéral a été rassuré par notre façon de gérer le tournoi. À moins d’un revirement, on pourra aller de l’avant à Halifax.»

L’histoire retiendra que ce sont les Américains qui ont gagné l’édition 2020-21. Le scénario aurait pu s’écrire d’une tout autre façon si l’équipe d’André Tourigny avait pu profiter de l’appui de la foule. «J’ai été surpris par l’intensité du tournoi. Les joueurs se sont habitués rapidement aux gradins vides, je pense que ça jouait au maximum. Ceci étant dit, chez les juniors, une foule partisane peut certainement aider l’équipe locale. Surtout en finale», glisse-t-il.

Tardif n’a pas eu la chance de fraterniser avec Tourigny. Par contre, il s’est fait un devoir d’aller jaser avec Guillaume Labonté et Jonathan Deschamps, deux arbitres natifs de la même région que lui.

«Habituellement, les arbitres arrivent de partout sur la planète pour le tournoi. Cette fois, en raison de la COVID, on a utilisé seulement des officiels du pays hôte et l’expérience a été concluante. Dans ce genre de tournoi, l’arbitrage est un sujet quasi quotidien à nos réunions, il y a toujours un pays qui se plaint! Cette fois, nous n’avons reçu aucune plainte. Il faut féliciter les officiels retenus! Jonathan (Deschamps) a été choisi pour la finale, c’est excellent. On m’a glissé à l’oreille durant le tournoi qu’il aurait très bientôt sa chance dans la LNH… Un autre ancien Patriotes (UQTR) qui a du succès!»