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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Gabriel Sylvestre
Gabriel Sylvestre

ECHL: plus talentueuse que les rangs universitaires, plus sérieuse que la LNAH

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CHRONIQUE — C’est réglé, le Québec va découvrir un nouveau calibre de jeu la saison prochaine, avec l’arrivée de la ECHL à Trois-Rivières.

À quoi faut-il s’attendre?

Le propriétaire, Dean MacDonald, est très enthousiaste quand il parle de cette ligue, qui sert de base à la pyramide professionnelle menant à la LNH. À son avis, elle n’est pas très loin de la Ligue américaine. Ça semble un peu gros comme affirmation.

Après tout, cette ligue traîne depuis des années une réputation un peu folklorique. Ses détracteurs jugent que son calibre est un mélange de LNAH et des rangs universitaires. Que la différence sera avant tout cosmétique, avec la grosse machine du Canadien et le nouveau colisée pour l’appuyer.

J’ai tendance à pencher de ce côté mais pour me faire une tête, j’ai décidé de passer un coup de fil à deux anciens Cataractes, qui sont en mesure de trancher.

J’ai côtoyé Gabriel Sylvestre durant quatre ans, entre 2014 et 2018. C’était un vrai guerrier sur la glace. Et une fois rendu dans les corridors, il livrait pas mal le fond de sa pensée, ce qui est plutôt rare chez les hockeyeurs, élevés à répéter des clichés pour éviter toute controverse.

En 2019, Sylvestre a amorcé la saison avec les Mariners du Maine, l’organisation chapeautée par Daniel Brière, dans la ECHL. Ce fut bref comme séjour. Peu utilisé, il est rentré au Québec pour joindre les rangs des Patriotes de l’UQTR. Il est quand même bien placé pour comparer.

«La ECHL, c’est une coche au-dessus des rangs universitaires», lance Sylvestre. «Il y a plus de talent pur dans la ECHL. Les gars font des choses avec la rondelle qu’on ne voit pas dans le réseau universitaire. Tu en vois qui sont très doués, c’est clair qu’ils ne sont que de passage.»

Il a été surpris par l’engouement généré par la ligue. «Au Maine, lors des fins de semaine, il y avait entre 5000 et 6000 personnes à l’aréna. J’ai vu la même chose dans d’autres marchés. À Trois-Rivières, je ne me risquerai pas à prédire l’assistance mais je pense que ça va fonctionner. En Mauricie, les gens sont derrière les Cataractes, derrière les Aigles. Je pense que les fans sont contents de voir une autre équipe arriver. Il va y avoir de l’engouement à mon avis.»

Le seul bémol émis par Sylvestre, c’est sur les opérations quotidiennes de l’équipe. L’esprit de corps n’est pas le même. «Dans le junior, dans les rangs universitaires, c’est une famille. Dans la ECHL, c’est beaucoup plus individuel comme approche. Ça se voit aussi sur la glace. Les gars font tout ce qu’ils peuvent pour tenter de monter… Ceci dit, je pense que les joueurs du Québec doivent se réjouir de la création de cette équipe. C’est une porte de plus pour entrer chez les pros.»

Voilà pour la comparaison ECHL – rangs universitaires.

Pour la LNAH, je me suis tourné vers Charles-Olivier Roussel, un autre intervenant de grande qualité quand il a joué pour les Cataractes, de 2007 à 2009. Roussel a joué trois saisons dans la ECHL. Il a touché à la Ligue américaine, il a joué en France et en Slovaquie, et il a terminé son parcours dans la LNAH entre 2016 et 2019. Il a été recruté par la firme Momentum et il fait actuellement ses premiers pas comme agent…

«Point de vue talent, la LNAH en a peut-être un peu plus. Il y a des gars qui ont touché à la LNH. Par contre, le calibre de jeu est certainement plus élevé dans la ECHL, car les gars pratiquent à tous les jours. La forme physique des joueurs est différente, l’exécution sur la glace aussi. C’est un très bon calibre de jeu, la ECHL»

Les joueurs qui s’y retrouvent sont divisés en deux clans. Ceux qui ont des chances de graduer, et les autres qui ont droit à un salaire pour les entourer. Disons que l’engagement n’est pas du même niveau.

Au sein de la ligue, il y a plusieurs marchés de qualité à son avis. «Ma première équipe était basée à Cincinnati, l’organisation était solide. Ce n’est pas la seule comme ça, la ligue s’est beaucoup améliorée. Comme joueur, quand tu arrives, tu constates qu’il y a deux groupes. L’un est plus sérieux, plus affamé. À toi de choisir ton clan…»

Voilà ce qui vous attend l’automne prochain.

Serez-vous au rendez-vous?