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Mikaël Martel est resté longtemps seul au banc des Olympiques de Gatineau après l’élimination de son équipe lundi soir à Shawinigan.
Mikaël Martel est resté longtemps seul au banc des Olympiques de Gatineau après l’élimination de son équipe lundi soir à Shawinigan.

Martel a laissé ses tripes sur la patinoire

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Envahi d’une grande tristesse, Mikaël Martel n’était pas pressé de rentrer au vestiaire après avoir réalisé que sa saison venait de se terminer lundi soir à Shawinigan.

Le choc de l’élimination a été dur à encaisser. Le Gatinois de 19 ans a préféré rester au banc des siens pour réfléchir seul. Quelques minutes plus tôt, sous le feu des projecteurs, il venait de vivre un moment grisant en préparant le but de Samuel Savoie qui permettait réellement aux Gatinois de croire en leurs chances de remontée. Il était convaincu que son club parviendrait à revenir dans le match.

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« Nous avons tout donné. C’est venu tellement proche. Il ne manquait pas grand-chose. »
Mikaël Martel

«C’était incroyablement triste de s’arrêter si près du but, mais ce sentiment fait partie du hockey. En gagnant le premier match de la série, je ne m’attendais vraiment pas à ce que nous perdions trois matches de suite. C’est dur à digérer.»

Avant que les lumières s’éteignent, ce futur policier a aussi pensé à son âge. L’ancien de l’Intrépide de Gatineau est arrivé dans la LHJMQ sur le tard à 18 ans. En 95 matches, il a récolté 17 points. Son utilité vient surtout de son style de jeu physique. Ses coups d’épaule et sa fougue sont grandement appréciés de ses entraîneurs et de ses coéquipiers, mais on ne compte pas nécessairement sur lui pour marquer le gros but dans un match important.

«J’étais bien conscient de mon âge. Je suis loin d’être assuré d’avoir une place pour jouer dans cette ligue l’année prochaine à 20 ans. Je savais qu’il s’agissait peut-être de mon dernier match. Je ne veux pas m’arrêter. Je veux revenir. Ce serait formidable avec les Olympiques, le club de chez nous. Nous avions un groupe soudé comme j’ai rarement vu. Ça rend l’élimination plus dure. Je vais me concentrer sur les choses sur lesquelles je dois travailler cet été. Je veux me donner le plus de chances possibles de continuer. Je ne demande que d’avoir une chance au prochain camp d’entraînement.»

Jouer en dépit des blessures
Quand il jouait avec l’Intrépide midget AAA, celui que l’on surnomme «le marteau» était un préféré de l’entraîneur-chef Martin Lafleur. «C’est un vrai», disait-il. Louis Robitaille s’en est rendu compte lui aussi. Martel a composé avec différentes blessures toute la saison. Il souffre notamment d’une hernie dans une épaule. Chaque mise en échec faisait mal, mais il le faisait sans relâche. Il a joué en dépit d’une fracture de la main et d’un ligament à un pouce déchiré. Il a joué avec une attelle à l’épaule pendant toute la deuxième moitié de saison, mais ce n’était pas ce qui allait l’arrêter.

«Je voulais tout donner ce que j’avais. J’avais mal partout, mais pas assez pour m’empêcher de jouer mon rôle. Je devais jouer en fonction de l’année prochaine aussi.»

Comme la majorité de ses coéquipiers, Martel a été ralenti par la COVID-19. Le club n’a jamais voulu s’en servir comme excuse, mais quand on lui demande de parler des effets du virus sur son rendement, il admet qu’il cherchait son souffle.

«On s’en parlait entre nous. Nous avions réalisé que nous avions moins d’énergie par bouts. Nous nous sentions amorphes. De mon côté, j’avais besoin de sucre parce que j’avais le sentiment que j’allais tomber des fois. Nous ne saurons jamais ce qui serait arrivé si nous avions pu jouer sans attraper le virus.»

Martel souligne que l’adrénaline générée par le début des séries a transporté son club dans le premier match. Le deuxième match a été plus difficile. «Nous avons bien essayé par la suite, mais il nous a manqué un peu de chance.»

Chose certaine, Martel aura joué son rôle d’agitateur jusqu’au bout. Il a été vocal en narguant ses adversaires chaque fois que l’occasion se présentait.

«Je n’étais pas là pour niaiser. Je voulais aller le plus loin possible. Je suis extrêmement compétitif. C’est pire en séries. Je voulais tout faire pour déranger l’adversaire et motiver nos joueurs. Je pense que les gars ont apprécié même si ça n’a pas fonctionné comme je l’aurais voulu...»