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La famille de Jakob Pelletier est très fière de lui. Ci-dessus: son frère Charles Antoine, son père Mario, sa mère Nancy Latulippe et son autre frère Thomas.
La famille de Jakob Pelletier est très fière de lui. Ci-dessus: son frère Charles Antoine, son père Mario, sa mère Nancy Latulippe et son autre frère Thomas.

Mondial junior: la famille Pelletier bien fière de Jakob

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
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Fierté, voilà le mot qui résume bien les sentiments qui habitent Mario Pelletier et Nancy Latulippe à propos de leur fils Jakob, dont la qualité du jeu a été largement remarquée au Championnat mondial de hockey junior et qui leur vaut de nombreux éloges.

Mais au-delà du joueur qu’il devient, c’est d’abord le jeune homme qu’il est qui plaît aux parents du numéro 12 de l’équipe canadienne ayant obtenu la médaille d’argent, tard mardi soir, à Edmonton, en raison d’une défaite de 2-0 contre les États-Unis.

«Nous étions déjà fiers de l’homme qu’il est, mais ce qui nous rend encore le plus heureux, c’est de voir la complicité entre nos trois fils», lance Mario Pelletier, d’entrée de jeu en pensant aussi à Charles-Antoine et Thomas.

La nuit avait été courte pour lui. Après le match pour la médaille d’or, il avait réussi à fermer l’œil à 2h30 du matin pour se lever à 4h15, boulot oblige. Il multipliait aussi les entrevues, comme c’est le cas depuis quelque temps.

«Je pense en avoir donné huit depuis deux semaines, je suis à la veille de me trouver un agent», disait-il à la blague.

Le paternel avait envoyé un message texte à Jakob après le match pour lui dire qu’il était fier de lui, que Jakob lui-même pouvait être fier de lui et que tout le monde à Québec l’était également. Sa mère lui en a aussi transmis un.

«Jakob n’est pas le genre à se confier tout de suite à ses parents, j’imagine qu’il l’a d’abord fait avec l’un de ses frères et sa copine. Nous, ça viendra dans quelques semaines, lorsqu’il sera prêt à le faire. Et c’est bien correct, il a toujours été discret dans ces moments-là, il a toujours été très humble face à ses succès», expliquait le père de la famille du quartier Neufchâtel, à Québec, en début de journée.

En après-midi, Jakob a écrit à ceux qui le suivent sur le réseau social Twitter. «Que dire de plus? Ce n’est pas la fin qu’on voulait, pas le résultat qu’on espérait. Triste, mais en même temps je suis vraiment fier de ce groupe. Ce fut un plaisir de jouer pour notre pays. Merci Canada pour votre soutien, je suis fier d’être un Canadien», pouvait-on y lire.

Un père ému

Son père admettait avoir été ému en voyant son fils, la casquette vissée sur la tête jusqu’aux lèvres, livrer ses commentaires, la larme à l’œil à l’écran du Réseau des Sports, après le match.

«On a trouvé cela difficile de ne pas être là, de ne pas pouvoir le prendre dans nos bras. Jakob, ça reste notre bébé et le premier de nos enfants à partir de la maison», rappelait-il.

Après avoir vu plusieurs photos de TSN montrant Jakob enlacer ses coéquipiers alors que les États-Unis célébraient leur conquête, Mario Pelletier a bien reconnu son fils.

«Il a encore fait quelque chose d’extraordinaire, il nous surprend toutes les fois. Il a le tempérament calme de sa mère, tandis que moi, je suis plus bouillant. Jakob est comme ça depuis qu’il est jeune. À trois ans, à la garderie, il fallait toujours qu’il bouge. On mettait le bouton à on le matin et à off, le soir, mais c’était toujours d’une manière positive avec lui. Je me souviens qu’il avait reçu un trophée pour souligner un 100e but dans le Novice et il était fâché contre nous. Il avait demandé pourquoi on avait fait ça??? Jakob n’a jamais pris le crédit pour ce qu’il a fait et c’est encore comme ça. Au repêchage de la LHJMQ, il avait remercié ses coéquipiers du Blizzard [du Séminaire Saint-François], il disait que c’était grâce à eux s’il avait été repêché.»

Il l’avait été après Alexis Lafrenière (Rimouski) et Samuel Poulin (Sherbrooke) dans ce qui fut l’un des meilleurs top-3 de l’histoire de la LHJMQ en 2017. Les familles Pelletier et Lafrenière ont d’ailleurs développé un fort lien d’amitié au fil des ans.

«Alexis participe à son premier camp de la LNH, mais il a pris le temps de souligner le leadership de son ami sur son compte Twitter. Le père d’Alexis m’a aussi texté, ça nous touche beaucoup ce qu’on reçoit depuis quelques semaines. Ça vient de partout, de Moncton, de Val-d’Or, on en a la chair de poule. Ma sœur habite à Montréal, et lorsque ses collègues de bureau ont su qu’elle était la tante de Jakob, tout le monde lui en parlait tous les jours.»

Si leur fils les rend fiers, le joueur qu’il devient ne cesse de les impressionner.

«On sait qu’il peut lever son jeu d’un cran et pendant le Championnat du monde, ç’a paru encore plus. On l’a vu jouer souvent, ma femme et moi, mais on n’en revenait pas. Il travaillait fort, il frappait, il créait des revirements. Le coach l’a dit, il faisait tout bien.»

Au camp des Flames

Choix de première ronde (26e) des Flames de Calgary en 2019, Jakob Pelletier participera à son deuxième camp d’entraînement avec l’équipe de la LNH. Il transférait d’Edmonton à Calgary, mercredi, où un confinement de 48 heures l’attendait avant de retourner sur la patinoire.

«Il va pouvoir se reposer un peu. Ça fait quatre ans qu’on vit sur un nuage, depuis le repêchage de la LHJMQ [en 2017], ses deux saisons à Moncton, le repêchage de la LNH, ses premiers tournois internationaux, le Mondial jr, et là, sa participation au camp des Flames. Des fois, le père lui dirait de prendre son temps, mais lui, il veut jouer tout de suite dans la LNH. C’est vraiment spécial ce qu’on vit, je me pince chaque fois, et ce n’est que du positif. Oui, le Canada a perdu en finale, mais ils sont quand même deuxièmes au monde, ce n’est pas rien.»

Après avoir passé à travers la garantie de sa voiture neuve en l’espace de six mois en raison de ses nombreux voyages lorsque Jakob jouait à Moncton, il regrettait de ne pas pouvoir voir son fils en personne, cette saison. Il avait prévu quelques tournées en Abitibi avec un ami de Québec dont le fils évolue avec les Huskies de Rouyn-Noranda, histoire de vivre l’ambiance du hockey junior à Val-d’Or, mais la pandémie a changé les plans. Même chose pour l’impossibilité de passer les fêtes dans l’Ouest canadien afin d’assister au Mondial junior.

Mario Pelletier et Nancy Latulippe sont touchés par les commentaires qu’ils reçoivent. Plusieurs les félicitent pour leurs sacrifices au fil des ans.

«Aller reconduire son fils à l’aréna à 6h, le samedi matin, et prendre un petit café Bailey’s avec les autres parents, ce n’est pas ce que j’appelle un sacrifice…», dit Mario Pelletier en riant.