Marc-Olivier Racine-Roy pose fièrement avec la rondelle de son premier but dans la LHJMQ.
Marc-Olivier Racine-Roy pose fièrement avec la rondelle de son premier but dans la LHJMQ.

La persévérance de Racine-Roy récompensée

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Son premier but dans la LHJMQ, Marc-Olivier Racine-Roy n’y croyait plus.

L’ancien capitaine de l’Intrépide de Gatineau est quand même reconnu pour sa ténacité et sa persévérance. Ces qualités lui auront permis de réaliser un rêve dimanche dernier quand il a compté le premier but d’une victoire des Foreurs de Val-d’Or contre l’Océanic de Rimouski.

Vétéran de deux saisons avec l’Intrépide, il n’a jamais été repêché dans la LHJMQ. Il a toutefois participé à deux camps de sélection des Eagles du Cap-Breton, mais ceux-ci l’ont libéré aux Fêtes l’an dernier. À 18 ans, il est devenu membre des Griffons du Cégep de l’Outaouais. Il avait fait une croix sur le circuit Courteau, surtout que son équipe n’avait pas encore joué un match et qu’il n’avait pas patiné depuis deux mois.

Au moment où il n’attendait plus rien, l’espoir est réapparu et son destin a basculé soudainement.

Lundi de la semaine dernière, les Foreurs manquaient d’attaquants pour disputer une série de trois matches contre l’Océanic. L’entraîneur-chef Daniel Renaud avait peu d’options. Après avoir épuisé les règles sur le rappel des joueurs en pleine pandémie, il se trouvait dans l’obligation de faire appel à un joueur qui n’était pas sur les listes de protection des clubs de la LHJMQ.

En désespoir de cause, il a fait un appel à son ami Maxime Ménard à Gatineau. Celui-ci s’adonne à être l’entraîneur-chef des Griffons. Il voulait une recommandation.

«Ça me prenait un joueur qui pouvait rentrer dans l’alignement, prêt à jouer sans vraiment avoir la chance de s’entraîner avec nous et qui ne nous mettrait pas dans le pétrin sur la patinoire. Maxime m’a aussitôt suggéré Racine-Roy.»


« J’avais prévu l’utiliser avec parcimonie. Finalement, il n’a pas raté une seule présence sur la patinoire dans sa série de trois matches. »
Daniel Renaud, entraîneur-chef des Foreurs de Val d'Or

Rapidement, Racine-Roy a dû se soumettre à un test de dépistage de la COVID-19, le dernier obstacle à contourner pour afin avoir la chance de patiner dans la LHJMQ. Il a roulé vers Val-d’Or où il s’est enfermé dans une chambre d’hôtel en attendant son résultat. Il s’est entraîné seul une journée, puis avec un gardien le lendemain. Finalement, le résultat d’un deuxième test effectué à Val-d’Or est revenu plus vite que son test passé en Outaouais. Il était négatif. Sans même s’entraîner avec les Foreurs, Racine-Roy a été envoyé dans la mêlée.

Valeur inestimable
Ce que Daniel Renaud a vu a été renversant.

«Il n’y a pas valeur à ce que j’ai vu en fin de semaine. Tout le crédit revient à Maxime Ménard. Il m’avait envoyé le joueur parfait. Dès sa première présence, il a lancé la rondelle au fond de la patinoire et il est allé plaquer le défenseur. Il avait donné le ton au match. J’avais prévu l’utiliser avec parcimonie. Finalement, il n’a pas raté une seule présence sur la patinoire dans sa série de trois matches.»

Racine-Roy a compté le premier but des Foreurs à son troisième match avec le club. Un but important selon Daniel Renaud.

«Nous venions de gagner deux matches contre l’Océanic. En marquant dès le départ, il a semé le doute dans leur esprit.»

Le joueur affilié a été submergé de câlins par ses coéquipiers après son but.

«On dirait que tout s’est arrêté après mon but. J’étais content. C’est dur à décrire ce que j’éprouvais, mais je pense que tous les autres joueurs étaient encore plus contents que moi quand j’ai compté.»

Racine-Roy est de retour en Outaouais maintenant, mais Daniel Renaud assure qu’il n’hésitera pas à rappeler l’attaquant gatinois s’il lui manquait un joueur après les Fêtes.

Maxime Ménard, lui, n’est pas vraiment surpris de l’impression qu’a laissée son protégé auprès des Foreurs.

«C’est un joueur qui fait tout correctement sur la patinoire. Tous les coachs rêvent de diriger un joueur comme lui. Je l’aurais référé les yeux fermés.»

De son côté, Racine-Roy a maintenant la ferme conviction qu’il peut tenir son bout dans la LHJMQ.

«Je dois remercier mes entraîneurs au midget AAA et collégial. J’ai prouvé que j’étais capable de rivaliser contre les autres dans cette ligue. Je ne m’attendais plus à jouer dans la LHJMQ. Dans ma tête, j’allais me concentrer sur mes études, mais à présent que j’ai vécu l’expérience, je vais me permettre d’y rêver encore un peu. Je n’ai que 18 ans.»

BDV: Marc-Olivier Racine-Roy pose fièrement avec la rondelle de son premier but dans la LHJMQ. — Courtoisie Foreurs de Val-d’Or