Un podium vide a été laissé alors que le chef libéral Justin Trudeau a refusé l'invitation au débat.

Un premier débat des chefs sans Justin Trudeau à Toronto

TORONTO - Les trois participants au premier débat non officiel des chefs sont arrivés sur le lieu de leur affrontement politique, lundi soir.

Ils ont tous été accueillis par des partisans tenant des pancartes, scandant des slogans et lançant des cris d'encouragement à leur favori respectif. Un petit groupe de partisans de Maxime Bernier étaient également sur place pour réclamer la présence du chef du Parti populaire du Canada à ce débat.

La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a été la première à faire son apparition.

Elle a été suivie par son collègue conservateur Andrew Scheer. Celui-ci s'est arrêté devant un journaliste pour lui dire qu'il était prêt à parler du programme de son parti. Il a lancé une pointe envers le chef libéral Justin Trudeau qui a refusé de prendre part à ce débat.

M. Trudeau a refusé de participer au débat organisé par le magazine «Maclean's» et le réseau CityTV, préférant consacrer le deuxième jour de sa campagne à parcourir la Colombie-Britannique et l'Alberta, cette dernière province lui étant plutôt hostile lorsque vient le temps d'aborder l'enjeu de l'industrie des sables bitumineux.

Il a toutefois confirmé sa participation aux débats officiels organisés dans les deux langues par la Commission des débats des chefs, en plus d'un autre débat en français organisé au Québec par le réseau TVA.

«L'occasion de traverser le pays, de parler avec les Canadiens, de les écouter et de discuter de la manière dont on va construire un avenir meilleur pour tous est au coeur de ce que cette élection représente pour moi», a commenté Justin Trudeau lors d'une annonce à Victoria, jeudi matin.

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Andrew Scheer n'est pas étonné de l'absence du chef libéral en raison du retour dans l'actualité de l'affaire SNC-Lavalin, alors que selon le «Globe and Mail», la Gendarmerie royale du Canada enquêterait sur un possible cas d'entrave à la justice.

Ce ne serait toutefois pas le seul sujet qui aurait refroidi le premier ministre sortant, de l'avis de M. Scheer.

«J'ai remarqué qu'une partie du débat de ce soir va porter sur les affaires étrangères, a-t-il souligné. S'il y a un domaine où les échecs de Justin Trudeau ont été bien mis en évidence pour que les Canadiens comprennent sur le coup, ce sont les sujets liés aux affaires étrangères.»

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh a admis être déçu de l'absence du chef libéral, affirmant que les Canadiens s'attendent à ce qu'il soit là pour défendre son bilan qu'il a qualifié d'«exécrable».

En réponse à une question en français, M. Singh a fait part de sa stratégie pour la joute oratoire.

«Dans les débats, ce que je vais faire, c'est de toujours partager les histoires des gens, de monsieur et madame tout le monde. Mon travail, c'est d'être une voix pour les gens qui n'ont pas de voix.»