Les candidats du NPD Angella MacEwen (Ottawa-Nepean-Ouest), Morgan Gay (Ottawa-Sud) et Emilie Taman (Ottawa-Centre)

Système Phénix: le NPD veut rectifier le tir rapidement

Des candidats néo-démocrates d’Ottawa affirment que la patience a ses limites et que la saga du système de paie Phénix doit prendre fin une fois pour toutes, estimant que les libéraux ont « échoué » à réparer ce « désordre » durant leurs quatre années au pouvoir.

Réunis mardi à quelques mètres d’un édifice de la fonction publique fédérale au complexe Pré Tunney, Emilie Taman (Ottawa-Centre), Morgan Gay (Ottawa-Sud) et Angella MacEwen (Ottawa-Nepean-Ouest) se sont engagés à rectifier la situation si le NPD est porté au pouvoir le 21 octobre prochain, promettant une indemnisation aux milliers d’employés touchés. 

Ils ont cité quelques histoires d’horreur liées à Phénix, affirmant que plusieurs centaines de familles se débattent avec ces problèmes dans leurs circonscriptions respectives. 

« Il y a des gens à qui j’ai parlé qui, sans avertissement, alors qu’ils n’ont pas changé d’emploi ni rien fait d’autre, reçoivent soudainement 500 $ de moins par paie. Ils contactent le centre d’appels de Miramichi, ils sont sur la liste et ne savent pas quand leur problème sera réglé. Ça cause énormément de stress dans la vie de gens, ils n’osent pas profiter des possibilités de promotions. C’est inacceptable », se désole Mme MacEwen. 

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Les candidats à l’élection fédérale mettent sur la table une approche en trois étapes pour régler la situation qui perdure depuis l’implantation de Phénix à l’hiver 2016.

En premier lieu, il doit y avoir embauche de personnel pour travailler sur les arriérés et les conseillers en rémunération doivent être ramenés dans les bureaux pour des rencontres en tête-à-tête avec les fonctionnaires affectés, signalent les néo-démocrates, qui croient qu’au rythme actuel, la situation ne sera pas réglée avant cinq ou même dix ans. 

« C’est très important que les fonctionnaires aient accès à quelqu’un en personne, qui aura la capacité de les aider avec des solutions », a mentionné Mme Taman, répétant qu’un tel fiasco n’aurait jamais été toléré dans le secteur privé et qu’il ne suffit plus de dire « que l’on continue à travailler là-dessus ». 

Alors qu’une pénurie de main-d’œuvre sévit, les candidats n’ont cependant pas été en mesure de chiffrer leur engagement, par exemple en ce qui a trait aux embauches nécessaires. 

Les candidats promettent également de veiller à ce que les travailleurs touchés soient pleinement indemnisés pour leurs pertes puis de remplacer Phénix « par un système qui a fait l’objet de tests rigoureux et qui fait bien le travail ».

Absent de la campagne

Quatre semaines après l’amorce de la campagne, Mme Taman avoue que l’enjeu, malgré son importance, n’a pas été soulevé ni lors des débats ni lors des annonces des chefs de partis. 

« On trouve ça choquant, mais ce ne sont pas juste les chefs, c’est aussi qu’on ne nous pose pas la question. Je pense qu’on a fait neuf débats dans Ottawa-Centre et ça n’a jamais été demandé. [...] Je pense que c’est un peu parce que ça fait tellement longtemps que nous sommes devenus habitués. Les gens sont cyniques. [...] Si c’est nécessaire d’écrire des chèques sur papier pour que les gens soient payés, on va le faire » a-t-elle lancé. 

Dans sa plus récente mise à jour liée aux ratés du système Phénix, en date du 21 août, le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement indique qu’il y avait 414 000 mouvements prêts à être traités au Centre des services de paie. De ce nombre, 308 000 avaient des répercussions financières, dont 228 000 (74 %) dépassent la charge de travail normale.