Les électeurs sont appelés aux urnes le 21 octobre.

Quatre sujets québécois qui risquent d'embêter les partis fédéraux

OTTAWA - Les électeurs sont appelés aux urnes le 21 octobre. Au cours des prochaines semaines, les six principaux partis qui présentent des candidats au Québec débattront d'une multitude d'enjeux. Quatre de ceux-là sont spécifiques au Québec et portent en eux tous les pièges possibles pour des politiciens fédéraux.

La loi sur la laïcité

Le Bloc québécois a facilement claironné son appui total à la loi qui interdit à certains employés de l'État québécois de porter des signes religieux. L'exercice est plus nuancé et plus compliqué pour les autres partis.

Justin Trudeau est à ce point conscient du piège que tout en brandissant la Charte des droits, il a réussi jusqu'au déclenchement des élections à ne pas dire si oui ou non Ottawa devrait participer à la bataille juridique contre la loi 21. Puis, le 11 septembre, il a tenté de s'éloigner un peu plus du piège. «Pour l'instant, nous trouvons que c'est contre-productif pour un gouvernement fédéral de s'engager dans cette cause», a-t-il dit.

Andrew Scheer dit défendre les droits individuels, mais trois de ses députés, et maintenant candidats, au Québec, dont son lieutenant québécois Alain Rayes, ont appuyé publiquement la loi 21. Le 11 septembre, il a réitéré que son parti défendrait toujours les droits individuels, déclaration faite en anglais qu'il a refusé de répéter en français.

Jagmeet Singh, qui porte un turban sikh, n'est «pas d'accord» avec la loi, tout en rappelant que Québec peut faire ses propres lois. En 2015, l'appui de son prédécesseur Thomas Mulcair au droit au visage voilé lors des prestations de serment de citoyenneté avait coûté des votes au NPD.

Elizabeth May a dénoncé la loi 21, mais ses candidats au Québec ont surtout été invités à la prudence lorsque le sujet est abordé. La retenue sera difficile pour certains, comme le candidat de Notre-Dame-de-Grâce-Westmount, Robert Green, farouche opposant à cette loi.

Maxime Bernier dit que Québec peut légiférer comme bon lui semble. À l'aube de la campagne électorale, il refusait de se prononcer sur le sujet.

La déclaration d'impôts unique

Le gouvernement Legault réclame que les Québécois puissent remplir une seule déclaration de revenus, traitée par le gouvernement provincial.

Justin Trudeau a rapidement rejeté l'idée.

En campagne électorale, les demandes des provinces deviennent difficiles à contourner.

Andrew Scheer a promis qu'un gouvernement conservateur donnerait à François Legault ce qu'il demande. Ça lui vaut une campagne de publicité à Shawinigan et Jonquière, lancée par le syndicat qui représente les employés fédéraux de l'impôt, qui prédit la disparition de 4000 emplois si les conservateurs prenaient le pouvoir.

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Le chantier maritime Davie

Fin août, le gouvernement fédéral a dû modifier ses critères de sélection pour un troisième chantier maritime qui recevra les contrats de la Stratégie nationale de construction navale. Il l'a fait pour ne pas favoriser injustement Davie. La plainte venait d'un concurrent ontarien.

Ça n'a pas suffi à Heddle Marine, une société de Hamilton qui, début septembre, a convaincu le Tribunal canadien du commerce extérieur de se pencher sur le dossier.

Conservateurs et libéraux promettent depuis des années des contrats au chantier de Lévis et ceux-ci se matérialisent rarement. Un autre rendez-vous manqué aurait un coût politique.

Le nombre d'immigrants accueillis au Québec

En juin, le gouvernement caquiste dévoilait ses chiffres.

Il veut baisser le nombre d'immigrants et de réfugiés admis dans les trois prochaines années et faire passer l'immigration économique de 59 pour cent en 2020 à 65 pour cent en 2022. Ça veut dire baisser le nombre de réunifications familiales. Ça veut aussi dire s'entendre avec Ottawa parce qu'un accord fédéral-provincial régit l'immigration au Québec.

François Legault aura probablement l'oreille tendue vers le parti fédéral qui sera le plus ouvert à sa demande.