Les deux candidats dans Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin (gauche) et Pierre Lemieux (droite)

Les candidats de Glengarry-Prescott-Russell se préparent

La campagne électorale est commencée et les résidents de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell (GPR) auront l’occasion, au cours des prochaines semaines, d’être témoins de la lutte que se livreront les candidats des principales formations politiques fédérales afin de se frayer un chemin jusqu’à la Chambre des communes.

La population de GPR s’élève à près de 110 000 citoyens, dont 86 010 sont des électeurs enregistrés. 

Deux des principaux rivaux, qui brigueront un siège de député fédéral pour représenter l’Est ontarien, ont déjà croisé le fer lors du dernier scrutin. Francis Drouin menait, en 2015, sa première campagne comme candidat libéral et délogeait ainsi le député conservateur sortant, Pierre Lemieux, par près de 11 000 voix. 

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M. Drouin affirme s’être concentré davantage sur les investissements en infrastructure durant son mandat, « qui peuvent parfois faire toute la différence pour les communautés qui normalement n’ont pas les moyens ou la population pour soutenir des gros projets ». 

Au sein du gouvernement Trudeau, Francis Drouin a notamment travaillé sur le dossier de la Loi sur les langues officielles, qui aurait permis « un impact local direct sur les budgets pour les organismes qui œuvrent dans ces domaines », juge-t-il. 

En entrevue avec Le Droit, ce dernier a tenu à rappeler « qu’un an et demi passé, un certain gouvernement conservateur nous avait dit de ne pas s’inquiéter, qu’il allait financer l’Université de l’Ontario français, mais qu’il a quand même fallu faire des manifestations ». 

Son adversaire conservateur Pierre Lemieux, un ancien combattant élu sous le gouvernement de Stephen Harper entre 2006 et 2015, assure partager lui aussi les priorités des Franco-Ontariens. « Je suis un grand défenseur de la francophonie et des langues officielles. »

Soulignant qu’à l’extérieur du Québec, GPR a la plus grande proportion de francophones demeurant dans une seule circonscription au Canada, M. Lemieux affirme qu’il souhaite « prendre des mesures pour améliorer et moderniser la Loi sur les langues officielles », et que son chef Andrew Scheer s’est engagé à offrir des locaux fédéraux à l’Université de l’Ontario français. 

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Rappelons que durant son mandat, M. Lemieux s’était opposé à un projet de loi privé visant à exiger la nomination de juges bilingues à la Cour suprême du Canada. 

Un croyant affiché, M. Lemieux se dit ouvertement pro-vie, mais n’a pas l’intention de rouvrir le dossier de l’avortement, puisqu’il ne s’agit pas d’un enjeu important pour les électeurs de la région, note-t-il. « Ce que j’entends des gens est que le coût de la vie est trop haut sous les libéraux. J’aimerais cibler les enjeux qui sont importants pour les électeurs de chez nous, et ça c’est l’agriculture, la vie rurale, le coût de la vie, l’abordabilité, la taxe sur le carbone, l’intégrité et la déception sous Justin Trudeau. »

Par ailleurs, l’opposition de M. Lemieux dans le passé au mariage gai soulève des inquiétudes chez le candidat néo-démocrate, Konstantine Malakos. 

Ouvertement gai, ce dernier affirme que les convictions de M. Lemieux appartiennent à une époque ancienne. « Je le prends vraiment personnel, la haine contre ma famille à moi. Je veux l’opportunité de le regarder dans les yeux et lui demander s’il a toujours cette haine contre ma famille. Je veux lui poser cette question publiquement. »

M. Malakos affirme que sous un gouvernement néo-démocrate, les agriculteurs pourront transférer leur ferme de génération en génération plus facilement, puisque son parti prévoit éliminer l’impôt pour ce type de transfert. 

La candidate pour le Parti vert est Marthe Lépine. 

Pour le Parti populaire du Canada, celui qui se présentera aux élections est l’avocat et analyste politique Jean-Jacques Desgranges.