Le député NPD de Trois-Rivières Robert Aubin.

Le turban de Jagmeet Singh représente un «défi supplémentaire» au Québec, reconnaît le député Robert Aubin

TROIS-RIVIÈRES, Qc - Le turban porté par le chef néo-démocrate Jagmeet Singh représente «un défi supplémentaire» pour les candidats du NPD au Québec.

C’est ce qu’a candidement admis en entrevue avec La Presse canadienne le député néo-démocrate Robert Aubin, qui cherche à obtenir un troisième mandat dans la circonscription de Trois-Rivières.

Porté par la vague orange qui lui avait permis de récolter plus de 50 pour cent des voix et une majorité de près de 15 000 votes en 2011, Robert Aubin a vu sa majorité chuter à moins de 900 voix en 2015 et sait pertinemment que son siège est sévèrement menacé, lui dont la formation politique se classe cinquième dans la circonscription selon un sondage publié dans Le Nouvelliste mercredi.

Optimiste, il croit toutefois que la nouvelle publicité mettant en vedette Jagmeet Singh - avec et sans turban - contribue à ouvrir un autre regard sur son chef.

«On me parle toujours de son turban partout, mais pour la première fois, il y a quelque chose qui a connecté avec cette pub-là parce qu’elle parle d’identité de façon positive pour la première fois, alors que depuis 13 ans au Québec on se chicane sur la question identitaire», dit M. Aubin.

«Il y a quelqu’un qui vient nous dire: «je reconnais votre identité parce que j’en ai une aussi. La mienne est différente de la vôtre, mais je reconnais tout le combat que vous portez. Je ne le partage pas nécessairement, mais je comprends ce sentiment».»

Il fait également valoir que, même si la question du turban est un défi, «c’est aussi un signe distinctif. Si Andrew Scheer passe sur la rue, il n’y a pas grand monde qui va le reconnaître, mais quand Jagmeet Singh se promène sur la rue à Trois-Rivières, tout le monde va vers lui parce que tout le monde le reconnaît. Je ne dis pas qu’ils vont voter pour lui; je vous dis qu’ils veulent connaître l’homme et, quand ils le découvrent, le discours change.»

Tout en revenant constamment sur l’idée du «défi supplémentaire» pour les candidats néo-démocrates québécois, Robert Aubin estime néanmoins qu’il croise de plus en plus de gens qui «sont intéressés particulièrement par ce qu’il y a en-dessous du turban, c’est-à-dire les idées qu’il a en tête et non pas par ce qu’il a sur la tête».

En bout de piste, toutefois, il reconnaît avec lucidité que «ceux qui restent fermés juste à l’image, évidemment, ce sont des gens qu’on risque peu de convaincre».