Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a l’intention de créer une unité spéciale au sein de la Gendarmerie royale du Canada qui serait dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il veut aussi mettre en place un registre national qui permettrait de mieux traquer les spéculateurs immobiliers.

Le climat s’invite dans la campagne électorale

OTTAWA — À deux jours d’une grève pour le climat qui mobilisera des milliers de manifestants vendredi, les leaders fédéraux tapaient encore sur le clou des changements climatiques, mercredi.

Libéraux et conservateurs se sont engagés dans une surenchère pour rénover les maisons dans un but écologique. Les verts ont mis sur table tous leurs chiffres et les néo-démocrates ont promis un vaste plan de création d’emplois verts.

En parallèle, les conservateurs ont joué la carte nationaliste au Québec, alors que le NPD a livré son plan pour la Colombie-Britannique et que le Bloc québécois attirait l’attention sur la querelle avec la Chine qui nuit aux producteurs de porc et de soya québécois.

Surenchère

Justin Trudeau s’est engagé, s’il est réélu, à mettre sur pied une assurance nationale contre les inondations et à modifier les règles de l’assurance-emploi afin de donner rapidement des prestations aux travailleurs victimes d’une catastrophe naturelle.

Il s’est servi de ces plus récentes promesses pour attaquer son rival conservateur.

«On va être là pour aider les gens parce qu’on reconnaît que les changements climatiques sont une réalité et affectent et affecteront de plus en plus les familles. Les conservateurs ne comprennent pas ça. Et c’est ça le choix que les Canadiens doivent faire dans cette élection. Est-ce qu’on continue d’agir contre les changements climatiques ou on fait comme les conservateurs veulent, on ne fait absolument rien?» a-t-il lancé.

De passage en Colombie-Britannique, M. Trudeau a également promis un prêt sans intérêt pouvant aller jusqu’à 40 000 $ pour des rénovations rendant une maison plus écoénergétique.

À des milliers de kilomètres de là, à Jonquière, Andrew Scheer aussi voulait faciliter ce genre de rénovations.

Il a promis un crédit d’impôt de 20 %, plafonné à 3800 $, pour des dépenses de rénovation domiciliaire qui réduisent les factures de chauffage et de climatisation. Il calcule que cette mesure conduirait à la réduction de 9 mégatonnes d’émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES).

Le Parti conservateur continue de promettre d’abolir la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement Trudeau aux provinces qui n’ont pas de plan pour réduire leurs émissions de GES. Cette taxe ne s’applique pas au Québec.

«Le Canada n’est pas le problème», a martelé le chef conservateur, arguant qu’il n’était pas nécessaire pour les Canadiens de réduire de manière dramatique leurs émissions de GES, que le problème est ailleurs.

Alors qu’un journaliste lui citait les statistiques — le citoyen canadien moyen émet deux fois plus de GES que le citoyen moyen chinois et trois fois plus que la moyenne mondiale —, M. Scheer a rejeté les chiffres par habitant pour se rabattre sur la somme totale d’émissions.

Du côté du Parti néo-démocrate, Jagmeet Singh a promis des mesures courageuses, dont la création d’un programme de 15 milliards $ afin de créer de nouveaux emplois verts.

Les chiffres de May

Le Parti vert a présenté mercredi matin une version chiffrée de sa plateforme électorale.

À Halifax, Elizabeth May a détaillé ce qu’un gouvernement vert dépenserait et où il trouverait ses revenus.

Ses chiffres ont été vérifiés par le Directeur parlementaire du budget (DPB) qui s’est penché sur les 24 promesses les plus chères du Parti vert.

Mme May prévoit qu’un gouvernement vert arriverait à un budget équilibré en cinq ans.

Elle calcule que la fin des échappatoires fiscales rapporterait 5 milliards $ aux coffres de l’État. L’annulation des subventions aux entreprises d’énergies fossiles équivaudrait à une économie de 3 milliards $. Les verts auraient aussi l’intention de taxer les géants du Web et estiment que cela rapporterait à l’an cinq de leur plan 1 milliard $.

Blanchiment d’argent et immobilier

Jagmeet Singh veut lutter contre le blanchiment d’argent et imposer une taxe de 15 % aux acheteurs étrangers pour freiner la spéculation immobilière au pays. Le chef néo-démocrate s’inspire du plan provincial de la Colombie-Britannique.

Il a l’intention de créer une unité spéciale au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui serait dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il veut aussi mettre en place un registre national qui permettrait de mieux traquer les spéculateurs immobiliers.

«Le blanchiment d’argent et la spéculation immobilière font grimper le coût des habitations, ce qui fait en sorte qu’il devient inimaginable pour beaucoup trop de Canadiens de devenir un jour propriétaires», a dénoncé le chef néo-démocrate.

La Chine et les producteurs de porc

Le Bloc québécois réclame d’Ottawa d’utiliser tous les outils diplomatiques à sa disposition pour négocier avec la Chine afin de résoudre le différend commercial qui affecte durement l’industrie agricole.

De passage au siège social de l’Union des producteurs agricoles (UPA), mercredi à Longueuil, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a dit croire que les agriculteurs québécois et canadiens «paient les frais d’une stupidité du gouvernement fédéral» dans la guerre commerciale avec la Chine.

Selon lui, le Canada aurait dû se «mêler de ses affaires» et ne pas se plier à la demande de Washington d’arrêter la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, en vue de procéder à une extradition vers les États-Unis.

Bernier dans l’Ouest

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a effectué sa première visite de campagne dans l’ouest du pays, mercredi, où des manifestants l’attendaient de pied ferme.

Des agents de sécurité ont empêché une dizaine de manifestants d’entrer dans la salle où M. Bernier devait prononcer son allocution à Surrey, en Colombie-Britannique. Les manifestants portaient des pancartes en appui aux immigrants et aux réfugiés.

Une grande partie du discours de M. Bernier, invité par la Chambre de commerce de Surrey, a d’ailleurs porté sur les politiques d’immigration au Canada qui, selon lui, nécessitent un débat public.

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