Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, était de passage en Outaouais, mardi.

Le Bloc reviendra à la charge

Le Bloc québécois s’est à nouveau engagé à déposer un projet de loi aux Communes pour faire appliquer la loi 101 aux entreprises sous compétence fédérale situées au Québec, «pour que tous les Québécois puissent travailler en français».

C’est l’engagement qu’a pris le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, mardi après-midi alors que sa caravane de campagne électorale s’est arrêtée à Gatineau.

Si cette promesse devient réalité, ce sera la quatrième fois que le Bloc québécois demande que la loi 101 s’applique aux entreprises sous juridiction fédérale au Québec, comme les banques, les aéroports, le transport interprovincial, Postes Canada et les entreprises de télécommunications, notamment.

«On insiste beaucoup sur la langue de travail parce que la langue de travail est l’outil fondamental d’intégration économique des gens qui viennent au Québec, a plaidé M. Blanchet. Il est essentiel que, par nos propres comportements, les gens comprennent où ils sont, qui les accueillent, dans quelle société ils vont s’intégrer.»

Les libéraux et les conservateurs se sont déjà prononcés contre les efforts du Bloc en ce sens au Parlement.

«Notre dernière tentative a été particulièrement colorée alors que les députés disaient que c’était honteux de vouloir faire en sorte que les gens qui travaillent au Québec puissent travailler en français alors que tous ceux qui ne sont pas sous cette prétention de juridiction fédérale le faisaient, et n’en sont pas plus malheureux, le français n’étant pas bien sûr une maladie honteuse sur notre territoire», a lancé M. Blanchet, flanqué de ces candidats de Pontiac, Jonathan Carreiro-Benoît, et d’Argenteuil-La-Petite-Nation, Yves Destroismaisons, devant le siège social de la Société de transport de l’Outaouais (STO).

Cette dernière n’est pas soumise à la loi 101 puisqu’elle opère aussi du côté d’Ottawa et tombe donc sous juridiction fédérale.

Visite du chef du Bloc Québecois Yves-François Blanchet en Outaouais 
  
 Photo : Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Bref passage en Ontario

M. Blanchet s’était rendu sur l’heure du midi devant l’imposant drapeau franco-ontarien qui trône au-dessus de la municipalité de Casselman, à moins d’une heure de route d’Ottawa, pour présenter des engagements qui bénéficieraient aussi aux minorités francophones hors Québec.

Il propose de rendre obligatoire le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, de donner plus de pouvoirs au Commissariat aux langues officielles du Canada et de bonifier la Loi sur les langues officielles, afin d’y inscrire la différence entre la situation des minorités francophones au Canada et celle des anglophones au Québec.

Dans le cas d’un Québec souverain, le chef bloquiste souhaite aussi inscrire une forme d’entente afin que les minorités francophones au Canada soient aussi bien traitées que les Anglo-Québécois. À son avis, cette clause serait une «garantie solide de la pérennité d’existence de communautés francophones et acadiennes à l’extérieur du Québec».

M. Blanchet a dit ne pas croire que la brève incursion de sa formation québécoise en Ontario allait être mal perçue.

Citoyenneté

Le Bloc québécois est aussi revenu à la charge en matinée à Montréal avec sa volonté de faire de la connaissance du français une condition pour obtenir la citoyenneté canadienne à partir du Québec.

Il avait déjà déposé un projet de loi en ce sens, lors du dernier mandat. Il s’était fait accuser de racisme, a déploré M. Blanchet au cours d’une conférence de presse à Montréal.

L’idée serait d’exiger une connaissance suffisante du français pour obtenir la citoyenneté à partir du Québec. À l’heure actuelle, la connaissance de l’anglais ou du français est exigée. Mais le Bloc estime que comme le français est la langue officielle du Québec, il serait normal d’exiger la connaissance du français.

La mesure toucherait les candidats à l’immigration, et non les réfugiés.