Éric Chaurette (NPD), Geneviève Nadeau (Bloc québécois), Dave Blackburn (PC), Claude Bertrand (Parti vert) et Mona Fortier (PLC) étaient présents au débat, mercredi soir à Ottawa.

La science au cœur de la politique fédérale

Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, une édition spéciale du Bar des sciences en français a été organisée mercredi soir, aux 3 Brasseurs sur la rue Sparks à Ottawa, afin de permettre à un panel de candidats locaux de débattre sur différents sujets scientifiques.

La député sortante d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier (Parti libéral), les candidats du Pontiac, Dave Blackburn (Parti conservateur) et Claude Bertrand (Parti vert), ainsi que les candidats dans Gatineau, Éric Chaurette (Nouveau parti démocratique) et Geneviève Nadeau (Bloc québécois), ont tous répondus présent à l’appel lancé par les organisateurs du Bar des sciences.

D’entrée de jeu, les candidats ont débattu sur la place qu’occupe la science dans la politique. Certains se sont d’ailleurs entendus pour dire que les politiques canadiennes ne respectent pas en tout temps l’opinion scientifique.

« La vitalité de la recherche passe par le respect des résultats. On ne peut pas dire qu’on est en faveur de la recherche et ensuite mettre de côté les résultats, souvent à cause du lobby », explique Mme Nadeau.

M. Chaurette, abonde dans le même sens.

Il donne d’ailleurs l’exemple de l’agriculture industrielle pour faire valoir son point.

« Les recherches le disent haut et fort, on sait qu’il y a un problème avec la culture des OGM et de l’agriculture industrielle. Certains produits sont hautement cancérigènes, mais on continue de financer cette méthode-là alors que l’agriculture durable peut être une solution. Il faut écouter nos scientifiques. »

De son côté, M. Bertrand, souligne que, même en 2019, plusieurs Canadiens ont encore des doutes envers les avancées scientifiques. « Il y a encore des gens qui croient sérieusement que la Terre est plate ou que nous ne sommes pas allés sur la Lune. »

En français

Les panélistes se sont ensuite prononcés sur le dossier des enjeux de la recherche scientifique dans le contexte des langues officielles.

« Il faut qu’il y ait une plus grande ouverture sur les langues officielles en recherche. On ne peut pas se contenter de faire une recherche en anglais pour ensuite la traduire. Ces études-là ne tiennent pas compte de la notion culturelle des francophones », détaille M. Blackburn.

« La variable linguistique n’est pas toujours prise en considération dans les projets de recherche. Il faut travailler avec la communauté scientifique pour s’assurer que les deux langues soient représentées dans toutes nos recherches », soutient Mme Fortier.

Les candidats libéraux et conservateurs se sont d’ailleurs tirés dessus à boulets rouges quand est venu le temps de débattre sur la place des femmes dans la science.

« On ne peut pas réparer en quatre ans, tous les dommages qui ont été fait pendant 10 ans avant nous. Il faut vraiment s’assurer que les femmes soient à l’avant-plan, qu’il y ait une meilleure équité pour le financement de la recherche », lance Mme Fortier.

« Vous dites qu’au cours de ces dix années, le Parti conservateur n’a pas nécessairement fait ce qu’il avait à faire. Il ne faudrait pas oublier non plus que votre premier ministre est capable de jouer assez dur auprès de certaines femmes au sein du cabinet », a répliqué M. Blackburn, faisant référence à la querelle entre Justin Trudeau et son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould dans le dossier SNC-Lavalin.

Rappelons que les Canadiens seront appelés aux urnes le 21 octobre.