Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh et le leader conservateur Andrew Scheer ont rejeté d’emblée le test des valeurs que compte faire passer aux immigrants le gouvernement du Québec.

Jour 7: le test des valeurs critiqué par des chefs

Avant même le dévoilement de ses priorités dans le cadre de la campagne électorale, mardi, le gouvernement Legault a vu le test des valeurs qu’il envisage de faire passer aux immigrants être rejeté par deux chefs fédéraux.

À Winnipeg, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a expliqué que les ordres de gouvernement avaient une responsabilité de promouvoir l’intégration des nouveaux arrivants, avant de préciser sa pensée.

« Je ne veux pas donner au gouvernement le pouvoir de décider [quelles sont] les croyances [permettant] d’être un Canadien », a-t-il lancé, en point de presse.

En début de journée, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, de passage à Ottawa, avait opposé une fin de non-recevoir aux intentions du gouvernement Legault dans ce dossier.

« J’ai dit c’est quoi mes valeurs. Mes valeurs, c’est de mieux aider la francisation. Je ne suis pas d’accord avec le test des valeurs », a-t-il tranché.

En jouant la carte nationaliste, le premier ministre François Legault a présenté quatre demandes aux chefs fédéraux visant à accroître les pouvoirs du Québec tout en affirmant sa différence.

Il a réaffirmé, une fois de plus, l’importance à ses yeux de voir les chefs de parti s’engager à respecter la loi 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État, dont les enseignants, et à s’engager à ne participer à aucune contestation judiciaire de cette loi.

« J’ai confiance qu’on va faire des gains » au cours des prochaines années, a dit M. Legault, notamment pour obtenir le feu vert sur les tests de français et les tests de valeurs.

En plus de la laïcité, M. Singh a fermé la porte à une autre demande du Québec, soit la mise en place d’une déclaration de revenus unique gérée par la province. Le NPD avait d’abord dit oui à cette demande avant de se raviser, question de sauvegarder 4000 emplois de fonctionnaires fédéraux.

En fin de journée, le NPD a toutefois voulu adoucir ses refus en disant être prêt à dialoguer avec Québec.

De son côté, le Bloc québécois a endossé, sans aucune réserve, les demandes du gouvernement Legault. Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a salué le « nationalisme décomplexé » du gouvernement caquiste avec qui son propre parti est en « convergence naturelle » sur l’ensemble de ces enjeux, à l’exception, bien sûr, de la souveraineté du Québec.

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Enfants et familles

Si le NPD a promis la construction de 500 000 logements abordables au pays en 10 ans, le Parti libéral du Canada (PLC) et les conservateurs ont plutôt dévoilé des mesures visant à courtiser les jeunes familles.

Les libéraux ont promis de rehausser l’Allocation canadienne pour enfants et de rendre les prestations de maternité et parentales libres d’impôt. Leur chef, Justin Trudeau, a annoncé, à Terre-Neuve-et-Labrador, que son parti augmenterait l’Allocation canadienne pour enfants de 15 % pour les enfants de moins d’un an, une hausse pouvant aller jusqu’à 1000 $.

Les libéraux s’engagent également à supprimer l’impôt fédéral sur les chèques d’assurance-emploi pour les congés de maternité et parentaux.

« Grâce à ces nouveaux changements visant à exonérer d’impôt les prestations de maternité et les prestations parentales, les Québécois auront un avantage comparable pour la portion des impôts fédéraux qu’ils payent dans le cadre du Régime québécois d’assurance parentale », a dit M. Trudeau.

Pour sa part, M. Scheer a fait miroiter une hausse de la contribution du gouvernement fédéral aux Régimes enregistrés d’épargne-étude (REEE).

Le chef conservateur Andrew Scheer a entre autres fait miroiter une hausse de la contribution fédérale au régime d’épargne études.

Un gouvernement conservateur ferait passer la contribution d’Ottawa aux REEE de 20 à 30 % de chaque dollar épargné par la famille du futur étudiant. La contribution fédérale maximale passerait de 500 $ à 750 $ par année.

Imposer un oléoduc au Québec ?

En fin de journée, le chef conservateur Andrew Scheer a accordé une entrevue au journaliste Patrice Roy sur les ondes de RDI. Questionné sur la possibilité d’imposer le passage d’un oléoduc au Québec malgré le refus de la province, il a répondu qu’il défendra l’« intérêt national » en matière de transport du pétrole s’il est élu.

M. Scheer a fait valoir qu’Ottawa pouvait agir dans son champ de compétence, tout en refusant de dire qu’il imposerait un tel projet à la province.

M. Scheer est revenu sur son idée de « corridor énergétique », qui donnerait notamment, selon lui, l’occasion au Québec de « partager son énergie de l’hydroélectricité ». Une solution qu’il qualifie de « gagnant-gagnant ».

Plus de véhicules électriques

Dans son annonce quotidienne, le Bloc québécois a déclaré vouloir accélérer de façon significative la transition vers la voiture électrique au Canada.

Yves-François Blanchet a présenté une série de mesures qu’il entend défendre à Ottawa pour rendre l’achat plus accessible. Il propose d’offrir un rabais additionnel de 1500 $ aux acheteurs dont le salaire est inférieur au revenu moyen canadien, qui est de 47 000 $.

À cela s’ajouteraient un autre rabais de 1500 $ pour le remplacement d’un véhicule âgé de 12 ans ou plus et un rabais de 2000 $ aux acheteurs d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable usagé.

La vie privée pour les verts

Alors qu’elle passait la journée en Ontario, la chef du Parti vert, Elizabeth May, a mis l’accent sur l’amélioration de la vie privée des citoyens dans l’espace numérique, notamment grâce à l’interdiction de la publicité en ligne personnalisée lors des élections.

Les verts promettent notamment d’interdire toute intrusion sans mandat dans les communications des Canadiens, de bannir les programmes de cybersurveillance utilisant la collecte de données en vrac, de mettre fin à la surveillance des manifestants et des organisations non gouvernementales canadiennes et d’augmenter considérablement les pouvoirs du commissaire fédéral à la protection de la vie privée.

Pour sa part, Maxime Bernier, du Parti populaire, était au Nouveau-Brunswick pour une deuxième journée consécutive.