De passage à Brampton, en Ontario, Justin Trudeau s’est engagé à rendre la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour les Canadiens gagnant moins de 147 000 $ par année.

Jour 12 de la campagne électorale: Scheer et Trudeau reprennent le collier

Après la saga du «blackface», Justin Trudeau a tenté de remettre le thème de la classe moyenne au coeur de la campagne libérale, dimanche, tandis que le chef conservateur Andrew Scheer a présenté ses engagements envers les anciens combattants. Leurs adversaires néo-démocrate et bloquiste ont pour leur part tourné leur attention vers la crise climatique.

De passage à Brampton, en Ontario, Justin Trudeau a repris son bâton de pèlerin après avoir fait relâche la veille, à l’issue d’une semaine éprouvante.

Le chef libéral s’est engagé à rendre la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour les Canadiens gagnant moins de 147 000 $ par année.

AbonnezvousBarometre

Il a aussi promis de réduire les factures de services cellulaires de 25 % s’il est réélu. Pour ce faire, il compte donner deux ans aux entreprises de télécommunications pour offrir des forfaits plus abordables, après quoi il introduira plus de concurrence.

Après s’être lui aussi accordé un court répit, le chef conservateur était de passage sur l’Île-du-Prince-Édouard pour s’engager à éliminer les retards dans les demandes de prestations des anciens combattants dans un délai de deux ans s’il est porté au pouvoir.

S’attaquer à cet arriéré nécessiterait des nouveaux investissements, reconnaît M. Scheer. Le directeur parlementaire du budget a évalué la somme requise à 50 millions $ sur deux ans.

Questionné sur les craintes que pourraient entretenir les anciens combattants face à la perspective d’un nouveau gouvernement conservateur, après les compressions budgétaires et vagues de licenciements effectuées sous Stephen Harper, Andrew Scheer n’a pas directement reconnu les fautes reprochées à son prédécesseur.

«En tant que chef du Parti conservateur, nous avons une nouvelle occasion de prendre ce type d’engagements, a-t-il répondu. En tant que premier ministre, je veillerai personnellement à ce que les engagements que nous avons pris aujourd’hui soient respectés.»

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Des promesses vertes pour le NPD et le Bloc

De son côté, le chef du NPD, Jagmeet Singh, est allé à la rencontre de sinistrés des inondations du printemps dernier à Gatineau, dimanche, afin de s’engager à soutenir les municipalités qui souhaitent se prémunir contre les changements climatiques.

Face au nombre croissant de phénomènes météorologiques extrêmes, M. Singh propose de travailler en amont en augmentant le financement des projets d’infrastructures adaptées.

Il promet d’investir 2,5 milliards $ supplémentaires dans le fonds existant - doublant son enveloppe -, en plus d’en assouplir les critères d’admissibilité.

«Il y a un fonds, mais il est trop complexe. Il est limité. Il est difficile d’y avoir accès», a-t-il déploré en point de presse.

Quant au chef bloquiste, Yves-François Blanchet, il était à Trois-Rivières pour détailler sa proposition de transformer la péréquation, qu’il voit présentement comme un chèque d’assistance», en une «bourse d’excellence» pour les provinces peu polluantes.

M. Blanchet souhaite taxer plus sévèrement les émissions de gaz à effet de serre dans les provinces qui polluent davantage que la moyenne nationale, puis verser le fruit de cette taxe aux provinces ayant une meilleure performance environnementale.

Ces nouveaux transferts viendraient en bonne partie remplacer l’actuel système de péréquation, qui provient de l’impôt sur le revenu.

Pour ce faire, le Bloc veut quintupler l’actuelle taxe carbone d’ici 2030, mais en exempter les provinces moins polluantes, comme le Québec.

«Il faut qu’il soit coûteux de polluer et qu’il soit payant d’être vert», a-t-il fait valoir.