Des journaux, des sites Internet et des chaînes de télévision américaines, britanniques, australiennes et d’ailleurs ont réagi vivement à la publication d’une photo datant de 2001 qui menace de chambouler la campagne électorale libérale.

«Blackface»: retentissement mondial

TORONTO — La controverse entourant le visage barbouillé de noir de Justin Trudeau a franchi les frontières canadiennes.

Des médias internationaux réputés ont consacré temps et espace aux excuses présentées par le chef libéral. Ils ont aussi remis en cause sa réputation mondiale de défenseur des valeurs progressistes.

Des journaux, des sites Internet et des chaînes de télévision américaines, britanniques, australiennes et d’ailleurs ont réagi vivement à la publication d’une photo datant de 2001 qui menace de chambouler la campagne électorale libérale.

«M. Trudeau est depuis longtemps considéré comme un flamboyant porte-parole pour les progressistes assiégés du monde. Il a tenu tête au président Donald Trump. Il a soutenu les droits de la personne et les droits des Autochtones. Il a accueilli les immigrants. Il lutte contre les changements climatiques et le racisme», écrit le New York Time. «Cette image soigneusement étudiée a subi un coup terrible.»

Le ton était semblable dans plusieurs autres médias qui ont mis en parallèle l’aveu de M. Trudeau d’avoir manqué de jugement, ses excuses, son attachement aux valeurs progressistes et la nomination d’un conseil des ministres paritaire lors de son ascension au pouvoir en 2015.

On pouvait lire ou entendre des récits semblables dans d’autres grands médias internationaux comme l’Associated Press, The Guardian, la BBC, le Sidney Morning Herald et Al Jazeera.

Ailleurs, la couverture était plus partisane.

Ainsi, Fox News a consacré beaucoup de temps d’antenne à la controverse lors de son émission du matin Fox and Friends.

Un comité de commentateurs s’est aussi penché sur l’affaire Trudeau sur les ondes de CNN. S’ils ont condamné sa conduite antérieure, ils ont vanté les excuses présentées par le premier ministre, le comparant avantageusement à l’effronterie habituelle de Donald Trump.

«Wow! Un chef politique qui s’excuse. Cela peut sembler étrange, n’est-ce pas? Parce que nous, nous en avons un qui ne le fait jamais.»

D’autres médias ont tenté d’analyser les répercussions de la controverse sur la campagne électorale canadienne.

Par exemple, le site Politico a tenté de replacer la conduite de M. Trudeau dans un contexte national, et a conclu que les photos diffusées pouvaient nuire à la réélection des libéraux.

«Un grand nombre de Canadiens jugent ces incidents tout aussi scandaleux que le feraient leurs voisins américains, lit-on dans l’article. Ils font valoir que les différences historiques ne sont pas une excuse, car les blackfaces occupent une place tout aussi contestable — bien que moins connue — dans l’histoire du Canada.»

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