Sylvain St-Laurent

Déjà l’heure des remises en question?

CHRONIQUE / La saison est jeune. Pour presque toutes les équipes de la Ligue nationale de hockey, il est encore tôt pour paniquer. Tout peut facilement changer.

Il y a quand même certaines formations qui n’ont pas le loisir d’attendre bien longtemps. Les Kings de Los Angeles, par exemple, sont de celles qui ont besoin de voir des résultats positifs, très rapidement.

Chronique

«Clovis chanceux»

CHRONIQUE / Notre dernier a huit ans, il parle à donner le tournis, à se demander comment il arrive à émettre un tel flot de paroles.

C’est bien pour dire, à deux ans, les médecins s’inquiétaient qu’ils ne disent que quelques mots.

Ils pensaient qu’il était sourd.

Le dernier de Guylaine Guay, lui, n’a jamais commencé à parler. Clovis a 15 ans, il baragouine quelques mots tout au plus, jamais de phrases structurées. Il ne peut pas dire ce qu’il veut, ce dont il a besoin.

Ni «je t’aime».

Clovis est autiste, autiste non verbal, ce qui limite les discussions à pas grand-chose. Guylaine lui parle, sans trop savoir ce qu’il comprend.

Je suis Guylaine sur Facebook, elle y partage des bribes de sa vie avec ses deux gars, son plus vieux est autiste aussi, mais il parle. Beaucoup. Elle partage ses réflexions sur le monde, ou sur le souper qu’elle lui a préparé.

Léo, 17 ans, dit ce qu’il pense.

Voyez, le 23 juin, Guylaine s’est payé un peu de luxe à la boucherie.

«Moi : J’ai acheté des petits filets mignons pour célébrer le début des vacances...

Léo : Je vois rien de mignon.

#MonLéo»

Je vous ai parlé en janvier 2017 de Guylaine Guay, animatrice et comédienne que vous pouvez voir à la télé et entendre à la radio, elle me racontait comment elle devait toujours surveiller son Clovis, entre autres pour ne pas qu’il mange ses babouches. Clovis a cette fâcheuse manie de tout porter à sa bouche.

Il ne mange plus ses babouches.

Il raffole des effaces et des gommettes bleues.

Miam.

Je vous parlais de Guylaine et de ses deux fils parce que Guylaine avait demandé le supplément pour enfants handicapés, dont les grilles d’analyse ne convenaient pas pour les autistes. Un enfant gavé se qualifiait. Un enfant qu’il faut surveiller pour ne pas qu’il mange la colle à tapis, non.

Guylaine a fini par y avoir droit.

À la maison, elle ne peut pas le laisser d’une semelle, surtout quand le ciel est à l’orage. Clovis a une peur bleue du tonnerre. Comme le 3 septembre, journée où Dame Nature jonglait entre le beau temps et le mauvais. Pour Guylaine, ça veut dire une journée à jongler avec les humeurs de Clovis.

Clovis «Colette Provencher» Beaudin scrute méticuleusement l’horizon.

Menaçant mélange de soleil et de tonnerre.

Et scande de sa voix qui mue son grand classique : «The storm is coming, WE’RE ALL GONNA DIE !!!!!!!»

Rien de moins.

#ÇaVaÊtreUneLongueJournée»

Puis, cet autre statut:

«Je t’explique.

Quand il tonne, Clovis se réfugie dans la salle de bain. Évidemment, comme il est très anxieux et qu’il risque de se donner des coups, je l’accompagne. Depuis ce matin; soleil, tonnerre, soleil, tonnerre, soleil, tonnerre, soleil, tonnerre, soleil, tonnerre.

Nous avons passé grosso modo 2h30 dans la bécosse.

Mets ça dans ta pipe Mères à boutte à Canal Vie.»

Le pire, c’est que Guylaine n’a même pas l’air à boutte, elle raconte avec humour les tranches de vie de ses gars, et on se dit en lisant ça qu’on serait à boutte à moins. On est à boutte à moins.

Tenez, cette autre tranche de vie, en juin. «Essayer d’expliquer et mimer à Clovis qu’il ne peut prendre de bain à cause de son otite et que je vais le laver à la débarbouillette aura été la chose la plus abstraite et drôle que j’aurai fait cette semaine! Ma vie est une partie de Cranium sans fin.»

Guylaine travaille fort pour que les gens comprennent mieux ce qu’est l’autisme, que ce n’est pas une maladie, mais une autre façon de voir le monde. Elle a écrit un livre il y a quatre ans, Deux garçons à la mère, qui a donné naissance à la Fondation Véro et Louis, pour avoir des maisons pour autistes.

Ça avance.

Fin septembre, elle a participé à l’annuelle vente de garage de la Fondation, elle a vendu le vélo de Clovis.

Un beau moment.

«Aujourd’hui, la bicyclette adaptée de Clovis a été achetée par la famille d’un petit Olivier.

Olivier a pris place sur la monture en disant : «Ma bicyclette». Sa mère et moi, on s’est fait un câlin. On a même pleuré un peu. Il y a un fil d’amour invisible entre tous les parents d’enfants autistes.»

Il y a eu un plus beau moment encore, le 6 septembre, une journée qui s’annonçait comme les autres.

«Ce matin, j’ai vécu toute une affaire!!!!!

Mon Clovis était collé sur moi, avant de partir à l’école et comme tous les matins je lui dis :

- Je suis chanceuse d’être ta maman.

Et contrairement à d’habitude où il se met à chanter une toune de Bob l’Éponge ou une comédie musicale grecque inconnue, il a dit, en ne me regardant pas évidemment :

- Clovis, chanceux.

Ne JAMAIS sous-estimer le pouvoir de compréhension d’une personne autiste non verbale!!!!!!!!!!!!!!!

C’est confirmé, il m’aime.»

À 15 ans, pour une première fois, son gars lui a dit je t’aime, pas avec ces mots-là, mais c’est tout comme.

Sébastien Pierroz

Les 100 premiers jours de Ford: à droite toute

CHRONIQUE / D’habitude, Doug Ford fait beaucoup plus parler de lui. L’absence de travaux parlementaires à Queen’s Park la semaine dernière a quelque peu éteint les projecteurs braqués sur le gouvernement progressiste-conservateur. Ironie du sort, c’est mardi dernier que l’équipe du premier ministre célébrait ses 100 premiers jours au pouvoir.

Au cœur de la Ford Nation à Toronto le premier ministre n’a pas manqué de faire référence à ses « 100 jours formidables » ajoutant, confiant, qu’il y en aura « beaucoup d’autres à venir ». Depuis des décennies, la tradition d’un premier bilan à 100 jours pour le gouvernement est particulièrement importante en Amérique du Nord.

Une idée qui remonte à 1933, lorsque le nouveau président américain, Franklin D. Roosevelt, avait promis exactement 100 jours pour redresser la situation économique catastrophique du pays.

L’Ontario de 2018 n’est probablement pas dans le même pétrin que les États-Unis de 1933, même si Doug Ford aime voir le verre à moitié vide lorsqu’il dresse le bilan économique de la province. Une manière de blâmer les 15 ans de règne des libéraux et mieux s’ériger en sauveur.

Marquer au maximum la rupture par rapport à l’équipe de Kathleen Wynne, c’est le défi auquel le premier ministre s’est affairé depuis le jour de son assermentation le 29 juin.

On ne s’attendait pas à ce que les choses aillent si vite avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement. Retrait du marché du carbone, abolition du programme d’éducation sexuelle ou encore bière à un dollar, Doug Ford n’a pas perdu de temps, quitte à imposer une session parlementaire d’été aux députés. Dans la forme, le gouvernement progressiste-conservateur a réussi ses débuts.

Sauf que sur le fond, le bilan après 100 jours est plus contestable. M. Ford a su se montrer pragmatique en mettant fin au monopole de la Régie des alcools de l’Ontario sur la vente de cannabis. Beaucoup d’observateurs ont salué que cette vente soit confiée au secteur privé...

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Denis Gratton

La maman de Montfort

CHRONIQUE / Léo Côté n’allait pas rater l’événement pour tout l’or du monde. On inaugurait un tout nouvel hôpital à deux pas de chez lui. À deux pas de la terre que ce cultivateur exploitait sur la rue Church, à Vanier.

Oui, une ferme à Vanier. C’était il y a 65 ans. 

Le 11 octobre 1953, toute la communauté était invitée à assister à l’inauguration de l’Hôpital Montfort. Près de 3000 personnes étaient attendues à cette cérémonie au cours de laquelle l’archevêque d’Ottawa, Mgr Marie-Joseph Lemieux, allait bénir ce nouvel immeuble du chemin de Montréal. Léo Côté était du nombre.

« Mon mari est allé à l’inauguration de Montfort avec ses parents, se souvient sa veuve, Alda Côté, 93 ans. Moi, je suis restée à la maison. J’aurais bien aimé y aller mais nous avions quatre enfants et j’en attendais un cinquième. »

Ce que Mme Côté ne savait pas, c’est qu’elle allait bel et bien être de l’inauguration de ce nouvel hôpital et qu’elle allait même y avoir une place d’honneur.

En fait, en ce 11 octobre 1953, Alda Côté allait devenir la toute première patiente de l’histoire de l’Hôpital Montfort…

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