Jean-Gabriel Pageau

White, successeur de Pageau?

Trop chercher à lire entre les lignes, c’est dangereux.

N’empêche. Il y a cette toute petite portion de la conférence de presse d’avant-match de Guy Boucher qui me trotte dans la tête depuis plusieurs heures.

J’étais curieux de savoir ce que le coach pensait de Colin White.

J’étais sous l’impression qu’il se débrouillait plutôt bien. Même si les chiffres ne sont pas particulièrement impressionnants, il semble à sa place dans la LNH.

En répondant à ma question, Boucher m’a vite fait comprendre qu’il partage mon avis. Il s’est même permis d’aller un peu plus loin.

« Défensivement, on voit sur la patinoire le joueur qui nous a été vendu. Il est très fiable. Il bagarre très fort. Comme la plupart des jeunes joueurs, il doit continuer de gagner de la force physique. Mais, si on parle strictement de son acharnement, il est dur à battre », a-t-il commencé.

« Regarde un peu ce que Pageau fait pour nous. C’est le même genre de joueur. Ils ont le même style. Colin est capable d’affronter les meilleurs joueurs adverses car il se pointe aux bons endroits, sur la patinoire. Vraiment, c’est le fun de l’avoir sur la glace », a-t-il complété.

Cette déclaration devient doublement intéressante quand on la situe dans le contexte actuel. La date limite des transactions approche à grands pas. Pierre Dorion chercherait à compléter quelques trocs qui pourraient mieux positionner son équipe en prévision de la saison prochaine.

Il y a cette rumeur, tenace, qui refuse de mourir. Les Penguins de Pittsburgh s’intéressent aux centres d’Ottawa.

Parfois, Derick Brassard est associé à ce potin.

Parfois, c’est Pageau.

On peut facilement comprendre leur directeur général Jim Rutherford. Depuis une douzaine d’années, déjà, le succès de cette organisation passe par le meilleur duo de centres de la LNH. Sidney Crosby et Evgeni Malkin ont presque toujours été soutenus par un joueur de caractère. Jordan Staal, Brandon Sutter et Nick Bonino se sont succédé dans le rôle du centre numéro trois.

Pageau pourrait facilement prolonger cette lignée.

Rutherford est aussi bien placé pour savoir à quel point il atteint des sommets de combativité durant les séries.

Pageau pourrait aider les Penguins.

Les Penguins pourraient aussi aider les Sénateurs.

Ils ont de bons jeunes gardiens, les Penguins.

Rutherford a dit dernièrement qu’il n’avait pas l’intention d’échanger un de ses jeunes gardiens. Matt Murray est bien en selle. Tristan Jarry et Casey DeSmith devront continuer à se battre pour manger les miettes laissées par le double champion de la coupe Stanley.

Ça ne me semble pas très logique, tout ça.

Surtout qu’un autre espoir intéressant, le Suédois Filip Gustavsson, pourrait traverser l’océan pour entrer dans la compétition prochainement.

Je répète. Quand on lit entre les lignes, les risques de dérapage sont grands.

Je trouve quand même que les morceaux du casse-tête s’assemblent facilement. Ce n’est même pas forçant.

Taylor Hall n’a rien fait de mal. Il a vu qu’un adversaire avait la tête basse. Il a choisi de le mettre en échec.

La réaction de sa victime, Alexandre Burrows, a été franchement désolante.

Piqué au vif, il a voulu obtenir vengeance en jetant les gants. Hall n’a pas mordu. C’était son droit.

Au coup de sifflet qui a suivi, Burrows s’est rué sur lui de toute façon. Il a été chanceux de s’en tirer avec – seulement – quatre minutes de pénalité.