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Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz

Université Laurentienne : l’angoisse monte

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ANALYSE / Une réunion de crise tenue par le Sénat à huis clos dont rien ne filtre, des professeurs désespérés qui n’hésitent plus à parler publiquement de leur frustration, et même l’un d’entre eux offrant « son dernier cour » virtuel à plus de cent personnes, il y avait comme une ambiance de ras-le-bol cette semaine à l’Université Laurentienne.

Cette session d’hiver se termine de manière extrêmement douloureuse pour l’institution sudburoise bilingue confrontée à un déficit, tant le bout du tunnel est loin. La procédure de restructuration entamée en février, laquelle place l’université sous supervision judiciaire en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), reste pour l’instant sans suite.

Jeudi de la semaine dernière, La Laurentienne a annoncé mettre fin à a son statut d’université fédérée. Le 1er mai, l’Université Thorneloe, l’Université Huntington, et l’Université de Sudbury seront laissées à leurs propres destins, sans les ressources financières de leur institution mère.

Du côté de l’Université de Sudbury, laquelle avait annoncé récemment son intention de devenir 100 % francophone, cette décision accélère dangereusement les étapes en la plongeant dans une autonomie forcée. D’une parce que l’université n’a pas encore déposé une demande au gouvernement pour le projet, et surtout parce que La Laurentienne refuse catégoriquement d’offrir ses programmes en français à l’Université de Sudbury.

Pour de nombreux professeurs et leaders franco-ontariens, cette possibilité de sortie de crise qu’offrait l’Université de Sudbury en remplissant un mandat « par et pour » dans le Nord s’amenuise.

Au-delà de la stratégie de mettre fin à la fédération, l’ampleur du désastre financier de La Laurentienne inquiète. D’après les derniers bruits de couloirs, on parlerait d’une dette de plus de 200 millions de dollars. De quoi alimenter davantage soit des coupes massives, ou bien la possibilité d’une faillite.

Car ce marasme financier, doublé du silence de La Laurentienne, indique un plan de restructuration sévère. D’après les rumeurs, les premiers licenciements de professeurs seront annoncés ce lundi.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.