Un morceau de glace qui s’est détaché du véhicule que Michelle Larivière suivait sur l’autoroute a endommagé sa voiture.

Une peur glaciale

CHRONIQUE / Michelle Larivière a eu la peur de sa vie jeudi dernier. Pour une fraction de seconde, elle a même cru que son heure était venue. « Je me suis dit : ‘Ça y est, je vais y passer’ », laisse-t-elle tomber.

La propriétaire de la firme Lari Construction roulait sur l’autoroute 5, jeudi en début d’après-midi, lorsque trois énormes plaques de glace se sont détachées du véhicule mal déneigé qui roulait devant le sien.

« Ça s’est passé tellement vite, dit Mme Larivière. Je roulais à approximativement 80 km/h, je n’ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Mon adjointe prenait place dans le siège du passager et les trois plaques de glace se dirigeaient droit vers notre visage. Heureusement, les trois morceaux de glace ont atterri sur le capot de ma voiture avant de se fracasser dans le pare-brise. Le bruit était assourdissant, presque indescriptible. C’était comme si un avion s’écrasait sur ma voiture. »

Mme Larivière a pu garder le contrôle de son véhicule endommagé malgré la commotion et elle a tenté de rejoindre l’automobiliste fautif. « Mais dès que je me suis approchée, le conducteur a accéléré. Je n’ai pas pu le rattraper », dit-elle.

La passagère de l’auto de Mme Larivière a cependant eu le temps de prendre une photo de la plaque d’immatriculation de la voiture. Mais rien à faire, la plaque était elle aussi recouverte de neige…

« La Sûreté du Québec n’a pu identifier le numéro de la plaque, dit Mme Larivière. On pouvait voir qu’il s’agissait d’une plaque de l’Ontario, mais les trois premiers chiffres de la plaque étaient cachés par la neige, donc illisibles. »

Si la SQ avait mis la main au collet du conducteur de la voiture recouverte de glace et de neige, ce dernier aurait reçu un constat d’infraction de 100 $. Une somme absurde, croit Mme Larivière.

« Ce n’est pas assez, 100 $ !, lance-t-elle. Il y a des gens qui ne prendront pas la peine de déneiger et de déglacer adéquatement leur voiture en se disant que ça ne leur coûtera que 100 $ s’ils se font prendre. Les amendes devraient être beaucoup plus sévères. Rouler avec de la glace sur sa voiture est aussi dangereux que de rouler avec des madriers ‘deux par quatre’ pas attachés sur un camion. Ça n’a pas d’allure », déplore l’entrepreneure en construction.

Un résident d’Arnprior, à l’ouest d’Ottawa, a lui aussi craint pour sa vie, jeudi dernier.

Martin Burger roulait sur l’autoroute 17 lorsqu’une plaque de glace « volante » de 30 cm de largeur et de 10 cm d’épaisseur provenant d’un véhicule circulant dans la voie inverse a fracassé et traversé le pare-brise de son camion pour l’atteindre au visage. Transporté d’urgence à l’Hôpital de Renfrew, le père de famille s’en est tiré avec huit points de suture au front et quatre autres sur la paupière de son œil droit.

Martin Burger a été blessé par un bloc de glace qui a traversé son pare-brise.

Puis toujours jeudi dernier, le pare-brise d’un autobus OC Transpo a été brisé en mille morceaux par une plaque de glace détachée d’une auto qui roulait sur l’autoroute 417. Le chauffeur a subi des blessures mineures et les passagers en sont sortis indemnes.

« Les gens doivent comprendre l’importance de déneiger complètement leur véhicule avant de prendre la route, ajoute Mme Larivière. Et les amendes doivent être beaucoup plus élevées. Parce qu’à un moment donné, si rien n’est fait, quelqu’un va mourir. »