Les cinq fois où les Capitals ont marqué face à Matt Murray, ils ont visé la partie supérieure du filet du côté de la mitaine.

Une petite faiblesse du côté du gant ?

CHRONIQUE - En séries / Il est encore un peu tôt, dans la série. Deux matches, ce n’est jamais beaucoup. On peut quand même regarder ce qui s’est passé jusqu’ici et se demander si les Capitals ont identifié une faiblesse chez leurs adversaires.

Alexander Ovechkin et ses coéquipiers ont marqué six buts, jusqu’à maintenant, contre les Penguins. Le dernier a été marqué dans un filet désert. Ils ont donc déjoué cinq fois Matt Murray.

Lors des cinq occasions, ils s’y sont pris de la même manière. Ils ont visé cinq fois la partie supérieure, du côté de la mitaine.

Il ne faut pas chercher à trop simplifier les choses, évidemment.

Dans un sport aussi complexe que le hockey, c’est rarement la faute d’un seul homme.

À Pittsburgh, depuis dimanche, on parle surtout des trop nombreux revirements commis en territoire neutre pour expliquer la défaite dans le match numéro deux.

On blâme aussi les arbitres.

« Nous n’avons pas digéré certaines décisions qui ont été prises sur la patinoire », a déclaré l’entraîneur-chef Mike Sullivan avant de quitter la capitale américaine.

« C’est ça qui est ça. C’est le hockey. Nous ne pouvons rien y faire. Il ne faut pas trop s’en faire avec tout ça. Les dirigeants de la ligue vont faire le travail. Nous allons essayer de nous concentrer sur ce que nous avons à faire. »

On dira ce qu’on voudra. Il n’y avait pas d’arbitre dans les parages, au début de la deuxième période, lorsque Brett Connolly s’est présenté seul devant Murray.

Le gros ailier droitier n’a même pas pensé à effectuer sa meilleure feinte. Il a visé là où Ovechkin et Jakub Vrana avaient visé avant lui. Murray a lui-même rabattu la rondelle dans le filet avec son gant.

Le gardien ontarien de Thunder Bay a connu un début de carrière fulgurant. Il n’a pas 24 ans et possède déjà deux bagues de la coupe Stanley. Il est devenu, l’an dernier, le premier gardien de l’histoire à remporter deux championnats à ses deux premières saisons.

La dernière année n’a pas été facile, pour lui. Il a raté une partie de la saison régulière pour des raisons familiales. Son père est décédé durant l’hiver. Il s’est retrouvé sur la touche pour une deuxième fois, plus tard, en raison d’une commotion cérébrale.

« On a tendance à oublier qu’il demeure un gamin, a réagi Sullivan, dans un récent entretien avec le réseau Sportsnet. Il doit continuer de grandir. Il a encore beaucoup à apprendre. »

Il semble que, sur le chemin du troisième championnat, il aura d’autres obstacles à surmonter.

Malkin et Brassard
Bien entendu, l’absence d’Evgeni Malkin n’aide pas.

« Geno » a été le meilleur buteur et le meilleur pointeur des Penguins en saison régulière. Il a continué son bon travail en première ronde des séries, récoltant cinq points en autant de parties, contre les Flyers.

Derick Brassard

La direction des Penguins jure qu’il ne s’absentera pas trop longtemps. On peut difficilement se fier à eux. À cette période de l’année, si on se fie aux hommes de hockey, toutes les blessures sont mineures et sans grandes conséquences.

Le directeur général Jim Rutherford a pourtant pris soin de se prémunir contre les blessures sérieuses au centre. Il a sacrifié le plus sérieux rival de Matt Murray, Filip Gustavsson, dans une transaction. Il jugeait que le jeu en valait la chandelle. Ça lui permettait de mettre la main sur un autre centre offensif de qualité, Derick Brassard.

Le Hullois ne fait pas vraiment honneur à sa réputation de « grand joueur des séries », ce printemps. Il a inscrit un seul point à ses cinq dernières rencontres. Il ne doit pas être en parfaite santé, lui non plus. On l’a utilisé pendant 14 minutes, à peine, lors des deux premières parties de la deuxième ronde, à Washington.

Les columnists de Pittsburgh le montrent quand même du doigt, en ce début de semaine. On pense qu’il peut en donner davantage.

Le bonheur est à Nashville
En 2018, Las Vegas a ravi le titre de « destination de l’heure » dans la LNH à Nashville.

Pourtant, la fièvre du hockey n’a clairement pas diminué à Music City.

C’était beau à voir, dimanche. Les amateurs qui se réunissent par milliers sur la mythique rue Broadway donnent toujours de belles images aux télédiffuseurs. Toutes ces grosses vedettes du country qui chantent l’hymne national américain confèrent un caractère unique au Bridgestone Arena.

Carrie Underwood a interprété l'hymne national, à Nashville.

Avec leurs cannettes de Bud Light et leur gigantesque poisson-chat, les joueurs de la ligne à l’attaque des Titans du Tennessee auront cependant volé la vedette, dans les cérémonies d’avant-match.

On se souviendra surtout de Quinton Spain, un garde de 330 livres, qui a oublié les règles de bienséance en laissant son t-shirt à la maison.

Chacun prend son temps
Mark Scheifele a profité de son passage à Nashville pour ajouter quatre buts à sa fiche.

Le centre numéro un des Jets a connu un début de séries plutôt terne, mais il ne fait que s’améliorer, match après match. Il a inscrit pas moins de neuf points à ses quatre dernières sorties.

Mark Scheifele

Son entraîneur, Paul Maurice, se souvient d’une conversation qu’il a eue avec ses anciens collègues de TSN. Durant une émission de débats, en 2012. « On se demandait sérieusement si les Jets avaient gaspillé un choix de première ronde en le sélectionnant. Parce qu’il n’avait pas marqué 30 buts à 18 ans, on commençait à douter de lui », a-t-il raconté aux médias, ce week-end.

Matière à réflexion pour les partisans, à quelques semaines d’un repêchage où le Canadien et les Sénateurs détiendront un choix dans le top-5...