Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Réélu par acclamation il y a quelques jours, Carol Jolin entre à partir d’aujourd’hui dans son troisième et dernier mandat de président de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens.
Réélu par acclamation il y a quelques jours, Carol Jolin entre à partir d’aujourd’hui dans son troisième et dernier mandat de président de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens.

Un troisième mandat crucial pour Carol Jolin

CHRONIQUE / La continuité encore à la tête de L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Réélu par acclamation il y a quelques jours, Carol Jolin entre à partir d’aujourd’hui dans son troisième et dernier mandat de président de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens.

L’assemblée générale annuelle qui se tient ce samedi marque la dernière étape des six jours du congrès annuel de l’AFO. Un événement réduit cette année aux rencontres par Zoom en raison des mesures de distanciation sociale.

Mais cette tranquillité n’est qu’apparente. Entre la crise linguistique, les tensions autour de l’Université de l’Ontario français (UOF), puis les soubresauts déclenchés par la pandémie, le second mandat de M. Jolin commencé en octobre 2018 fut riche en rebondissements. Et les deux prochaines années seront décisives pour l’organisme.

Trois dossiers majeurs se profilent devant le président, épaulé par le directeur général, Peter Hominuk. D’abord, la refonte de la Loi sur les services en français. Le document de modernisation de cette loi présentée aux membres de l’AFO lors du congrès de 2019 exige entre autres le retour à l’indépendance pleine et entière du commissaire aux services en français.

Depuis l’an passé, l’AFO a considérablement amélioré sa relation avec la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, privilégiant la solution diplomatique à la voix des tribunaux comme envisagé dans un premier temps pour réparer les pots cassés de la crise linguistique.

Bien que le gouvernement conservateur ait offert aux Franco-Ontariens la reconnaissance de leur drapeau comme emblème provincial, et la mise en place des accents et cédilles sur le permis de conduire, Mme Mulroney n’a pas encore donné la garantie pleine et entière sur la refonte de la loi.

L’autre dossier sur lequel M. Jolin ne doit pas échouer, c’est la capacité de l’AFO à inclure les Franco-Ontariens racialisés. Aux frustrations tenaces de la part de certains militants s’est ajouté le mouvement Black Lives Matter qui a remis au centre du jeu politique la question raciale.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.