Michaëlle Jean

Un tournant pour la participation de l’Ontario à l’OIF

CHRONIQUE / Pour une fois, une partie de l’avenir de l’Ontario français ne se jouera pas à Queen’s Park ni sur le territoire canadien. À quelques jours du XVIIe sommet de la Francophonie qui se tiendra à Erevan, en Arménie, l’incertitude persiste pour Michaëlle Jean.

La Franco-Ontarienne d’adoption dont le mandat arrive à son terme jouera mercredi et jeudi sa peau à la tête l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). La partie sera tendue pour M me Jean qui devra affronter la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Bien difficile de juger le bilan de Michaëlle Jean à la tête de l’OIF. Entre la promotion de la langue française ou encore la mise en commun des atouts économiques, l’institution censée représenter les 274 millions de francophones dans le monde semble chercher sa voie. Chose certaine : l’Ontario y perdrait en cas de départ de Mme Jean.

La province doit beaucoup à la secrétaire sortante son adhésion à l’OIF à titre de membre observateur en novembre 2016. Originaire d’Haïti, mais longtemps installée à Ottawa, M me Jean connaît les réalités des francophones en milieu minoritaire. C’est évidemment mieux quand on dirige une organisation avec 84 États et gouvernements membres, chacun avec leurs propres spécificités en matière de francophonie.

L’automne 2018 marque bel et bien un tournant dans la participation de l’Ontario à l’OIF. À l’entrain quelque peu excessif des libéraux à faire partie du concert des nations francophones a succédé la vision beaucoup plus pragmatique du gouvernement progressiste-conservateur.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, l’a dit sans ambages : ça sera l’Ontario d’abord et l’international ensuite. Aucune chance donc que sous Doug Ford, l’Ontario dépense quelque 2,5 millions de dollars annuellement pour un statut de plein droit. Le fait qu’il n’y aura pas de délégation ontarienne présente à Erevan démontre bien le manque d’intérêt.

Il faut aussi souligner que l’OIF a un coût, même pour les membres observateurs. Aux 300 000 $ injectés par la province dans l’organisme depuis deux ans s’ajoute une série de contributions volontaires d’une valeur semblable, sans oublier les frais de voyages.