Richard Brisebois n’a pas l’intention de baisser les bras.

Un pied de nez au cancer

CHRONIQUE / Je vous ai parlé de Richard Brisebois dans une chronique publiée en septembre 2016 et intitulée Guérir les cœurs. Cet homme âgé aujourd’hui de 64 ans m’avait raconté comment le cancer (maladie de Hodgkin) lui avait presque coûté la vie.

En fait, Richard avait baissé les bras devant cette terrible maladie. Il allait se laisser mourir, c’était décidé. Presque seul au monde, il n’avait tout simplement plus le courage, la force et la volonté de vivre.

Puis, par un concours de circonstances, il a retrouvé l’amour de son enfance et de sa vie, « sa » Angèle qu’il n’avait pas vue depuis plus de 40 ans.

Les deux se sont écrits, les deux se sont retrouvés. Et aujourd’hui, ils habitent ensemble, heureux, dans une maison que Richard a construite à Val-des-Monts et qu’il qualifie de « nid d’amoureux ». Angèle lui a redonné le goût de vivre. Richard a eu le dessus sur la maladie. Angèle lui a sauvé la vie.

Mais le satané cancer est revenu. Le cancer de la vessie, cette fois. « Je dois subir de trois à quatre traitements de chimiothérapie deux fois par mois », dit-il.

Cette fois, Richard Brisebois n’a nullement l’intention de baisser les bras. Bien au contraire. Dans les semaines qui viendront, c’est un véritable pied de nez que cet homme compte faire au cancer.

Mercredi prochain, il entamera en solo une marche de 650 kilomètres sur le sentier international Appalaches qui traverse la forêt de la Gaspésie. De la Vallée de la Matapédia jusqu’à la pointe de Gaspé, il compte marcher pendant 45 jours et arriver à destination à la mi-septembre.

« C’est un vieux rêve que je vais réaliser, dit-il. Je rêve de faire cette randonnée depuis 2012. Mais le cancer est venu contrer mes plans à l’époque. J’ai retardé mes traitements de chimiothérapie prévus cet été jusqu’en octobre afin que je puisse réaliser ce projet. Je ne laisserai pas le cancer briser mon rêve encore une fois. Je n’ai plus l’énergie que j’avais avant mon premier cancer, mais j’ai aujourd’hui la sagesse et la résilience. J’en ai parlé à mes médecins et ceux-ci m’ont dit que tout devrait être correct.

«Je sais que ce ne sera pas facile, ajoute-t-il. Et certains de mes amis m’ont dit que j’étais un peu fou de faire ça. Mais moi, je ne regarde pas la montagne qui se dresse devant moi. J’y vais d’un pas à la fois et j’avance»

Richard Brisebois compte profiter de son aventure pour amasser des fonds pour le groupe Gérer le cancer au Masculin de Gatineau, un groupe de rencontre — dont il est membre — qui offre la possibilité de briser l’isolement et soutenir les hommes atteints d’un cancer. «Nous avons perdu de vaillants guerriers ces temps-ci et je marcherai pour honorer leur mémoire», dit-il.

— Et que pense votre conjointe de l’aventure dans laquelle vous vous lancez ?

«Ma belle Angèle m’appuie à 100 miles à l’heure, répond-il. Nous parlons de nous marier depuis un certain temps et nous le ferons peut-être à mon retour. Un mariage bien simple, dans notre nid, en jeans, avec quelques amis. Et Angèle a toujours rêvé de voir les Chutes du Niagara. C’est donc dans nos plans.»

«Par cette expédition, je veux prouver que le cancer ne tue pas toujours ses proies et que tous les espoirs sont permis. Je sais que c’est épouvantable quand le médecin vous annonce que vous êtes atteint d’un cancer. Ça nous renverse, ça nous assomme. On se sent comme dans un grand vide et on voit la mort.

« Mais le cancer n’est pas la fin. Au contraire. C’est un autre départ. C’est une autre façon de penser, une autre façon de voir la vie. Mais ce n’est pas la fin. Croyez-moi.»

On pourra suivre Richard Brisebois dans son aventure via sa page Facebook qu’il a nommée Le petit marcheur.