Marc-André Juillet, copropriétaire de la boulangerie Première Moisson de Gatineau, partage ses deux passions : la course à pied et les affaires.

Un petit ultramarathon avec ça ?

CHRONIQUE / Si vous apercevez un gars qui fait du jogging avec une baguette de pain sous le bras, sur le boulevard Maloney, c’est peut-être Marc-André Juillet.

Le copropriétaire de la toute nouvelle boulangerie Première Moisson de Gatineau est un ultramarathonien qui a trouvé un moyen bien à lui de faire de la conciliation travail-famille-sport.

En guise d’entraînement, il court, matin et soir, les 9,8 km qui séparent sa résidence du secteur Templeton de son commerce du boulevard Maloney. Une trotte qui lui prend une cinquantaine de minutes et qu’il s’impose tous les jours, beau temps, mauvais temps.

C’est une manière pour ce jeune homme de 34 ans, arrivé à Gatineau il y a deux mois, d’accumuler les kilomètres d’entraînement sans trop rogner sur le temps passé en famille avec sa conjointe et ses deux jeunes enfants.

Voilà quelques années que ce pâtissier de formation s’inscrit à des ultramarathons, des courses exténuantes de 60, 80, voire 150 km qui exigent un entraînement des plus poussés. Marc-André Juillet a déjà complété trois ultramarathons jusqu’à maintenant, sans compter les marathons et demi-marathons qu’il s’inflige en guise d’entraînement… 

En faisant de la course à pied son mode de transport principal vers le travail, Marc-André Juillet accumule, mine de rien, 90 kilomètres de course par semaine, soit l’équivalent de deux marathons. Le sport lui permet d’évacuer la pression liée à ses responsabilités de chef d’entreprise. Ouverte depuis le 14 mars dernier, la boulangerie Première Moisson du boulevard Maloney, la toute première de cette chaîne québécoise à Gatineau, est une sorte d’ultramarathon en soi. La nouvelle succursale a nécessité des investissements de 2 millions et créera près de 70 emplois. Une grosse affaire.

Résumons : 20 kilomètres de course par jour, un emploi prenant, une jeune famille… Dis donc, Marc-André, tu dois être vanné en rentrant à la maison le soir ?

« Au contraire, la course me permet de décompresser de mon travail qui comporte quand même beaucoup de pression. Même que ça me repose de courir pour revenir à la maison. J’arrive en forme et de bonne humeur pour retrouver mes enfants de 6 et 8 ans. »

En prime, le couple qu’il forme avec Annick Vachon, autre copropriétaire de la boulangerie, a pu se départir de sa seconde voiture. « C’est vraiment joindre l’utile à l’agréable », insiste M. Juillet, qui a passé l’essentiel de sa carrière au sein de Première Moisson, une chaîne qui compte 26 boulangeries au Québec et un magasin à Ottawa.

Jusqu’à tout récemment, M. Juillet dirigeait la succursale de Vaudreuil-Dorion, en banlieue de Montréal. Quand on lui a offert de démarrer la première boulangerie de la chaîne à Gatineau, il a vendu sa maison de Saint-Zotique et toute la famille a déménagé en Outaouais.

Même si le travail le tient occupé, il a l’intention de participer à la Black Fry Trail Race, une course d’endurance qui se tient le mois prochain à Chelsea, dans un secteur accidenté du parc de la Gatineau. Les participants doivent courir pendant 12 heures. Celui qui accumule la plus grande distance est déclaré vainqueur.

En octobre, il compte se reprendre au Bromont Ultra, une course de 160 km qu’il n’a pu compléter l’an dernier, abandonnant au 95e kilomètre après 16 heures de course…

Mais le haut fait d’armes de sa saison, ce sera un défi qu’il s’est lui-même lancé : courir les 160 km qui séparent la succursale de Première Moisson qu’il dirigeait voilà peu à Vaudreuil-Dorion, en banlieue de Montréal, et son nouveau commerce du boulevard Maloney. « Ça, je prévois faire ça durant la longue fin de semaine de la fête du Travail, début septembre », dit-il.

Je lui ai fait remarquer qu’il allait manquer le Festival des montgolfières de Gatineau qui se déroule justement ce week-end-là.

« Pas nécessairement, a-t-il rétorqué. Si je pars à 9 h le samedi matin, j’estime qu’il me faudra environ entre 20 et 24 heures pour compléter la distance. Le trajet est plat, ça devrait se faire assez bien. »

Donc 160 km de course le samedi, le Festival des montgolfières en famille le dimanche, un peu de repos le lundi. Et retour au boulot, le mardi, c’est bien ça ?

Il n’y a rien à son épreuve, ce gars-là.