De passage en Outaouais, dimanche, flanqué de ses candidats, François Legault a promis de construire un nouvel hôpital dans la région.

Un nouvel hôpital, rien que ça!

CHRONIQUE / Elle commence fort, cette élection provinciale en Outaouais. Voilà que François Legault promet d’y construire un nouvel hôpital s’il est élu premier ministre en octobre prochain.

Un nouvel hôpital, rien que ça ! Qu’il s’engage à ouvrir moins de 5 ans après son accession au pouvoir !

La promesse du chef caquiste a soulevé toutes sortes de réactions. Y compris du cynisme. Des politiciens qui promettent de résoudre les problèmes du système de santé en Outaouais, la population en a connu un et un autre.

Les libéraux de Jean Charest promettaient déjà de régler le problème des urgences en 2003. Quinze ans plus tard, on attend toujours les résultats !

Beaucoup de gens ont réagi à la promesse de François Legault en disant que ce n’est pas d’un nouvel hôpital dont l’Outaouais a besoin, mais plutôt de médecins de famille, d’infirmières, de spécialistes.

En effet, à quoi bon bâtir un nouvel hôpital alors qu’il manque déjà de personnel médical pour donner des soins dans les hôpitaux qu’on a déjà ?

Ces gens n’ont pas tort.

Il reste que l’Outaouais a aussi besoin d’un nouvel hôpital. Une récente étude de l’IRIS a même chiffré précisément les besoins : il manque 185 lits de courte durée en Outaouais. Avec ses 170 lits de courte durée, le petit hôpital de François Legault viendrait combler le trou.

Pour ce qui est de la pénurie de personnel, un nouvel hôpital à la fine pointe de la technologie, surtout si c’était un hôpital universitaire, aurait un effet d’attraction et de rétention sur le personnel médical.

C’est toujours plus intéressant de travailler dans un hôpital moderne que dans un vieux bâtiment comme l’Hôpital de Hull qui n’est même pas entièrement climatisé.

Bien sûr que l’engagement de la CAQ sent l’électoralisme et l’improvisation. Les caquistes se disent prêts à court-circuiter les processus en place pour livrer à l’Outaouais son nouvel hôpital d’ici 5 ans. Mais ils sont incapables de nous dire où il serait bâti et de quelle façon il serait doté en personnel.

Même si la promesse de Legault est un peu courte, il reste qu’elle pourrait lui permettre de marquer des points dans une région comme l’Outaouais où la santé a toujours été un sujet extrêmement sensible.

Surtout que l’engagement de construire un nouvel hôpital vient d’un politicien qui a de réelles chances de devenir premier ministre l’automne prochain, devant des libéraux usés par le pouvoir et des péquistes sur le déclin.

Même en Outaouais, considérée depuis des décennies comme une forteresse libérale imprenable, les caquistes pourraient livrer une chaude lutte aux libéraux.

Pour la première fois depuis longtemps, l’enjeu clé du scrutin, la ballot question, ne sera plus la souveraineté du Québec.

L’engagement de François Legault envers un nouvel hôpital a d’ailleurs pris par surprise les libéraux de l’Outaouais comme en témoigne leur empressement à critiquer l’échéancier « irréaliste » du chef caquiste.

Mardi, la députation libérale de l’Outaouais a d’ailleurs riposté en annonçant des nouveaux investissements de 4,5 millions dans le domaine de l’enseignement supérieur.

Tout cela donne l’impression qu’on va assister à une vraie course électorale en Outaouais pour la première fois depuis des années.

Et pour cela, on peut dire merci à l’organisme Équité Outaouais et à l’étude de l’IRIS.

Ensemble, ils ont mis la table à de beaux débats en documentant le sous-financement chronique dont souffre l’Outaouais en matière de santé et d’éducation.

Selon l’IRIS, si les dépenses en santé étaient proportionnelles à la population, l’Outaouais recevrait 250 millions $ supplémentaires par année pour satisfaire les besoins de santé et de services sociaux de sa population.

Les libéraux, qui se font accuser à répétition de tenir la région pour acquise, devront se battre pour défendre leur bilan et conserver leur château fort.