Le propriétaire et président des Sénateurs d'Ottawa, Eugene Melnyk

Un mardi soir à Kanata

CHRONIQUE / Réglons, avant d’aller plus loin, la très délicate question d’Erik Karlsson.

La première « rencontre de discussion » réunissant Pierre Dorion, Eugene Melnyk et une poignée de partisans des Sénateurs a duré près de deux heures, mardi soir, à Kanata. Il faut en retenir les deux promesses qui ont été lancées, durant la soirée, par le directeur général.

• Il n’échangera pas son capitaine lors de la fin de semaine du repêchage.

• Il a bel et bien l’intention de lui offrir un nouveau contrat d’une durée de huit ans. Il lui soumettra une offre dès que la fenêtre de négociation s’ouvrira, le 1er juillet prochain.

M. Melnyk, qui était assis à ses côtés, a toutefois apporté une précision importante.

Le propriétaire et président a dit aux partisans que les Sénateurs vont soumettre une offre « raisonnable » à leur idole.

Il est cependant convaincu que « d’autres équipes pourraient se montrer plus généreuses ».

Il a cité « une poignée d’organisations » qui pourraient facilement soutenir une masse salariale annuelle de 120 millions $US.

« Le plafond salarial va nous donner une chance de nous battre », a-t-il déclaré.

« En fin de compte, la balle sera dans le camp d’Erik », a plus tard confirmé Dorion.

Cette portion de l’histoire pourrait difficilement être plus claire.

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M. Melnyk a clairement l’intention d’utiliser les rencontres pour reconstruire des ponts avec les partisans.

Il s’agit, après tout, de son premier véritable bain de foule depuis le désastre de la mi-décembre, sur la colline du Parlement.

M. Melnyk veut redorer son image. C’était clair dès le départ, durant son discours d’ouverture qui a duré une bonne dizaine de minutes.

Il a tendu un rameau d’olivier à tous ceux qui se trouvaient dans la salle en leur demandant d’oublier la saison de misère qui vient de se terminer pour se tourner vers l’avenir.

« Les gens qui passent leur temps à regarder vers le passé sont des perdants. Les perdants cherchent des coupables à blâmer. Les gagnants cherchent des solutions en se tournant vers l’avenir », a-t-il déclaré.

« Vous savez, les joueurs de hockey m’ont toujours inspiré, dans leur façon de réagir quand les choses vont mal. On ne se rue pas sur un gardien de buts pour le frapper quand il vient d’allouer un mauvais but. On vient l’encourager et on remet la rondelle en jeu. »

J’ai cru, à ce moment-là, que c’était sa façon de s’excuser pour ses commentaires maladroits.

Je trouvais presque ça beau.

Je me trompais.

Plus tard, une partisane lui a demandé, clairement, s’il avait des regrets quant à cette soirée, il a d’abord tenu à se défendre.

Les médias. Les méchants représentants des médias. Ils ont mal interprété ses propos.

Il a demandé à tout le monde de retourner sur YouTube pour revoir la conférence de presse. Il ne se souvient plus trop bien des questions qui lui ont été posées, ni des réponses qui ont suivi. Mais il sait qu’on l’a mal compris.

Je suis retourné sur YouTube en rédigeant cette chronique. La question a été posée directement.

« Pourriez, vous, un jour, déménager cette franchise ?

— Si ça devient un désastre, oui. Si les foules ne sont plus au rendez-vous, oui », a-t-il alors répondu.

Après avoir blâmé les médias, M. Melnyk s’est excusé. « J’aurais pu être plus intelligent. J’aurais pu répondre que je ne déménagerai pas cette équipe, purement et simplement. »

Avant la fin de la soirée, MM. Dorion et Melnyk ont demandé aux partisans de ne pas croire tout ce qu’ils lisent et entendent dans les médias.

Il semble important, ici, de rappeler qu’une douzaine de journalistes ont été admis dans la pièce, mardi, sous promesse de respecter plusieurs règles strictes. Il était strictement interdit de photographier, de filmer ou d’enregistrer la séance de discussion.

Lors des deux prochaines séances de discussion, qui auront lieu mercredi matin et mercredi soir, il faudra se fier aux partisans dans les réseaux sociaux. Les médias ne seront carrément pas admis.

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Avant de conclure. Le prix des permis de stationnement sera réduit de 40 % la saison prochaine. Les toiles noires qui recouvraient 1500 sièges au niveau 300 seront retirées. « C’était une erreur », reconnaît M. Melnyk. Ce dernier promet enfin d’améliorer la qualité du spectacle hors glace, en s’inspirant de ce qui se fait lors des matches à domicile des Golden Knights de Vegas et des Raptors de Toronto.