Le gardien de but des Capitals de Washington Braden Holtby a effectué un arrêt sensationnel avec son bâton en fin de rencontre afin de procurer la victoire à son équipe lors du deuxième match de la finale de la Coupe Stanley face aux Golden Knights de Vegas, mercredi soir.

Un gros arrêt peut tout changer

CHRONIQUE / Pour un gardien, réussir un gros arrêt, c’est bien.

Quand le gros arrêt épate la galerie, c’est mieux.

Si le gros arrêt, spectaculaire, survient dans un moment crucial d’un match, alors là, c’est le summum,

Braden Holtby détient la triple couronne depuis mercredi soir.

Le gardien de but de 28 ans a essayé de faire comme si de rien n’était quand on lui a parlé du vol réussi aux dépens d’Alex Tuch et de la réaction instantanée des partisans des Capitals de Washington dans les réseaux sociaux.

« Nous avons un but précis en tête. Ce but est bien plus important qu’un seul arrêt. Il est bien plus important que les réseaux sociaux », a-t-il répondu.

D’accord.

Rapidement, après le match, l’entraîneur-chef Barry Trotz a lui aussi cherché à diminuer l’importance de ce jeu. Selon lui, deux événements ont galvanisé ses joueurs dans le match numéro deux de la finale.

Il y a d’abord eu la mise en échec qui a sorti Evgeny Kuznetsov du match. « C’était une mise en échec discutable », croit-il.

Il y a ensuite eu cette infériorité numérique à trois contre cinq, survenue au début de la troisième période.

D’accord. On veut bien.

Cela dit, après avoir survécu à ces deux épreuves, les Caps s’accrochaient à leur mince avance d’un but.

Holtby a préservé cette avance, à l’aide de son gros arrêt en fin de match.

Si, par hasard, Tuch avait marqué, les Knights auraient forcé la tenue d’une prolongation.

Ils seraient revenus sur la patinoire une quinzaine de minutes plus tard, dans un T-Mobile Arena survolté. Ils auraient forcément eu l’avantage pour la suite des choses.

S’ils avaient gagné ce match, les Caps seraient rentrés à la maison en doutant sérieusement de leurs chances. Ça n’aurait pas été bon pour la suite des choses.

Parce qu’ils ont gagné, ils attaqueront plutôt la suite de la série avec énergie et confiance.

L’arrêt miracle de Holtby a tout changé.

Trotz a parlé dans son point de presse d’une intervention des Dieux du sport.

Il aurait pu se permettre de lancer des fleurs à son gardien.

Holtby, après tout, a sauvé les Capitals à plus d’une occasion, ce printemps. S’il n’avait pas pris la relève de Philip Grubauer, dans le deuxième match, son équipe n’aurait peut-être même pas survécu à la première ronde.

Le club, fondé en 1974, n’avait encore jamais remporté un match en finale.

C’est fait, maintenant.

À présent, tout porte à croire que la finale de 2018 sera chaudement disputée.

Tout est possible.

Après trois rondes, Marc-André Fleury détenait une bonne longueur d’avance, dans la course au trophée Conn-Smythe. Alexander Ovechkin le suivait, mais il n’était pas assez près pour lui souffler dans le cou.

La course n’est peut-être pas finie. Il reste peut-être assez de temps pour changer les choses. Il ne s’agit peut-être pas d’une course à deux, non plus, finalement.

Décoiffer Bettman !

Don Cherry a lui aussi réussi quelque chose de gros, mercredi soir. Ce n’est pas tous les jours qu’on déstabilise publiquement Gary Bettman.

Le commissaire de la LNH s’adresse aux médias deux ou trois fois par année, environ. Sur un podium, derrière un lutrin, il est un orateur très habile.

Chaque année, les poids lourds du journalisme sportif se passent le micro dans des conférences de presse officielles de la LNH. Chacun leur tour, ils essaient de le surprendre, de lui arracher des révélations. Ça ne fonctionne à peu près jamais.

Bettman semble toujours bien préparé. Il anticipe les questions. Il connaît ses dossiers. Il répond à tout avec aisance. On le fait rarement dire des choses qu’il ne veut pas dire. Il s’en sort généralement avec le sourire, sans une seule égratignure.

Mercredi, durant son segment Coach’s Corner, Cherry a réussi à le décoiffer.

« Je suis venu ici pour vous saluer, pas pour débattre », a-t-il lancé, mal à l’aise, pour se défaire du piège dans lequel il était coincé.

Pourtant, Bettman devrait savoir que Cherry est en faveur du retour des Nordiques de Québec.

Ce n’est pas la première fois qu’il en parle. Dans son studio, il a suggéré au moins deux fois à Eugene Melnyk de quitter la capitale fédérale avec ses Sénateurs pour les implanter dans la capitale provinciale.

On reproche souvent au commentateur octogénaire son côté brouillon, imprévisible. On lui reproche de trop improviser.

Cette fois, il a calculé son geste.

C’était magnifique.

Lars Eller, le jeune félin rusé

D’un vétéran commentateur sportif à l’autre... Michel Bergeron a désormais de la compagnie. Il n’est plus le seul « tigre » dans la LNH.

Moment cocasse de la conférence de presse d’après-match, mercredi. Le journaliste du réseau Sportsnet, Chris Johnston, a demandé d’où venait le surnom de Lars Eller.

Dans le vestiaire des Capitals, on surnomme l’attaquant danois « Tiger ».

« Tout a commencé l’an dernier, dans un événement auquel tous les joueurs participaient. Ce jour-là, Lars était un véritable tigre. C’est à peu près tout ce que je peux vous dire là-dessus », a répondu Braden Holtby.

Lars Eller

Eller, qui était assis à sa gauche, ne pouvait s’empêcher de ricaner.

Il paraît qu’Alexander Ovechkin lui a donné un nouveau surnom, mercredi. Eller serait désormais « l’arme secrète » qui peut produire dans n’importe quel trio.

« Bah... Plus je passe du temps sur la patinoire, plus je me sens bien avec la rondelle », a-t-il réagi.

Belle façon d’envoyer un message, par la bande, à son entraîneur.

Il est rusé, Tiger.