Le directeur général des Sénateurs d'Ottawa, Pierre Dorion

Un directeur général, son journal

CHRONIQUE / Vos nombreux messages de soutien nous touchent droit au cœur, vos mots d’encouragement nous donnent le courage et le goût de continuer.

Quand le gouvernement est intervenu pour prêter main-forte aux quotidiens de Groupe Capitales Médias, j’appréhendais une certaine réponse négative du public.

Je vous connaissais bien mal.

Pour chaque personne qui croit – à tort – que les artisans de la presse écrite refusent de s’adapter, on peut lire des dizaines de commentaires de lecteurs inquiets, qui comprennent la valeur de l’information régionale et qui ont du mal à imaginer une société sans journalisme.

Je dois être franc. Les commentaires qui m’ont le plus surpris, jusqu’à maintenant, sont ceux de Pierre Dorion.

Je ne sais pas exactement comment l’information s’est rendue jusqu’à moi. En début de semaine, on m’a dit que les Sénateurs d’Ottawa cherchaient des façons d’offrir leur appui au Droit. Et on m’a dit que Pierre Dorion était même prêt à nous offrir un témoignage.

Vendredi matin, j’avais le directeur général au bout du fil.

« Je suis Franco-Ontarien et je suis fier de mes racines, a-t-il commencé. J’ai passé presque toute ma vie à Ottawa. Le Droit a toujours été, pour moi, une source de nouvelles au quotidien. »

« Ça remonte à loin, vraiment. Quand j’étais jeune, on recevait Le Droit et l’Ottawa Journal à la maison. Chaque matin, mon père s’assoyait à un bout de la table. Je m’installais à l’autre. Il mangeait ses toasts. Je mangeais mes céréales. On s’échangeait les sections des sports au milieu du repas. »

Je travaille avec Pierre Dorion depuis une douzaine d’années. Il ne m’avait jamais raconté cette histoire. Je me souviens juste d’une fois où il m’avait dit qu’il affectionnait particulièrement nos pages de hockey junior.

À ce jour, dans une région qui est représentée dans deux des trois ligues majeures canadiennes, Le Droit demeure le seul média d’information qui affecte un journaliste à temps complet à la couverture des 67’s d’Ottawa et des Olympiques de Gatineau.

« Les Sénateurs, c’est un club sportif des ligues majeures. Il y aura tout le temps quelqu’un, quelque part, pour parler de nous. Le Droit donne aussi de la visibilité à des quantités d’athlètes amateurs. Il faut que vous puissiez continuer à faire votre bon travail auprès d’eux », souligne Dorion.


« Quand j’étais jeune, on recevait Le Droit et l’Ottawa Journal à la maison. Chaque matin, mon père s’assoyait à un bout de la table. Je m’installais à l’autre. Il mangeait ses toasts. Je mangeais mes céréales. On s’échangeait les sections des sports au milieu du repas »
Pierre Dorion, directeur général des Sénateurs d'Ottawa

J’ai eu le goût de le corriger. Les Sénateurs sont effectivement un club majeur. Le seul club des majeures dans un marché autrement mineur. Depuis 2002, Le Droit est le seul média francophone à suivre l’équipe au quotidien, tant sur la route qu’à la maison. Même si les déplacements coûtent cher.

Si Le Droit n’est plus là, où est-ce que les fans francophones vont s’informer, quand vous passerez une semaine à l’étranger ?

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Fier de ses racines franco-ontariennes, Pierre Dorion ne cache pas son attachement au Droit.

J’ai été surpris par le témoignage de Pierre Dorion, aussi, parce que la couverture des Sénateurs n’a pas toujours été très flatteuse, dans nos pages, au cours des dernières années. Nous n’avons pas toujours été tendres envers Dorion. J’ai même écrit trois ou quatre chroniques dans lesquelles je remettais en doute ses capacités à exercer ses fonctions.

J’ai parfois eu l’impression que les critiques des médias l’atteignent. Plus qu’il souhaite le montrer.

« Tu sais que j’aime te taquiner en te disant que je préfère lire les premières pages du journal, maintenant », m’a-t-il dit, en ricanant, vendredi.

« On a tous un travail à faire, a-t-il repris, sur un ton plus sérieux. Le vôtre consiste à écrire des articles sur les Sénateurs, ou sur Pierre Dorion. On ne peut pas toujours s’en faire avec tout ce qui est écrit à notre sujet. »

« Je ne partage pas toujours vos opinions. On ne peut pas toujours être d’accord. Moi, vos analyses, je les respecte. Tant qu’elles s’appuient sur des faits... »

« Je vois bien que vous jouez votre rôle avec fierté. Que les nouvelles qui traitent des Sénateurs soient positives ou négatives... Ce n’est pas si important. Il faut être capables de voir plus grand. Le Droit est une institution. Il faut la protéger », conclut-il.

Et c’est tout à son honneur.

Tant qu’à avoir Dorion au bout du fil, je lui ai posé plein de questions sur la saison de hockey qui débute sous peu.

Je vous en parlerai dans notre prochaine édition, au retour du congé de la fête du Travail.