Ils étaient 14 000 dans les rues de la province samedi afin de protester contre les coupures du gouvernement Ford.

Un conseiller bidon ?

CHRONIQUE / J’ai cette question qui me trotte dans la tête depuis le 23 novembre. C’est-à-dire depuis que Doug Ford a timidement reculé dans toute la question entourant les coupes aux services en français en Ontario.

Vous vous souvenez ? C’était un vendredi, fin d’après-midi. Le premier ministre Ford a publié un communiqué dans lequel il annonçait la création d’un poste de commissaire aux services en français au sein du Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario.

Il venait d’abolir le poste du Commissaire aux services en français pour épargner des sous. Et huit jours plus tard, il annonçait fièrement qu’il créait un poste de… commissaire aux services en français. Du n’importe quoi, bref.

Le premier ministre conservateur annonçait de plus qu’il remettait en place le ministère des Affaires francophones. Un ministère qu’il avait lui-même aboli à son arrivée en poste cinq mois plus tôt ! Du gros n’importe quoi, prise 2.

Simplement pour fermer le clapet des Franco-Ontariens. Bonne stratégie, M. Ford. Une semaine plus tard, ils étaient 14 000 dans les rues de la province pour vous dire que vous êtes dans le champ ! Good job, Sir. Well done

Mais je reviens à cette question qui me chicote depuis quelques jours. Dans ce même communiqué, Doug Ford a révélé que son cabinet allait retenir les services d’un conseiller principal responsable des affaires francophones.

Mais… pourquoi ?

Doug Ford avait déjà un conseiller principal responsable des affaires francophones. Il s’appelait François Boileau, commissaire aux services en français de l’Ontario. Il était là, lui, à Queen’s Park. Prêt à conseiller le premier ministre et ses ministres, ses sous-ministres, ses députés, ses fonctionnaires, son chauffeur et tout autre anglophone en province qui se demandent : what do the Franco-Ontarians want?

C’est quoi cette idée d’embaucher un conseiller spécial aux affaires francophones ? Et combien gagnera-t-il, alors qu’on parle d’économiser des sous à Queen’s Park ? 

Enfin qui sera cet homme ou cette femme qui occupera ce drôle de poste ? Parle-t-on d’un consultant assis dans son salon à Montréal, à Miami, à Gatineau ou ailleurs dans le monde que Ford pourra appeler à l’occasion pour lui demander son avis sur des dossiers qui touchent les Franco-Ontariens ?

Ou parle-t-on d’une personne qui aura son bureau à Queen’s Park avec le petit drapeau franco-ontarien en papier sur le coin de son bureau, juste à côté de la plante qu’on lui demandera d’arroser quotidiennement pour l’occuper ?

C’est une véritable farce, cette affaire.

Pourquoi aurait-on besoin d’un conseiller aux affaires francophones lorsqu’on a déjà une ministre… des Affaires francophones !? Elle est là pourquoi, elle ? Certainement pas pour arroser les plantes, on aura déjà un conseiller spécial pour y voir !

Misère… C’est du gros n’importe quoi. Encore une fois.

AU TOUR DES SÉNATEURS

Dans un tout autre ordre d’idées… Je n’ai pas tous les détails, mais il semble que les Sénateurs préparent quelque chose de spécial pour les Franco-Ontariens jeudi, lorsque le Canadien de Montréal sera de passage au Centre Canadian Tire. Dans une annonce publiée sur le site de la station radio Unique FM et intitulée « Ton fier petit Franco sur la glace ! », on peut lire : « Dix enfants auront la chance de participer à la cérémonie spéciale franco pendant l’hymne national, le jeudi 6 décembre. »

Quelle forme prendra cette « cérémonie spéciale franco » ? Je ne suis pas dans le secret des dieux. Chantera-t-on le Ô Canada uniquement en français ? Spartacat sera-t-elle vêtue de vert et blanc ? Les Dorion, Boucher, Chabot, Lajoie et Pageau chanteront-ils Notre place à l’entracte ?

À voir…