Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Horst Bulau
Horst Bulau

Trouver le prochain Horst... avec Horst

CHRONIQUE / Vous avez vu, sur nos écrans et dans nos pages, ce week-end? Vous avez lu l’histoire des rêveurs qui souhaitent construire des centres de saut à ski en Outaouais?

Je leur souhaite de réussir!

On sait qu’il y a de magnifiques collines, à 15 minutes de route de la capitale du Canada, ce pays nordique. 

On a de la chance. La neige revient encore, chaque année, pour recouvrir ces collines pendant quelques semaines.

On vit dans une capitale nordique. Le saut à ski est inscrit au programme des Jeux olympiques depuis bientôt 100 ans.

Il n’y a qu’un centre de saut à ski, dans tout le pays. Il est sur la côte ouest, tout près de Whistler.

Dans son reportage, notre collègue Martin Comtois le dit. On pourrait bien finir par trouver le prochain Horst Bulau dans notre région.

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Surtout que le premier Horst Bulau, 13 fois vainqueur sur le circuit de la Coupe du monde, a découvert son sport sur les pistes de Camp Fortune.

«J’ai été chanceux. J’ai grandi à Camp Fortune», m’a-t-il expliqué, quand je lui ai passé un coup de fil, lundi midi.

«Je faisais des courses. J’avais un certain succès. Je m’amusais. J’ai commencé à faire de petits sauts, juste pour le plaisir, avec mes skis alpins. Les choses ont naturellement évolué. Il y avait des infrastructures dans ma région, et je grandissais à une époque où le sport connaissait une certaine progression. Les astres étaient alignés.»

Horst Bulau a été 13 fois vainqueur sur le circuit de la Coupe du monde de saut à ski.

M. Bulau n’était pas au courant du projet visant à construire de nouveaux tremplins dans l’est du pays.

Il trouve que c’est une fichue bonne idée.

«Ce serait génial, dit-il. Les problèmes seraient les mêmes qu’avant. Construire les infrastructures, c’est la première étape. Par la suite, il faut être capable des les entretenir.»

Le même principe s’applique, au fond, quand on veut développer des champions.

C’était l’objet de mon appel, en fait.

Comment peut-on devenir le prochain Horst Bulau, M. Bulau?

«Je ne sais pas trop, répond-t-il. Dans ma jeunesse, il y avait des opportunités. Thunder Bay avait son centre de saut à ski. Banff aussi. Pouvez-vous m’identifier les gens qui soutiendraient les athlètes de la nouvelle génération?»

Franchement, je ne sais pas. J’ai juste lu le reportage, dans l’édition de samedi du Droit. Je sais que le projet gatinois est dirigé par deux anciens athlètes de calibre national, Jean Séguin et Pavol Skvaridlo.

Sinon, je ne sais rien.


« Le saut à ski donne l’impression de s’envoler. Rien n’égale cette poussée d’adrénaline. »
Horst Bulau

«J’arrive à une étape de ma vie... Le sport a beaucoup changé depuis ma retraite, enchaîne M. Bulau. Est-ce que j’en sais encore un grand bout, je pense. Si on me demandait de former un athlète de la relève, je devrais quand même faire beaucoup de recherche. Les techniques d’entraînement ont peut-être beaucoup évolué, depuis le temps. Je n’en sais rien. Et l’équipement? Ça, je suis pas mal certain que ce n’est plus la même chose. J’ai même l’impression que les skis et les fixations qui sont utilisées en compétition sont pas mal différentes de celles qu’on utilisait, dans mon temps.»

Je n’ai pas interrompu M. Bulau, mais j’ai un peu l’impression qu’il réfléchissait à voix haute.

C’est un peu comme si Horst Bulau songe à offrir ses services pour former le prochain Horst Bulau.

«Écoutez, c’est évident. Le saut à ski a joué un rôle majeur dans ma vie. J’ai toujours de l’intérêt.»

C’est moins facile, en ce moment. Il vit dans la région de Toronto, où il fait carrière dans le domaine de l’automobile.

Il n’y a pas de club de saut à ski, en ce moment, dans la région de Toronto.

«Est-ce que je pourrais me rendre disponible, pour donner un coup de main? Oui. Je suis toujours heureux, quand je peux donner un coup de main.»

M. Bulau ne sait pas si ses connaissances sont parfaitement à jour. Il sait fort bien, par contre, ce qui pourrait convaincre des athlètes de la relève d’essayer le saut à ski.

Cet aspect-là n’a jamais vraiment changé. Et ne changera probablement jamais.

«Le saut à ski donne l’impression de s’envoler. Rien n’égale cette poussée d’adrénaline. C’est dur à décrire, pour les gens qui n’ont jamais essayé. Quitter un tremplin à pleine vitesse pour atterrir 120, 130 ou 140 mètres plus loin... C’est unique.»

***

Jean Séguin et Pavol Skvaridlo aimeraient développer un centre de saut à ski dans le secteur du lac des Fées. Il paraît que ce sera difficile.

«Le parc de la Gatineau est avant tout un parc de conservation», rappelle la Commission de la capitale nationale.

Évidemment.

Défricher un secteur pour construire une route ou des tours de condominiums, c’est une chose.

Réaménager une portion du territoire pour permettre à de jeunes athlètes de profiter de l’hiver en bougeant, c’est différent.