La chanteuse Sarah McLachlan, qui a vendu plus de 30 millions d’albums dans le monde, était de passage à Ottawa mardi pour le lancement du projet.

Tout le monde a besoin de musique

CHRONIQUE / Pourquoi pas, après tout ? Depuis le temps qu’on dit que les bibliothèques doivent cesser d’être de simples entrepôts de livres. Voilà qu’on pourra désormais emprunter tout à fait gratuitement des instruments de musique à la Bibliothèque publique d’Ottawa.

Depuis mardi, Ottawa est la 6e ville canadienne à offrir le prêt d’instruments de musique dans certaines de ses bibliothèques après Vancouver, Toronto, Calgary, Kitchener et Montréal.

L’idée derrière le projet est de démocratiser la musique. 

De permettre à des enfants, des ados, et même à des plus vieux, de s’essayer à un instrument qu’ils n’auraient pas autrement les moyens de se procurer.

Après tout, « tout le monde a besoin de musique dans sa vie », comme l’a si bien résumé Sarah McLachlan, de passage à Ottawa pour le lancement de ce projet fort intéressant.

La chanteuse canadienne, qui a vendu plus de 30 millions d’albums dans le monde, en plus de remporter de nombreux prix Grammys et Juno, trouve formidable que des bibliothèques commencent à prêter des instruments de musique.

« La musique devrait être un moyen d’expression accessible à tout le monde. Dans les cas des enfants, c’est même indispensable », a insisté la chanteuse qui a elle-même lancé deux écoles de musique à Vancouver et Edmonton à l’intention de jeunes et d’aînés démunis ou à risque.

« Il y a tellement d’études qui démontrent les effets bénéfiques de la musique sur les enfants, poursuit-elle. Les notes s’améliorent, tout comme le quotient intellectuel, l’habileté de communiquer, de concevoir le monde… Sans compter la confiance en soi-même qu’elle peut procurer.

«Quand j’ai ouvert ma première école de musique à Vancouver, il y a 16 ans, nous avions des enfants qui rentraient la tête basse, en se regardant le bout des orteils.

«Et j’ai vu ces enfants cheminer dans le programme, apprendre à maîtriser leurs instruments, écrire leurs propres chansons et réussir à l’école. Certains ont même poursuivi des études postsecondaires et obtenu des bourses», raconte-t-elle.

La bibliothèque d’Ottawa lance un programme de prêt d’instruments de musique. La chanteuse Sarah McLachlan était sur place.

Appel à tous

La compagnie Sun Life a fait don des 150 premiers instruments à la Bibliothèque d’Ottawa. Mais un appel à tous a été lancé. La population peut faire don d’instruments supplémentaires d’ici au 8 décembre. Pour l’instant, on a déjà un peu de tout : guitares, banjos, mandolines, violons, claviers, tambours, djembés… 

Soyez prévenus, il n’y a pas de Stradivarius dans le lot. Ce sont des instruments de base pour s’initier, pour explorer… Bref, pour savoir si le musicien qui sommeille en vous est plus piano ou plus ukulélé.

Vous noterez qu’il n’y a pas d’instruments à vent dans le lot. La raison est évidente : vous vous voyez emprunter une clarinette dans laquelle dix inconnus ont soufflé avant vous ? Non ? Voilà.

À Montréal, le programme a connu une telle popularité que le taux d’emprunt a atteint 97 % dans les premiers mois. À Ottawa, on s’attend à connaître le même succès. Il suffit de présenter sa carte de bibliothèque afin d’emprunter sans frais un instrument pour trois semaines. On peut même renouveler pour deux autres périodes de trois semaines — si personne n’a réservé l’instrument entre-temps.

La bibliothèque d’Ottawa a déjà toutes sortes de projets en tête pour tirer profit de sa nouvelle collection d’instruments. 

La musique a un effet rassembleur sur les gens. 

 Or la bibliothèque a justement comme mission de tisser des liens au sein de la communauté.

«On veut aller au-delà du prêt et développer toute une programmation autour, comme de l’initiation à l’écriture musicale ou de la composition de chansons», explique Monique Brûlé, directrice des programmes et services à la Bibliothèque publique d’Ottawa.

Même Sarah McLachlan, qui a remporté toutes sortes d’honneur et connu la gloire, pourrait se laisser tenter par le prêt d’un instrument de musique à la bibliothèque.

«Franchement, je songe à emprunter un violon. Je n’en ai pas à la maison et il me vient à l’idée que je pourrais en essayer un… Dans mon sous-sol, bien sûr, où personne ne m’entendra en jouer !»