Après un premier match anonyme face aux Sharks de San Jose, Vladimir Tarasenko s’est ressaisi. Le jeu du Russe plaît à Craig Berube, l’entraîneur-chef des Blues de Saint-Louis. « Son ardeur au travail et son implication physique me plaisent », reconnaît ce dernier.

Tarasenko a bien rebondi

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Vladimir Tarasenko n’a certainement pas apprécié l’expérience.

Les Blues de Saint-Louis venaient de perdre, par trois buts, le premier match de la Finale de l’Association Ouest. Personne n’avait particulièrement bien joué.

Dans sa conférence de presse d’après-match, l’entraîneur-chef Craig Berube aurait pu critiquer le travail de n’importe qui.

Il a choisi d’isoler Tarasenko.

Il a surtout frappé là où ça fait mal. Il a parlé de l’effort qu’il faut fournir pour connaître du succès à cette période de l’année.

Tarasenko vient de connaître la cinquième saison de 30 buts de sa carrière. Il touche un salaire annuel de 7,5 millions $ US. Il partage, avec Ryan O’Reilly, le titre de joueur le mieux payé dans le vestiaire.

Ce jour-là, il a possiblement été atteint en plein dans son amour-propre.

Il faut reconnaître qu’il a drôlement bien rebondi.

Le Russe de 27 ans a participé au pointage chaque soir, depuis. Il a connu sa meilleure performance des séries au meilleur moment, dimanche. Ses trois points ont permis aux Blues de s’approcher à une victoire du trophée Clarence-Campbell.

Sa performance lui a surtout permis de revenir dans les bonnes grâces de son patron.

« Je crois qu’il a produit chaque soir, mais c’est son ardeur au travail et son implication physique qui me plaisent », a déclaré Berube, après la rencontre.

« Il est très fort. Quand il décide de foncer, d’utiliser ses épaules et de patiner, c’est difficile de l’arrêter. »

La grosse performance de Tarasenko ne pouvait mieux tomber.

La pression reposait clairement sur les épaules des Blues avant le match numéro cinq.

Tarasenko et ses coéquipiers n’avaient pas encore véritablement dominé les Sharks de San Jose dans un match.

Les Sharks ont de l’expérience à revendre. Leur amphithéâtre peut être très intimidant. Pour ces deux excellentes raisons, personne ne veut se rendre à San Jose pour disputer un match numéro sept.

Grâce à la performance de Tarasenko, le gros trio des Blues s’est imposé contre la brigade défensive des Sharks, ce week-end.

Les Blues auront donc une opportunité d’en finir à la maison, mardi. C’est énorme.

Surtout que l’enjeu est grand. Personne n’en a vraiment parlé, jusqu’à présent, mais la dernière présence des Blues en grande finale remonte au mois de mai, 1970.

À Saint-Louis, deux générations complètes de partisans adultes n’ont jamais vu leur club jouer pour l’obtention d’un championnat.

On a demandé à Tarasenko ce qu’il pense de tout ça.

On a posé la même question à ses deux partenaires de trio, Jaden Schwartz et Brayden Schenn.

Les trois joueurs, qui sont âgés dans la mi-vingtaine, ont visiblement du mal à saisir le contexte historique.

« Je crois que tous les joueurs rêvent de participer à la finale », a babillé Tarasenko.

« Nous n’y sommes pas encore. Il faudra donc se montrer prudents. Le prochain match sera le plus important de toute la saison. Ces temps-ci, nos partisans se réunissent pour nous encourager dans les gradins du Enterprise Center, même lorsque nous jouons à l’étranger. On sait que les attentes sont grandes. »

Plus de 10 000 personnes ont effectivement assisté au match de dimanche, au Enterprise Center. Plusieurs ont lancé leurs chapeaux sur la patinoire lorsque Schwartz a marqué son troisième but.

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VOS PAPIERS, SVP !

Berube a des raisons bien personnelles de ne pas vouloir retourner à San Jose. Les gardiens de sécurité, là-bas, sont impitoyables. On l’arrête constamment, dans les corridors, pour voir s’il porte son carton d’accréditation.

« Ils ne ratent jamais une occasion », a-t-il déclaré, dimanche. On venait de l’arrêter alors qu’il tentait de se rendre au podium, dans la salle des conférences de presse...

Cette situation un peu cocasse a inspiré un collègue du St. Louis Post-Dispatch. Il est plus difficile de déjouer un gardien de sécurité du SAP Center que les défenseurs des Sharks, a-t-il écrit.

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POUR LAILA


À la maison, les Blues compteront aussi sur le soutien d’une partisane bien spéciale. Laila Anderson, 11 ans, a fait fondre le cœur de bien des amateurs de hockey. La fillette combat le syndrome d’activation macrophagique, une maladie potentiellement mortelle. Quand son médecin lui a donné le droit de sortir de chez elle pour la première fois en quatre mois, elle a choisi de se rendre à l’aréna.

Elle s’est liée d’amitié avec Colton Parayko, l’automne dernier, lors d’une activité organisée par un hôpital de Saint-Louis.

Le défenseur lui a rendu visite chaque mois, tout au long de la saison.