Gabriel Bilodeau a subi une blessure le week-end dernier. Le capitaine des Olympiques de Gatineau souhaite être de retour pour les séries éliminatoires. « C’est impossible, dans ma tête à moi, que ma carrière se termine de cette façon-là. »

Y’en n’aura pas de facile

CHRONIQUE / Y’en aura pas de facile.

Y’en n’aura jamais, jamais, jamais de facile.

Premier constat, mardi matin, en débarquant au Centre Guertin. L’entraîneur-adjoint des Olympiques, Francis Wathier, avait enfilé son équipement au grand complet pour prendre part à la séance d’entraînement des Olympiques de Gatineau.

Il avait mis les épaulettes parce qu’il manquait un défenseur.

Le défenseur en question, c’est Gabriel Bilodeau.

La blessure subie la fin de semaine dernière par le capitaine n’est pas bénigne. L’entraîneur-chef Éric Landry l’an confirmé rapidement. Sa saison (régulière) est terminée. Il ne sera pas en uniforme pour le dernier match à domicile, mercredi. Il ne jouera pas non plus lors du dernier voyage, en Abitibi, ce week-end.

Un retour au jeu pour les séries ? C’est envisageable.

Les Olympiques disposeront d’une semaine, presque, pour panser leurs bobos.

Bilodeau est convaincu que ça lui suffira.

« C’est impossible, dans ma tête à moi, que ma carrière se termine de cette façon-là. On va travailler fort. Je serai de retour pour les séries éliminatoires », a-t-il promis.

Mercredi, Landry s’est montré un tout petit peu plus prudent.

« Nous avons encore des tests à faire, dit-il. Pour le moment, tout ce que je sais, c’est que Gabriel ne sera pas disponible pour jouer en fin de semaine. »

Y’en n’aura pas de facile. Vraiment pas.

Les Olympiques, il me semble, viennent de connaître une petite saison régulière tranquille. Ils n’ont pas fait de vagues.

Leur directeur général a échangé ses trois meilleurs attaquants et son gardien de but numéro un, aux Fêtes. Les partisans n’en ont pas fait de cas. Ils ont compris qu’on leur construit une équipe qui pourra se battre pour un championnat, en 2020-2021, dans le nouvel aréna. Le processus de reconstruction est bien entamé. Aussi bien le suivre jusqu’au bout.

Les Olympiques ont réagi comme toutes les équipes qui subissent une vente de feu à l’approche de la date limite des transactions. Ils ont perdu plus souvent qu’ils ont gagné, dans les derniers mois de la saison.

Ils ont compilé une fiche perdante, mais, de loin, je n’ai pas l’impression que c’est la catastrophe. Ils ont donné du fil à retordre à des équipes de talent, récemment. Creed Jones a livré une grosse performance contre les Mooseheads d’Halifax, futurs hôtes du tournoi de la Coupe Memorial.

La logique veut que les Olympiques ne fassent pas long feu, en séries. Ils devraient normalement baisser pavillon devant un adversaire plus aguerri, plus expérimenté.

Sauf qu’en séries, la logique ne tient pas toujours.

J’irais même jusqu’à dire que c’est la principale raison qui nous pousse à suivre les séries attentivement, année après année.

Bilodeau m’en a même parlé, dans notre brève conversation de mercredi.

« J’étais ici quand j’avais 16 ans. Cette année-là, on a battu l’Armada de Blainville-Boisbriand en première ronde. Un gros upset. Les fans criaient Go Hull Go pendant l’hymne national. Il faut ramener cette ambiance-là chaque année. Y’a juste au Vieux-Bob qu’on a ça. »

Si Bilodeau veut qu’un nouvel « upset » survienne, avant la fin de son stage dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il a tout intérêt à prier pour une guérison rapide. Éric Landry l’a reconnu, mardi. « On va découvrir des choses sur nos jeunes défenseurs, en fin de semaine. Ce sera comme la première étape avant les playoffs. Tout d’un coup, on a perdu notre joueur de 20 ans, un gars qui passe près de 30 minutes par match sur la patinoire. Ils n’auront qu’à saisir leur chance. »

On ne sait pas trop s’il y aura une autre surprise, ce printemps, à Guertin. Une victoire mercredi soir pourrait préparer le terrain. Ça éloignerait les Olympiques d’une confrontation contre les redoutables Voltigeurs de Drummondville, en première ronde.

On ne sait pas trop si une surprise est dans les cartes, mais le discours de Landry est certainement en train de changer.

Lors d’une visite, plus tôt cet hiver, il me disait que les Olympiques avaient comme seul objectif d’accumuler de l’expérience, à compter de maintenant.

« À un certain degré, ça tient encore, m’a-t-il dit, mardi. Nos jeunes joueurs vont rester avec nous pendant plusieurs années. C’est important qu’ils voient de la glace. En même temps, faut pas oublier que c’est les playoffs. Il faut gagner des games. Faudra performer. »